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Il faut donner aux femmes les outils pour gagner en assurance

Fille d’un diplomate sénégalais, Penda Cissé a voyagé aux quatre coins du globe durant son enfance. Une ouverture au monde dans laquelle elle puise son inépuisable inspiration. Après une expérience à l’international, elle a fondé, en Afrique, Piment bleu, une agence de communication globale, doublée de Co-Lab, un espace de co-working.

« J’ai passé la première partie de ma vie entre l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient. Ces déménagements successifs, liés à la carrière diplomatique de mon père, n’ont jamais été un problème. J’aime bouger, et faire bouger les choses. J’aime le challenge » analyse Penda Cissé.
Pour preuve, après de brillantes études en France, elle aurait pu se satisfaire d’une carrière toute tracée dans une grande entreprise. Mais la jeune femme a préféré partir pour de nouvelles aventures. Elle s’expatrie alors au Canada, puis à New York, où elle intègre l’univers du luxe made in France.
Son goût du changement la ramène sur le continent. « Pour moi, le retour en Afrique était conditionné à l’entrepreneuriat », souligne-t-elle. « Dans la mesure où, formée dans de grandes écoles, avec une expérience en management dans plusieurs multinationales pendant dix ans, je souhaitais rentrer en Afrique pour exprimer ma créativité. Il me semblait avoir acquis toutes les bases pour monter une entreprise viable ».

« Manager des équipes en Afrique, un véritable challenge »

La créativité est son principal leitmotiv. Mais avant de l’exprimer dans sa totalité, à travers l’agence de communication globale, Piment bleu, elle a dû s’adapter à son environnement et trouver ses marques. « Quand je suis arrivée en Côte d’Ivoire en 2011, un espoir immense marquait ce pays, considéré comme une terre d’opportunités. Le pays reprenait sa place de moteur dans la sous-région ouest-africaine, après des années de crise. Je pensais que cela serait un bon point de départ pour monter un business », se souvient Penda, avant de nuancer. « Mais je dois reconnaître avoir connu des difficultés d’adaptation au début. Car manager des équipes en Afrique s’est révélé un véritable challenge quand on a été comme moi formée à l’étranger. En Europe ou en Amérique du Nord, la liberté de parole prime. Alors qu’en Afrique, il faut avoir un management paternaliste, avec plusieurs niveaux de validation… Cela m’a effrayée à l’époque. Il fallait prendre en compte un environnement qui m’était étranger ».
Pourtant, Penda s’adapte rapidement et s’affirme. Avec un objectif : « mettre en place une chaîne de valeur fonctionnelle, un vrai défi. » Pour cela, elle innove. « Piment bleu se veut une agence de communication pluri-média, basée sur l’innovation, d’où le nom. L’idée consiste à proposer une perspective nouvelle et ouverte sur le monde, tout en restant fidèle aux codes de la culture africaine. » Cette idée constitue sa recette pour développer une entreprise en Afrique. « Nous sommes aujourd’hui précurseur sur les programmés télévisés dédiés à la bourse en Afrique. Nous avons lancé la première émission télévisée sur la chaîne publique ivoirienne, la RTI, « Flash bourse », une émission quotidienne qui donne les tendances du marché. » Ce programme porte une forte dimension pédagogique. Une tonalité que l’on retrouve dans un autre chantier de Penda : Le Co-Lab, un espace de co-working d’un nouveau genre. « La création de l’agence s’est accompagnée par celle de Co-Lab Abidjan, un lieu d’innovation, avec des espaces de travail en collaboration connectés que nos clients, les co-labeurs, peuvent utiliser de manière très flexible ».

Accompagner les jeunes entrepreneurs

Surtout, l’intégration de l’agence de communication Piment Bleu à cet espace de co-working crée sa particularité : « L’originalité de Co-Lab est d’appartenir à un grand groupe. Nous sommes à la fois un média pour nos entrepreneurs en herbe et un lieu d’innovation. Le concept ne se résume pas à un espace de travail. Même si l’environnement est conçu avec tous les éléments nécessaires, notre valeur ajoutée réside dans la mixité avec l’agence. L’idée est de permettre aux jeunes entrepreneurs de faire connaitre leur société, à travers un espace partagé avec l’agence et un réseau fourni. Co-Lab se veut une plateforme qui permet aux entrepreneurs d’être au cœur du système».
Et la stimulation semble réciproque : « Notre agence est elle aussi parfaitement intégrée dans la ville, dans son environnement, entourée de jeunes. Je reste convaincue que la communication doit se faire par des jeunes et pour des jeunes.» Cette proximité lui permet de mieux identifier les besoins de ces jeunes entrepreneurs. « Apprendre à pitcher (NDLR : résumer et présenter son projet à des investisseurs potentiels) notamment. Ils ont beaucoup d’idées. Mais, sans doute en raison de la faiblesse du système éducatif, ils peinent à expliquer leur projet. » Les femmes davantage encore, selon elle. « Les femmes africaines, en raison de leur culture, demeurent encore trop réservées, elles manifestent moins de confiance en elle. C’est leur talon d’Achille. Il faut par conséquent leur donner des outils pour gagner en assurance. Grâce à Co-Lab, elles peuvent bénéficier d’un accompagnement. ».

« La créativité permettra à la jeunesse africaine de se distinguer »

Car si Penda Cissé préconise une solide formation, comme composante majeure de tout projet entrepreneurial, sa recette comporte d’autres ingrédients tout aussi importants. « Incontestablement, il faut en premier lieu pousser les études le plus loin possible pour acquérir des qualifications, et ensuite s’enrichir d’une expérience professionnelle de qualité. Très souvent, les femmes évoluent dans l’informel. Il faut les convaincre de rejoindre le secteur formel, quitte à perdre quelques années de revenus. » Dernier conseil : adopter les outils du futur grâce à une expérience professionnelle dans une grande entreprise. « Cela me paraît indispensable pour la suite, qu’il s’agisse d’être employé ou de se lancer dans l’entrepreneuriat. Mais quelque soit l’option choisie, avoir un moral d’acier est primordial ! » Elle ajoute en guise de conclusion : « Il faut sortir des sentiers battus et innover pour avoir de l’avance sur les autres. La créativité permettra à la jeunesse africaine de se distinguer. L’innovation dans nos pays doit être stimulée chaque jour ».

Déchets : quel gâchis 2.0

Solidarité Technologique qui développe au Cameroun une activité pionnière de recyclage et de revalorisation des DEEE, ou Déchets d’Equipement Electriques et Electroniques »

Rien ne se perd, tout se transforme. Cette maxime est on ne peut plus d’actualité alors que les dirigeants du monde comme les populations locales appellent de plus en plus à en finir avec la « culture du déchet ». Dans une société où tout se jette, les déchets sont un enjeu qui touche à la santé des individus et à leurs moyens de subsistance, mais aussi à l’environnement et à la prospérité économique.

La gestion des ordures ménagères est un problème universel qui concerne chaque habitant de la planète. Mais, parce que plus de 90 % des déchets brûlés ou déversés dans des décharges sauvages (a) concernent des pays à faible revenu, ce sont les habitants pauvres et les plus vulnérables qui en payent le plus lourd tribut.

On assiste régulièrement à l’effondrement de décharges (a) qui ensevelissent sous les ordures des maisons de fortune et leurs habitants. Ceux qui vivent à proximité de ces immenses dépotoirs sont généralement les habitants les plus pauvres des villes, qui vivent de la récupération des déchets et sont exposés à de graves risques sanitaires.

« La mauvaise gestion des déchets contamine les océans, obstrue les canaux d’évacuation des eaux et provoque des inondations, propage des maladies, accroît les problèmes respiratoires du fait du brûlage des ordures à l’air libre, tuent des animaux et affecte le développement économique, en nuisant par exemple au tourisme », rappelle Sameh Wahba, directeur en charge du développement urbain et territorial, de la gestion du risque de catastrophe et de la résilience à la Banque mondiale.

En outre, le (non) traitement des déchets solides contribue fortement au changement climatique : il représentait en 2016 presque 5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (sans tenir compte des émissions liées au transport des ordures).

« La gestion des ordures ménagères concerne tout le monde. Il est indispensable de mettre en place une gestion efficace et appropriée des déchets solides pour atteindre les Objectifs de développement durable », souligne Ede Ijjasz-Vasquez, directeur principal du pôle Développement social, urbain et rural et résilience de la Banque mondiale. « Les ordures brûlées à l’air libre ou déversées dans des décharges sauvages sont nocives pour la santé humaine, l’environnement et le climat, et sont un frein à la croissance économique dans les pays pauvres comme dans les pays riches. »

Un diagnostic alarmant

Ces dangers sont connus. Et pourtant la production de déchets augmente à un rythme alarmant. Les pays se développent rapidement sans se doter des systèmes nécessaires pour faire face à l’évolution de la composition des déchets ménagers. Les villes, qui abritent plus de la moitié des habitants de la planète et produisent plus de 80 % du PIB mondial, sont en première ligne des enjeux liés à la gestion des déchets dans le monde.

Selon un rapport de la Banque mondiale intitulé What a Waste 2.0 (a), le monde produit 2,01 milliards de tonnes de déchets urbains solides par an, dont au moins 33 % ne sont pas traités correctement c’est-à-dire dans le respect de l’environnement.

Cette nouvelle publication, qui vient actualiser un précédent rapport paru en 2012, indique que le volume des déchets produits chaque année va augmenter de 70 % au cours des 30 années à venir, pour s’établir à 3,4 milliards de tonnes. En cause, l’urbanisation rapide, la croissance démographique et le développement économique.

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Quelle quantité de déchets sera générée ?

Penchons-nous sur le plastique, notamment, qui pollue les océans et représente 90 % des déchets marins. Sur la seule année 2016, le monde a produit 242 millions de tonnes de déchets plastiques, soit l’équivalent d’environ 24 000 milliards de bouteilles en PET de 50 centilitres, du poids de 3,4 millions de baleines bleues ou de 1 376 Empire State Buildings. Le volume d’eau total contenu dans ces bouteilles pourrait remplir 4,8 millions de piscines olympiques ou 40 milliards de baignoires !

Or, les déchets plastiques ne représentent que 12 % des déchets produits dans le monde chaque année.

Outre un état des lieux mondial, le rapport What a Waste 2.0 dresse un diagnostic de la situation de chaque région. Il en ressort que l’Asie de l’Est-Pacifique est actuellement le premier producteur de déchets au monde (23 %). Par ailleurs, les pays à revenu élevé, qui ne rassemblent que 16 % de la population mondiale, génèrent lus d’un tiers (34 %) des déchets de la planète.

Sachant que la production de déchets continuera d’augmenter en raison de la croissance économique et démographique, ce sont les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure qui devraient connaître la plus forte progression du volume de leurs déchets. Le rapport prédit ainsi que la production de déchets sera multipliée par trois en Afrique subsaharienne et  par deux en Asie du Sud, et que ces deux régions représenteront 35 % des déchets produits sur la planète en 2050. La région Moyen-Orient et Afrique du Nord devrait également doubler sa production de déchets d’ici 2050.

Les pays à revenu élevé et intermédiaire de la tranche supérieure assurent globalement la collecte des déchets et, dans les premiers, plus d’un tiers des ordures sont recyclées ou compostées. Les pays à faible revenu collectent environ 48 % des ordures dans les villes et seulement 26 % dans les zones rurales, et ne recyclent que 4 % des déchets. À l’échelle mondiale, seuls 13,5 % des déchets sont recyclés et le compostage ne représente que 5,5% des ordures.

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Pour visualiser l’infographie, cliquez ici.

Vers une gestion durable des déchets solides

« La mise en place d’une gestion des déchets respectueuse de l’environnement concerne en réalité de nombreux aspects fondamentaux du développement », indique Silpa Kaza, spécialiste du développement urbain à la Banque mondiale et auteur principale du rapport. « C’est pourtant une dimension souvent négligée dans les efforts de planification d’un développement urbain durable, sain et inclusif. Les gouvernants doivent agir sans tarder pour les populations et pour la planète en s’attaquant à la gestion des déchets. »

La transition vers une gestion durable des ordures ménagères implique cependant des efforts de long terme et un coût considérable. La gestion des déchets représente le plus gros poste de dépenses pour nombre de municipalités ; dans les pays à faible revenu, elle représente en moyenne 20 % des budgets municipaux.

Le jeu en vaut-il la chandelle ? Oui, assurément. Les études montrent que les investissements dans une gestion durable des déchets se justifient d’un point de vue économique. Car des déchets non collectés et mal traités ont des conséquences graves sur la santé et l’environnement, et que ces effets ont un coût plus élevé que celui associé à la mise en place et à l’exploitation de systèmes de collecte et de traitement simples et adaptés.

Ce coût entraîne cependant des besoins de fonds importants. Pour y répondre, la Banque mondiale collabore avec des pays, des villes et des partenaires dans le monde entier (a) à la recherche et au financement de solutions dont l’enjeu est de renforcer le capital environnemental, social et humain.

Depuis 2000, la Banque mondiale a alloué plus de 4,7 milliards de dollars à environ 340 programmes de gestion des déchets solides à travers le monde. Voici un aperçu de ses initiatives et champs d’intervention.

« La gestion des ordures ménagères concerne tout le monde. Il est indispensable de mettre en place une gestion efficace et appropriée des déchets solides pour atteindre les Objectifs de développement durable.  »
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Ede Ijjasz-Vasquez
Directeur principal du pôle Développement social, urbain et rural et résilience de la Banque mondiale

Financer la gestion des déchets

Si le coût de la mise en place et de la maintenance d’un système de gestion des déchets ménagers est inférieur à celui de l’inaction, il n’en demeure pas moins extrêmement lourd et source d’importantes difficultés de financement pour les pays en développement. C’est pourquoi les investissements de la Banque mondiale aident notamment les pays à répondre à ces besoins de ressources financières.

En Azerbaïdjan (a), les prêts de la Banque ont soutenu la rénovation de la principale décharge du pays et la création d’un organisme public dédié au traitement des ordures ménagères, ce qui a permis d’accroître le pourcentage de la population bénéficiant de services de gestion des déchets municipaux de 53 à 74 % entre 2008 et 2012. Ces financements ont également accompagné l’adoption de pratiques durables et aidé le pays à atteindre un taux de réutilisation et de recyclage des déchets de 25 %.

En Chine (a), un programme d’incitation axé sur les résultats s’est attaché à promouvoir le tri des déchets chez les ménages. Ce prêt de 80 millions de dollars a également financé la construction d’une usine de méthanisation des ordures ménagères pour la production d’énergie à partir de la fermentation des déchets organiques, dont bénéficieront 3 millions d’habitants.

Au Népal (a), un projet de financement axé sur les résultats d’un montant de 4,3 millions de dollars a permis d’augmenter le recouvrement de la redevance pour l’enlèvement des ordures ménagères et d’améliorer les services de collecte des déchets dans cinq municipalités, au profit de 800 000 habitants.

Réduire les émissions de carbone et renforcer la résilience

Faute d’action, les émissions de gaz à effet de serre imputables aux déchets solides grimperont à 1,6 milliards de tonnes d’équivalent CO2 en 2050. En outre, en améliorant leurs systèmes de gestion des ordures ménagères, les villes pourraient renforcer leur résilience à des épisodes climatiques extrêmes qui risquent de causer des inondations, endommager les infrastructures, entraîner des déplacements de population et détruire des moyens de subsistance.

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Des ramasseurs de déchets brûlent des ordures dans la décharge sauvage de Tondo, à Manille (Philippines). © Adam Cohn/Flickr Creative Commons

Au Pakistan (a), un projet de la Banque mondiale d’un montant de 5,5 millions de dollars a soutenu le fonctionnement d’une usine de compostage à Lahore, le développement de ce marché et la vente des crédits de réduction des émissions au titre du protocole de Kyoto à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Les activités menées dans le cadre de ce projet ont abouti à une réduction des émissions de 150 000 tonnes d’équivalent CO2 et à une hausse de la production journalière de compost de 300 à 1 000 tonnes.

Au Viet Nam (a), des investissements dans la gestion des déchets solides aident la ville de Can Tho à lutter contre les inondations en évitant l’obstruction des canalisations. De même, aux Philippines, ils aident l’agglomération du Grand Manille à réduire le risque d’inondation en limitant le volume de déchets non traités déversés dans les cours d’eau. En s’attachant à améliorer les systèmes de collecte, à privilégier les approches communautaires et à promouvoir des mesures d’incitation, ces mesures contribuent à la réduction des déchets marins, en particulier dans la baie de Manille.

Favoriser les politiques d’inclusion

Plus de 15 millions de personnes dans le monde vivent de la récupération des ordures. Ce sont généralement des femmes, des enfants, des personnes âgées, des chômeurs ou encore des migrants qui vivent dans des conditions insalubres, sans sécurité sociale ni assurance maladie, et restent confrontés à un rejet social. Si elles étaient soutenues et structurées, ces activités de recyclage informel pourraient créer des emplois, améliorer la compétitivité locale, réduire la pauvreté et faire baisser les dépenses municipales.

Selon le rapport What a Waste 2.0, on peut améliorer les moyens de subsistance des ramasseurs de déchets en les intégrant dans l’économie formelle, en renforçant la filière du recyclage et en identifiant d’autres possibilités d’emploi.

En Cisjordanie, par exemple, les prêts de la Banque mondiale ont financé la construction de trois sites d’enfouissement des déchets desservant plus de deux millions d’habitants et la fermeture de décharges sauvages, ainsi que le développement de programmes permettant d’assurer des moyens de subsistance durables aux ramasseurs de déchets. Le versement des financements à des prestataires privés était en outre conditionné à l’amélioration de la qualité des services.

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Décharge d’al-Minya : protection des nappes phréatiques par la collecte de lixiviat dans un bassin dédié recouvert d’une géo-membrane

L’importance des données, de la planification et d’une gestion intégrée des déchets

Il est donc essentiel de développer les données disponibles, tout en aidant les gouvernements à prendre des décisions capitales en matière de financement, de politique et de planification de la gestion des déchets ménagers. Ce soutien doit notamment consister à :

  • apporter des financements aux pays qui en ont le plus besoin, à savoir en particulier les pays qui connaissent une croissance rapide, afin qu’ils puissant développer des systèmes de gestion des déchets modernes ;
  • aider les principaux pays producteurs de déchets à diminuer la consommation de produits en plastique et les déchets marins à travers des programmes complets de réduction des déchets et de recyclage ;
  • lutter contre le gaspillage alimentaire en développant l’éducation du consommateur, la gestion des déchets organiques et des programmes coordonnés de gestion des résidus alimentaires.

Inverser une trajectoire dangereuse

Dans une époque marquée par la rapidité de l’urbanisation et de la croissance démographique, la gestion des déchets solides est au cœur d’un développement urbain durable, sain et inclusif. L’inaction se traduira par une accumulation des déchets et un degré de pollution qui mettront le monde sur une trajectoire dangereuse. Les populations, les moyens de subsistance et l’environnement, qui paient déjà le prix de l’inaction, en pâtiront encore davantage.

Nous disposons de nombreuses solutions pour inverser cette tendance. Mais c’est maintenant qu’il faut agir, et à tous les niveaux de la société.

Rendez-vous sur www.worldbank.org/what-a-waste pour accéder à la base de données et télécharger le rapport What a Waste 2.0: A Global Snapshot of Solid Waste Management to 2050.

Le numérique, outil de convergence des acteurs du développement

Une conférence animée par l’ONG La Guilde lors du forum Mondial Convergences

La conférence, intitulée  « Le numérique, un outil de convergences des acteurs du développement », a cette fois-ci  choisi d’élargir le débat à l’ensemble des acteurs du développement. Cinq personnalités,  3 chefs d’entreprise, 1 représentant institutionnel et 1 responsable numérique au sein d’une ONG ont débattu, sur les problématiques de protection des données, de l’importance de la formation des individus, de la collaboration, de l’hégémonie des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) dans l’accès à internet ou encore de l’importance du rôle de l’État.

Si l’ensemble du panel a conclu sur le fait que les différents pays en développement, notamment en Afrique, connaissent actuellement une révolution numérique, ils en sont aussi venus à la conclusion que c’est grâce à un travail conjoint de l’ensemble des acteurs (privés, publics, société civile, organisation non gouvernementale) que cette révolution pourra bénéficier à tout le monde.

Chaque partie prenante à son rôle à jouer :  l’Etat rend possible le déploiement des nouvelles technologies; les entreprises permettent de développer des solutions innovantes pour répondre aux besoins fondamentaux et les acteurs de la société civile permettent aux populations de bénéficier de ce développement. Le développement du numérique ne doit pas être perçu un but en soi mais bien comme un outil concourant à l’atteinte de cet objectif.

 

C’est ainsi grâce au numérique que les 3 entreprises représentées dans le panel d’intervenant-e-s se sont développées. Isahit, représentée par sa fondatrice Isabelle Mashola, permet à des femmes porteuses d’un projet professionnel d’obtenir des compléments de revenus en effectuant des micro tâches numériques, telles que l’amélioration des capacités de compréhension des intelligences artificielles.

La société Sunna Design, qui s’est exprimée par l’intermédiaire de Thomas Samuel, son fondateur, a fourni un smartphone à des nombreux bénéficiaires de ces produits afin de faciliter le paiement par mobile de l’électricité ou encore d’avoir accès à un ensemble d’applications dont éducatives.

Enfin, la marketplace Afrobytes, représentée par sa cofondatrice Haweya Mohamed, fait rencontrer physiquement les acteurs de la Tech Africaine afin qu’ils échangent physiquement sur les enjeux et problématiques du secteur. À l’heure du tout numérique, la rencontre humaine reste en effet le meilleur moyen de nouer des relations avec des partenaires.

Ainsi, tout type d’acteur peut avoir recours à  l’outil numérique et Thierry Barbaut – représentant l’ONG La Guilde et l’Agence des Micro Projets – a pu présenter l’importance du numérique dans le fonctionnement de l’organisation. Le lancement prévu de la nouvelle plateforme de dépôt de projet  « portail-solidaire.org » programme développé par l’ONG La Guilde et destiné à mettre en lien porteurs de projets et bailleurs de fonds est une  autre illustration de l’importance de faire se rencontrer les différents acteurs d’une même thématique, à l’instar des événements organisés par Afrobytes.

Enfin, Gilles Babinet, responsable digital pour la France à l’Union Européenne, a rappelé l’importance du rôle de l’État dans l’émergence du numérique en prenant pour exemple la naissance de M-Pesa, solution de paiement mobile née au Kenya, qui n’aurait peut-être pas vu le jour sans que la sphère publique ne la légifère.

La conclusion principale de cette conférence réside finalement dans son intitulé. Le numérique peut faire converger indirectement les acteurs du développement s’il est bien vu comme un outil et non une fin en soi.

Akinwumi Adesina, exhorte le Canada à participer aux investissements

Le président de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, a exhorté, mercredi 19 septembre 2018, les chefs d’entreprise canadiens à « prendre part à l’action et à saisir les opportunités d’investissement sur le continent ». Akinwumi Adesina a lancé cet appel à Toronto, lors de sa rencontre avec 80 représentants de la Chambre commerciale Canada-Afrique.

Promouvant l’Africa Investment Forum (AIF), qui se tiendra du 7 au 9 novembre à Johannesburg, en Afrique du Sud, Akinwumi Adesina a déclaré : « Le Canada ne doit pas être absent du tableau des investissements en Afrique. Il est temps de changer le prisme à travers lequel l’Afrique est perçue et de faire clairement la différence entre les risques perçus et les risques réels. »

L’AIF, qui se veut le premier marché transactionnel destiné à combler le déficit de l’Afrique en infrastructures – évalué entre 68 et 170 milliards de dollars américains –, réunira des représentants de fonds d’investissement et de fonds privés internationaux, de fonds souverains et du secteur privé, afin de financer des projets viables sur le continent.

Stella Kilonzo, directrice supérieure de l’Africa Investment Forum, Timothy Turner, responsable de la gestion des risques du Groupe de la Banque africaine de développement, Garreth Bloor, directeur général de Glenheim Venture Capital, Chris Clubb, directeur général de Convergence Blended Finance, et Hakan Gunay, directeur principal des finances de Skypower Global, figuraient parmi les intervenants qui ont débattu des possibilités d’investissement et de financement mixte en Afrique lors de la rencontre.

David Stevenson, administrateur de la Banque pour le Canada, la Chine, la République de Corée, le Koweït et la Turquie, a expliqué que le Forum sera dédié « aux transactions et à la réalisation d’objectifs concrets » et que ce ne sera pas « un simple lieu de bavardage. »

Akinwumi Adesina, qui conduit la délégation de la Banque au Canada, aux côtés de David Stevenson, a également rencontré Reeta Roy, présidente-directrice générale de la Fondation MasterCard, pour discuter des synergies existantes pour soutenir l’emploi des jeunes en Afrique et de l’accès au financement pour les femmes entrepreneures.

Plus tôt, mardi 18 septembre, Akinwumi Adesina avait annoncé, dans l’Amphithéâtre national de la presse à Ottawa, le lancement d’une opération de titrisation synthétique d’un milliard de dollars américains, baptisée « Room2Run », une transaction historique conclue avec Mariner Investment Group et le fonds Africa50.

Si la titrisation est une technique financière courante pour les banques commerciales, elle est avant-gardiste pour les institutions de financement du développement. La Banque africaine de développement est ainsi la première banque multilatérale de développement à recourir à ce mécanisme de financement véritablement novateur. Structuré comme un investissement d’impact, Room2Run va permettre à la Banque d’augmenter son volume de crédits pour stimuler le développement économique et le progrès social sur le continent.

« L’Afrique est la plus riche en promesses, abrite les ressources naturelles les plus importantes et elle la population la plus jeune du monde, a lancé Akinwumi Adesina. Mais nous avons aussi les déficits d’infrastructure les plus persistants de la planète. La Banque africaine de développement a pour priorité stratégique de combler ces déficits de financement des infrastructures, et Room2Run nous offre la capacité d’y parvenir. »

Akinwumi Adesina s’est également entretenu avec Diane Jacovella, sous-ministre du Développement international, et Leslie E. Norton, sous-ministre adjointe à la direction générale d’AMC pour l’Afrique subsaharienne, dans les locaux d’Affaires mondiales Canada (AMC). Les deux parties ont examiné les domaines dans lesquels le partenariat pourrait être renforcé entre la Banque et le Canada, notamment en matière d’appui à l’initiative de la Banque pour favoriser l’accès des femmes au financement en Afrique (AFAWA par acronyme anglais).

Lors d’une allocution liminaire prononcée à Ottawa au siège d’Affaires mondiales Canada sur la situation économique de l’Afrique, le président Adesina a déclaré : « Certains se demandent si l’histoire de l’essor de l’Afrique est terminée. Eh bien, je ne pense pas que l’Afrique ait jamais été en bas. »  Et d’expliquer : « Le continent n’est pas différent des autres régions du monde qui traversent des cycles de poussée et de baisse de croissance. L’histoire de l’Afrique ne devrait pas être écrite en dehors de l’Afrique. L’Afrique doit avoir le contrôle de sa propre histoire », a-t-il observé lors de cet événement organisé par David Morisson, sous-ministre délégué des Affaires étrangères du Canada.

Plus tard, lors d’une réunion avec des ambassadeurs africains, le président de la Banque a salué le rôle de premier plan que joue le Canada dans la promotion du programme économique de l’Afrique. Il a pris acte de l’engagement commun des ambassadeurs et de leur soutien à la promotion de l’Afrique comme destination de choix pour les investisseurs.

Akinwumi Adesina a conclu son passage à Ottawa par une réunion bilatérale avec Jim Carr, le ministre canadien de la Diversification du commerce international, au cours de laquelle il a de nouveau défendu le bien-fondé d’un accroissement des investissements sur le continent africain et appelé le Canada à considérer l’Afrique comme nouvelle destination pour le commerce, dans la droite ligne de son programme de diversification.

Par la Tanzanie

Long chemin de l’ancien du Lycée technique de Bamako jusqu’au Nkrumah Hall…

Oussouby SACKO, qui prononce ce matin la leçon inaugurale de la 2e conférence internationale Afrique-Asie à University of Dar es Salaam (UDSM), est président de la 京都精華大学 Kyoto Seika University.

Mandarin malien du Japon, il compte aujourd’hui parmi les rares francophones de ce raout intellectuel aux côtés des chercheurs réunionnais de l’Observatoire des sociétés de l’océan indien (Vilasnee Tampoe-Hautin, Marie-Annick Lamy-Giner, Serge Bouchet).

Impressionnant programme monté par les ‘Hollandais volants’ d’un des meilleurs pôles du monde pour la pensée de l’ailleurs, celui de Universiteit Leiden avec International Institute for Asian Studies (IIAS)Philippe Peycam.

Visionnaire thématique aussi – A New Axis of Knowledge – qui relie l’Afrique et l’Asie dans une dynamique coordonnée.

Le monde vu en grand par ces pays qu’on dit bas et qui voient loin. Avec l’appui de University of Calicut National University of Singapore Social Science Research Council University of Michigan University of Ghana Shanghai Academy of Social Sciences 東京外国語大学 Université de La Réunion

Attirer des investissements dans des secteurs prioritaires

Comment attirer davantage de financements privés dans l’agro-industrie, le logement et le tourisme en Afrique de l’Est ?

C’est le thème choisi pour l’édition annuelle du Forum sur le financement du développement, qui réunit ce mois-ci à Kigali un large éventail de hauts responsables des secteurs public et privé. Aux yeux des dirigeants est-africains, ces trois secteurs sont essentiels au soutien de la croissance, à la création d’emplois et à la transformation économique durable de leurs pays, et sont donc appelés à jouer un rôle clé dans le développement de la région.

Le Groupe de la Banque mondiale parraine le Forum sur le financement du développement afin de mettre en contact les principales parties prenantes qui, en s’unissant, peuvent améliorer la situation de l’investissement dans les pays les moins avancés. Notre objectif est de déterminer les contributions que chaque acteur peut apporter et d’approfondir les idées, initiatives et collaborations prometteuses, afin de leur donner l’élan supplémentaire qui favorisera leur réussite. Pour les partenaires d’investissement, le moment est on ne peut plus propice pour miser sur une région aux économies extrêmement dynamiques et où nombre d’innovations sont mises en œuvre.

Je participerai au Forum avec mes collègues des autres branches du Groupe de la Banque mondiale, IFC et la MIGA. Je suis très heureux que l’Association internationale de développement (IDA), l’institution du Groupe que je représente, soit plus que jamais en mesure d’aider nos pays partenaires à atteindre leurs objectifs.

L’IDA est le guichet de prêts concessionnels de la Banque mondiale et l’une des principales sources de financement pour les 75 pays les plus pauvres du monde, dont 39 se situent en Afrique. Ses ressources sont reconstituées tous les trois ans. Le cycle en cours, qui correspond à la dix-huitième reconstitution du fonds de l’IDA (IDA-18), bénéficie une fois encore du soutien marqué de nos partenaires. En outre, et pour la première fois, les contributions de nos donateurs sont complétées par des fonds levés sur les marchés financiers.

Ce nouveau modèle de financement permet à l’IDA d’atteindre un niveau de ressources sans précédent, soit 75 milliards de dollars sur trois ans. Sur ce montant, nous prévoyons d’allouer environ 45 milliards à l’Afrique, et la première année d’IDA-18, récemment clôturée, montre que nous sommes sur la bonne voie : au cours de l’exercice qui s’est achevé le 30 juin, l’IDA a engagé 15,4 milliards de dollars en faveur de l’Afrique sur un total mondial de 24 milliards.

Cette montée en puissance de l’IDA s’est accompagnée d’une autre avancée majeure : les pays actionnaires du Groupe de la Banque mondiale ont approuvé en avril dernier une forte augmentation de capital tant pour la BIRD, qui prête aux pouvoirs publics des pays à revenu intermédiaire, que pour IFC, qui investit directement dans le secteur privé. Enfin, la MIGA, l’autre branche du Groupe dédiée au secteur privé, renforce également sa position financière.

Nous sommes aujourd’hui en mesure d’octroyer bien plus de financements, mais que faisons-nous exactement pour soutenir et stimuler l’investissement privé en Afrique ?  Notre solution passe par un mélange de méthodes qui ont fait leurs preuves et d’innovations. Mis en place dans le cadre d’IDA-18, en partenariat avec IFC et la MIGA, un nouveau guichet de promotion du secteur privé (PSW) fait ainsi converger le soutien que les institutions du Groupe de la Banque mondiale apportent au secteur privé dans les marchés les plus pauvres.  Le PSW intervient de différentes façons pour dynamiser l’investissement dans les pays qui bénéficient de l’aide de l’IDA : en y créant un environnement favorable, en réalisant des investissements complémentaires, en fournissant des garanties et en investissant directement dans le secteur privé. Il s’appuie pour cela sur les réalisations novatrices d’IFC dans la mobilisation et la gestion de capitaux levés auprès d’investisseurs dotés de normes rigoureuses et d’une gouvernance d’entreprise solide pour opérer dans les pays les plus pauvres. Le PSW peut aussi compter sur l’effet de levier de la MIGA pour libérer le potentiel d’investissement.

En combinant ressources publiques et privées, le PSW peut aider le secteur privé à créer des marchés et démontrer qu’avec une formule risque/rendement adaptée, les marchés naissants sont propices aux investissements et rentables, ce qui conduira à des investissements supplémentaires. La première année d’existence du PSW a marqué un démarrage en force, avec des engagements de l’IDA qui se sont élevés à 185 millions de dollars, et plus de 600 millions de dollars d’investissements d’IFC et de garanties de la MIGA. Cela a permis de mobiliser 800 millions de dollars de financements privés pour les pays IDA les plus difficiles.

Le PSW engrange déjà une expérience mondiale utile à des secteurs hautement prioritaires pour l’Afrique de l’Est. Dans celui de l’agro-industrie par exemple, le PSW a permis à la MIGA de fournir une garantie d’assurance contre les risques politiques à un projet de traitement des raisins secs en Afghanistan. Dans le domaine du financement du logement, il a permis d’atténuer le risque de change afin de soutenir les investissements d’IFC dans des sociétés de crédit hypothécaire en Afrique de l’Ouest et au Bangladesh. Enfin, des projets sont aussi à l’étude dans le secteur du tourisme.

Parallèlement aux mécanismes innovants du PSW, l’IDA considère depuis toujours que les interventions du secteur public sont des éléments clés pour stimuler le développement du secteur privé. Ces dix dernières années, l’IDA a investi 7 milliards USD par an pour aider les gouvernements de ses pays clients à améliorer leur cadre réglementaire, à mettre en œuvre des réformes sectorielles et à se doter des infrastructures nécessaires. Il s’agit là d’actions indispensables pour que le secteur privé puisse investir, croître et prospérer.

Grâce à l’augmentation des ressources allouées aux pays et à la création de guichets de financement spéciaux, IDA-18 a déjà accru considérablement le soutien aux États, notamment en Afrique de l’Est. Au total, les pays de la région ont accès à plus de 7 milliards de dollars sur la période de trois ans et ils peuvent également mobiliser des fonds supplémentaires par le biais des dispositifs régionaux et autres guichets spéciaux de l’IDA. Toutes ces ressources financières sont destinées à promouvoir le développement en Afrique, mais le succès de cet engagement dépendra également des investissements du secteur privé, en particulier du secteur privé africain. C’est pourquoi le Forum pour le financement du développement s’efforce aussi de renforcer les liens et les partenariats avec le secteur privé en Afrique.

Le pays qui accueille le Forum cette année, le Rwanda, est exemplaire de la façon dont nous pouvons réunir les acteurs publics et privés pour soutenir un secteur clé, en l’occurrence le logement.  En effet, côté demande, le Groupe de la Banque mondiale contribue à développer le marché du financement du logement et, côté offre, il soutient la construction d’habitations. L’IDA a accordé au gouvernement un prêt concessionnel de 150 millions de dollars pour lui permettre de créer une société de refinancement hypothécaire et de proposer plus de 8 000 emprunts immobiliers. Par ailleurs, l’appui de l’IDA via le PSW a permis à IFC d’accorder un prêt à long terme et de prendre des participations dans un vaste programme immobilier piloté par le secteur privé pour créer plus de 1 000 logements à un prix abordable. Grâce à ces différentes interventions, nous espérons pouvoir aider des dizaines de milliers de familles rwandaises à se loger dans de meilleures conditions.

C’est parce qu’il parvient à stimuler l’innovation dans les secteurs public et privé que le Groupe de la Banque mondiale est un partenaire si précieux pour les pays africains.  Je suis convaincu que grâce à la collaboration et à l’implication de l’ensemble de la communauté du développement — à l’image du Forum et de tant d’autres initiatives — nous pouvons accroître considérablement l’investissement privé et accélérer la transformation économique des pays que nous servons.

Ghana : la laïcité menacée ?

La reconnaissance de la laïcité est universellement importante. La religion et la politique sont des entités de nature distincte. La religion est conduite par la foi et non par la raison. La seule chose qui relie les deux est la loi qui régit la conduite des personnes. Au Ghana, la controverse actuelle sur la construction d’une cathédrale nationale soulève des inquiétudes quant à l’étendue de l’influence du pouvoir politique. On doit alors se demander quelle sera l’issue d’une alliance entre le gouvernement et le clergé partageant tous deux l’objectif de consolider leur pouvoir?

Faits historiques

Traditionnellement, les cathédrales nationales représentent des symboles culturels. Et historiquement, elles ont été construites par les gouvernements impériaux et ceux ayant eu un pouvoir absolu. Par exemple, la cathédrale Saint-Paul au Royaume-Uni (dans son état actuel) a été érigée par le roi Henri VIII dans le cadre de son intronisation à la tête de l’Eglise anglicane anglaise en 1534.

Aux États-Unis d’Amérique, les treize colonies qui ont fondé la nation ont vécu sous l’ordre des règles chrétiennes. Ensuite, les générations plus tardives d’Américains ont cherché à établir une identité nationale, une identité qui sanctifie l’origine de la nation, en tant que «nation de Dieu». La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul à Washington DC a été fondée sur une charte du Congrès pour créer une cathédrale nationale en 1893, et aucune autre religion n’a eu l’importance qu’a eu le christianisme aux États-Unis. À cela s’ajoute le cas des gouvernements avec un pouvoir absolu comme celui de Félix Houphouët-Boigny, qui pendant près de quatre décennies a été le président de la Côte d’Ivoire. Il a construit la colossale Basilique (une cathédrale nationale) dans sa ville natale, Yamoussoukro. En effet, c’est une véritable illustration de l’absolutisme. En extrapolant au cas du Ghana, l’initiative  du gouvernement peut laisser penser à une sorte de coup d’État constitutionnel.

Problèmes juridiques

La religion est très importe dans la vie quotidienne des Ghanéens, ce qui confère un pouvoir symbolique important au clergé. Les institutions religieuses ont un pouvoir fort incontestable, et une forte influence sur les gouvernements et la population.

Ainsi, l’idée de la construction d’une cathédrale nationale par les Chrétiens a suscité des critiques de la part du public, mettant en cause le rôle du gouvernement dans le projet de construction. L’article 21 de la Constitution de 1992 garantit la liberté fondamentale de pratiquer toute religion ainsi que la liberté de réunion. Bien que la communauté chrétienne constitue environ 70% de la population ghanéenne, la Constitution ne consacre pas le concept de « majoritarisme » qui lui donnerait des privilèges. Le Ghana en tant qu’Etat laïque ne peut se permettre d’exercer du favoritisme religieux.

Problème d’harmonie sociale

Cependant, le projet de construction de l’État laïque du Ghana ne doit pas être forcément interprété comme une déclaration de conflit entre la religion et l’État. En effet, la religion n’est pas incompatible avec l’État. Le problème qui se pose c’est que ce projet ce cathédrale nationale doit être réalisé sur un terrain appartenant à l’Etat. Le terrain a été libéré après la démolition des résidences des juges de la cour d’appel. Il a une valeur de 5 millions de cedis et sera loué 2 500 cedis par mois à la communauté chrétienne. Vu ce prix avantageux par rapport au marché, on peut facilement en conclure l’essentiel des coûts sont à la charge du gouvernement.

Le Président a déclaré que la construction de la cathédrale nationale entre dans le cadre du 60e anniversaire de l’indépendance du pays. Cela laisse entendre que le christianisme est la religion emblématique du Ghana. Cette reconnaissance est discriminatoire à l’égard des groupes religieux minoritaires et contredit le principe laïc constitutionnel.

Il ne faut pourtant pas oublier que dans de nombreux pays la discrimination à l’égard des croyances religieuses minoritaires provoquent des conflits et sont à l’origine de violences sectaires. Par exemple, en Égypte, le conflit entre les Musulmans majoritaires et les Chrétiens coptes minoritaires ; en Israël, la majorité des Juifs et des minorités musulmanes, et en Inde, la tension récurrente entre les Hindous majoritaires et les minorités chrétiennes et musulmanes. D’où l’importance de souligner que le Ghana doit rester un Etat laïque.

La déclaration de l’indépendance du Ghana a été prononcée pour tout le pays et pour toutes les populations. Dès lors, un monument tel que la cathédrale nationale en commémoration du 60ème anniversaire de l’indépendance du Ghana est inadapté puisqu’il ne respecte par la pluralité religieuse et n’est donc pas propice à l’harmonie sociale.

Michael Sumaila Nlasia, analyste éditorialiste ghanéen.

Article publié en collaboration avec Libre Afrique

Falcon sur le Zambèze

Un oiseau blanc sur le Zambèze, flèche de métal lancée entre Paris et Pretoria, ciel transfiguré : le 8X est à Waterkloof pour Africa Aerospace and Defence, le ‘Bourget’ printanier du Capricorne.

Un salon professionnel avec son show pour les familles, un focus sur la cyber intelligence, quelque 500 stands et pavillons, une trentaine de pays et plus de 30.000 visiteurs attendus d’ici dimanche.

Depuis les Mirage III de 1962, transformés en Cheetah par les Sudafs, oui, sûr, les pilotes de Dassault Aviation connaissent le plan de vol WKF par cœur. Rejoints cette année par leurs collègues de Dassault Systèmes, experts mondiaux des logiciels complexes et nouveaux entrants au CAC40.

Placé par les autorités sous le signe du centenaire Mandela, signe de résilience politique si l’on se souvient de l’usage qui fut fait des chasseurs français, le #AAD2018 affiche même son appli mobile pour aider à la découverte de l’arsenal.

Les gens vraiment pressés, eux, n’auront d’yeux que pour Dassault Falcon 8X, capable de faire Lagos-Atlanta sans escale, Champagne au frais.

 

Pétrole des Eparses

Brise de guerre froide sous les sunlights des tropiques ?

Les Russes flairent l’odeur du pétrole dans le canal de Mozambique = petit pic de tension pour les légionnaires et les gendarmes qui veillent sur les Eparses, ces îles françaises depuis plus d’un siècle.

A l’approche de la présidentielle, on dirait que Moscou se passionne pour Madagascar, quand reviennent les revendications de souveraineté sur les atolls administrés depuis Saint-Pierre par les Terres australes et antarctiques françaises.

Eparpillées les Eparses, soit 44 km2 de terres (oiseaux, tortues, chèvres sauvages…) et 640.000 km2 de zone économique exclusive.

Quand même plus chouettes à visiter que les Kouriles, que les Ruskoffs ne veulent pas rendre aux Japonais.

Oasis électro dans l’Ourika

Un bain d’électro dans la vallée de l’Ourika?

Cela se passe au Fellah Hotel – Marrakech chez l’ex-trader Redha Moali. Son festival ‘Oasis’ capte les meilleures platines de la planète, dans le sillage du boss marocain Amine Akesbi, alias Amine K, fondateur du collectif Moroko Loko. Groove à guichet fermé. Le Sudaf Black Coffee de la partie.

Annan, une vie

Une vie dans la guerre et dans la paix.

Kofi Annan, né en 1938 à Kumasi, capitale historique de l’empire ashanti, retrouve la matrice.

Sa terre chaude, l’ombre des vivants, des morts et de ceux qui ne sont pas encore nés.

« Aujourd’hui, une page de l’histoire se tourne au Ghana. Nous rendons grâce à Dieu pour avoir utilisé Kofi Annan pour son oeuvre en faveur de la paix et de l’humanité. Aujourd’hui, il a fini sa mission », a déclaré monseigneur Daniel Sarfo, évêque de Kumasi, ville d’origine de M. Annan, devant le correspondant de l’AFP.

Le cercueil de Kofi Annan, recouvert du drapeau vert, jaune, noir et rouge du Ghana, était présenté devant quelques centaines de personnes, dont, au premier rang, sa famille proche ainsi que le président ghanéen, le président ivoirien Alassane Ouattara et António Guterres.

Tous habillés de noir, trois anciens présidents ghanéens étaient également présents, ainsi que des chefs d’Etat d’Afrique de l’Ouest et des représentants de l’Union Européenne et la princesse Beatrix, ancienne reine des Pays-Bas, qui est une amie proche de la famille Annan.

Annan, que certains considéraient comme une « rock star diplomatique » dans les cercles diplomatiques internationaux, a dirigé l’ONU de 1997 à 2006 et a été le premier originaire d’Afrique subsaharienne à parvenir à ce poste. Il est décédé le 18 août à l’âge de 80 ans à son domicile en Suisse, où il a passé la majeur partie de sa vie, après une brève maladie.

Les rois malgaches de la maquette

La mer, linceul des uns, bonheur des autres. Le Cannes Yachting Festival ouvre ce matin, et c’est le plus beau salon nautique à flots du monde.

Saluons quelques marques africaines au rendez-vous comme les Tunisiens d’Aventura Catamarans by Samer Lasta, les Sudafs de Southern Wind et de Leopards Catamarans, et les rois de la maquette, les Malgaches de LEVILLAGE,créateur de maquettes de bateaux ( Cyril Salabert, Elodie Rakotoson).

A Tana, depuis un quart de siècle, ces mains précieuses font tourner un chantier naval en miniature de notoriété planétaire : lattes cintrées au feu selon la technique des charpentiers de marine, accastillage en bois et cuivre, voiles teintées au thé. Comptez un min. de 500 euros pour un petit modèle.

Pour les gros taux, nababs et autres satrapes hédonistes, shopping carte platine avec Benetti Yachts, Baglietto spa, Gulf Craft Inc., Arcon Yachts, BENETEAU, Mangusta Yachts, Imperial Yachts et Sunseeker International Ltd.

Nyege Nyege Plage

Pas trop l’enclume ? Vous avez donc raté la plus grosse teuf nature d’Afrique, lancée il y a 4 jours à Jinja en Ouganda.

Au bord du Nil, à la source du lac Victoria, des milliers de fêtards ont dansé non stop sous la voûte équatoriale jusqu’à 8 h ce lundi matin. Camping freestyle, maquis à gogo, comptoirs infinis, valait mieux rentrer à pied.

Même les Belges, alchimistes des Woodstock d’aujourd’hui, sont dépassés. Quant à l’affiche du MTN Nyege Nyege, c’est un joyau…

 

 

Saint-Frusquin priez pour nous

Saint-Frusquin priez pour nous, les modeuses, sapeurs, hyperrs, fashistos & tas, l’Africa Street fait son show pour quelques jours à Paris au cœur des salons pro de la mode et de l’accessoire Who’s Next et Première Classe.

Réacteur des tendances, ‘esprit de la jeunesse de toutes les Afriques, nouvelle génération qui se réapproprie ses héritages’ dixit les manitous (Frédéric Maus Aude Chabanier Géraldine FLORIN sylvie POURRAT Jean-Marc Andre), grand jungle-mix d’influences, voici de quoi rêver à l’ombre d’un Jenke-Ahmed Tailly et de quelques disciples inspirés.

En novembre au Caire, tout le monde ira acheter du pagne au km, mais ici on fait dans le précieux avec notamment la sélection Little Africa Paris de Jacqueline NGO MPII et le casting d’enfer d’emmanuelle courreges pour LAGO54.

Sérieux, ça envoie de l’avant-garde comme disait la Sagan.

 

Alma Mater Studiorum

La plus ancienne université d’Occident accueille Alois Mlambo, ancien élève des Jésuites au collège St. Ignatius.

Sommité de l’histoire africaine, l’historien zimbabwéen prononcera la leçon inaugurale de la 5e conférence de l’Association pour les études africaines en Italie (ASAI) à l’Università di Bologna. Une institution fondée en 1088, où furent éduqués Erasme, Copernic, Goldoni, Pasolini.

Tous les deux ans, les meilleurs chercheurs de la péninsule et leurs invités se retrouvent ainsi pour réfléchir et manger de superbes pâtes en sauce. Sur le thème ‘Afrique plurielle, politique, savoirs et dynamiques sociales dans le temps et dans l’espace’, les africanistes – Flavia Aiello, Francesco Correale, Francesca Declich, Amalia Dragani, giuseppe maimone, irma taddia, Raffaello Petti… – souhaitent analyser ‘les Afriques’ et leurs nombreuses asymétries, productrices d’une ‘polyphonie de narrations historiques’.

On aime l’appellation fondatrice de cette université bénie par le pape : Alma Mater Studiorum, la mère nourricière du savoir.

Xi accueille l’Afrique

Nuées bleutées sur les Lebombo, et par-delà ces plaines fauves, un million d’acacias jusqu’à l’océan indien.

Des porcelaines brisées. Chinoises. En 1414, 80 ans avant les Portugais, l’empereur chinois Zheng He explorait la côte est-africaine.

Six cents ans plus tard, Xi accueille l’Afrique, ce ‘multiplicateur de puissance’, soit 200 milliards $ d’échanges annuels, 100 milliards d’emprunts qui trainent, 10 000 sociétés et un million de travailleurs en mission sur le continent. Business multiplié par 17 en 17 ans (China Development Bank, China-Africa Development Fund), à intégrer au grand rêve à 1000 milliards des Routes de la soie. Une longue marche que nous, à Reputation Squad, avons entreprise.

2018年中非合作论坛北京峰会将于9月3日至4日举行。届时,习近平主席和非洲国家领导人将齐聚北京。这将为中国和53个论坛成员国之间的关系发展提供新动力。 本次论坛围绕“合作共赢,携手构建更加紧密的中非命运共同体”主题,将规划新时期中非合作“路线图”。
从2000年到2017年,中非之间的贸易额增加了17倍。中国在非洲的投资也显著增长。通过不同主题的论坛,媒体与各界人士也在关注中非如何加深双方的合作关系。
加深中非贸易,相互的理解与认可是关键。作为领先的公关公司,Reputation Squad致力于为中国与非洲的政府机构与企业提供服务,为双方打造合适的媒体形象和企业口碑,打破文化、语言、地域差异造成的壁垒。

 

 

 

Propositions pour une CEI réellement indépendante

La Commission Electorale Indépendante (CEI) ivoirienne a joué un rôle diversement apprécié dans la crise électorale de 2010

Sa réforme en 2014, n’a pas rencontré l’assentiment de tous. L’ONG Action pour la Protection des droits de l’Homme (APDH) a d’ailleurs saisi, le 07 juillet 2014, la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP). Le 18 novembre 2016, la CADHP a rendu un arrêt  par lequel elle enjoint à l’État ivoirien de reformer la CEI. Après s’y être opposé longtemps, finalement le président ivoirien, lors de son adresse à la nation le 7 août dernier, a décidé de se conformer à l’arrêt. Comment rendre la CEI réellement  indépendante ?

La fin de la représentation politique

Lors de la réforme de 2014, les ONG impliquées dans le processus électoral ont proposé une  CEI sans représentation politique. Cependant, les politiques l’ont rejetée et ont adopté une CEI politique à travers la loi N° 2014 -335 du 05 juin 2014. Des députés ainsi que l’APDH ont saisi le conseil constitutionnel pour invalider cette loi. Déboutés par ce dernier, l’APDH a alors saisi la CADHP. Pour l’ONG, cette loi viole l’obligation de l’Etat d’établir des organes électoraux indépendants tels que le prescrit la Charte Africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.

Elle a également mis en relief la surreprésentation du groupement politique au pouvoir au détriment de l’opposition et des candidats indépendants. Par arrêt du 18 novembre 2016, la cour a donc enjoint à l’État de réformer cette loi et de lui en tenir rapport dans un délai qui ne peut excéder un an. Dans un premier temps, le gouvernement ivoirien a récusé cette réforme. Cependant, le plaidoyer des ONG et les partis politiques de l’opposition  pour réformer la CEI a porté ses fruits. D’où la volonté du chef de l’Etat de se conformer à l’arrêt. Cette réforme est une opportunité pour rendre la CEI pleinement indépendante. Pour ce faire, elle devrait bénéficier du statut d’autorité administrative indépendante qui garantira son autonomie financière.

Son budget devrait alors être inscrit au budget de l’Etat pour lui permettre le bon déroulement de ses activités sans aucune contrainte financière. Quant à sa composition, elle devrait être revue en mettant fin à la représentation du président de la république, du président de l’assemblée nationale, des ministères et de l’administration. De même, les partis politiques ne devraient plus avoir de représentants au sein de la nouvelle CEI. En effet, les politiques ivoiriens ne se sont pas encore suffisamment appropriés les principes démocratiques, notamment la  transparence électorale.

Ils ne peuvent battre campagne et demeurer au sein de la CEI. Il y a là un conflit d’intérêt : être juge et partie. C’est pourquoi, leur présence au sein de la CEI constituerait une véritable menace pour son bon fonctionnement. D’ailleurs, cela a été l’un des facteurs de la crise électorale de 2010. La nouvelle CEI devrait donc être affranchie de  l’administration, des partis politiques et de sa dépendance financière du gouvernement.

Place à l’intégrité et à l’expertise

Pour jouir d’une pleine indépendance et donc être plus efficace, la CEI devrait être essentiellement composée d’acteurs de la société civile. Toutefois, la société ivoirienne ayant largement été politisée, ces acteurs devront répondre à certains critères. Il convient de définir deux conditions obligatoires : la neutralité politique et l’intégrité. En effet, dans un pays où la culture démocratique n’est pas encore la chose la mieux partagée et où les préjugés d’être des vassaux de partis politiques sont très forts, les membres de la CEI devraient jouir d’une neutralité politique. En ce sens, ils ne devraient jamais avoir milité dans un parti politique où avoir pris position de façon publique pour un parti politique. Les membres de la nouvelle CEI doivent jouir aussi d’une intégrité avérée. Celle-ci pourrait être certifiée par leur parcours personnel, leurs postures lors des grandes questions d’ordre national et les membres de leur corporation. Sans oublier qu’ils doivent jouir d’une expertise/expérience en matière électorale.

Ainsi, les membres de la nouvelle CEI pourraient être principalement issus des confessions religieuses, des ONG impliquées dans le processus électoral et des médias. En effet, les leaders religieux jouent un rôle important de médiateurs. Lors de la crise électorale de 2010, ils ont initié les premières négociations avec les parties prenantes pour trouver une solution de sortie de crise. Malheureusement, la radicalisation des positions n’a pas favorisé le succès de leur médiation.

Les ONG impliquées dans le processus électoral ont largement contribué à sa transparence  en 2015 et 2016 par l’observation de toutes les étapes. Certaines comme la Plateforme des Organisations de la société civile pour l’observation des élections en Côte d’Ivoire (POECI) ont pu faire le contrôle citoyen des taux de participations et des résultats obtenus par chaque candidat. Leur action a contribué à garantir la sincérité du vote. Des médias indépendants sont aussi devenus de véritables contrepouvoirs et promoteurs de la bonne gouvernance. Par exemple l’Eléphant Déchainé s’est spécialisé dans la promotion de l’intégrité à travers la dénonciation de la corruption. Les membres de la nouvelle CEI  devront avoir une rémunération suffisante pour être à l’abri de toute tentation. Leur sécurité et celle des membres de leurs familles devront être renforcées pour les protéger de tout chantage.  Aussi, ils devraient rester à équidistance des formations politiques. Par ailleurs, la mission de la CEI devrait être élargie à la promotion de la culture démocratique lors des périodes où il n’y a pas d’activité électorale.

L’indépendance et l’expertise devraient être les qualités premières requises des futurs membres de la CEI si l’on veut sincèrement réformer cette institution indispensable à la consolidation de la démocratie en Côte d’Ivoire. C’est la condition sine qua non pour prévenir de futures crises électorales.

FANGNARIGA YEO, activiste des droits de l’homme et blogueur.

Article publié en collaboration avec Libre Afrique

Les derniers seigneurs de la presse

Ce sont les derniers seigneurs de la presse

Pour prendre une photo, il faut y aller, en vrai, au contact, y mettre de soi, poser un regard, une manière de voir. Parfois jouer sa peau. Au Festival international du photojournalisme (Perpignan) – le Visa pour l’image qui ouvre ce samedi-, porté par Jean-Francois Leroy et Jean-Paul GRIOLET, retrouvons 4 grands du boitier sur les terrains africains : John Wessels (AFP) / Pris au piège en RDC – Luis Tato (AFP) / Elections 2017 au Kenya – Jonathan Torgovnik (The Verbatim Agency) / Les otages du centre-ville de Johannesburg – James Oatway / Les fourmis rouges. Clic-clac l’uppercut. L’essentiel est à retrouver à la Grande Halle de la Villette (Paris) les 15 et 16 septembre.

Pour célébrer les aristos du reportage, heureusement qu’il y a des amis, Perpignan Méditerranée Métropole, La Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée, Canon, Inc., Paris Match, Adobe France, National Geographic, Groupe Rocher, Polka Magazine, France Médias Monde, Radio France, France Télévisions, Citroën. #photojournalism

Beyoncé reviendrait à Paris embaumée au galbanum

Lointaine descendante d’un chef acadien pas commode, Beyoncé reviendrait à Paris embaumée au galbanum, merci Vent Vert de Balmain, pour le lancement demain de l’album de Kiddy Smile.

Elle lirait du Colette, qui aimait le caractère de ‘végétal écrasé à la main’ de ce jus, et porterait un magnifique sweat brodé main (750 €) de la collection spéciale réalisée par Olivier Rousteing pour ses concerts de Coachella. Bénéfices, ouf, reversés à UNCF pour financer les études des noirs américains. Le prince du voguing, icôôôône de la house, Pierre Edouard Hanffou, présenterait alors le cd One Trick Pony à Queen B, l’inviterait à le voir dans Climax le 19 septembre (film avec la divine algérienne Sofia Boutella), puis à l’écouter à la Société d’Exploitation de la Gaité Lyrique en octobre.

Promis juré, lui le Camerounais devenu maître des folles élégances, ayant façonné l’univers sonore de Balmain qui va si bien à la coupe Rousteing, vous me suivez, via la rue François-1er, la Californie et Bastos, promis il ne mettra plus ce tee-shirt à message(s) que l’on vit un 14 juillet à l’Elysée…

Analyser les inondation au Niger avec les drones

Prise de vue en drone en Afrique - crédit photo Thierry Barbaut
Prise de vue en drone en Afrique - crédit photo Thierry Barbaut

Pendant des millénaires, le fleuve Niger a été le poumon socioéconomique du Niger, mais aussi des pays voisins du bassin du Niger

Pourtant, même si cette imposante voie navigable permet à de nombreux Nigériens de se nourrir, s’approvisionner en eau, et gagner leur vie, elle présente également un grave risque d’inondation en Afrique de l’Ouest pendant la saison des pluies. Au troisième trimestre 2017, les inondations massives dues aux fortes pluies ont coûté la vie à plus de 50 personnes et ont entraîné le déplacement de près de 200 000 personnes.

Située sur les rives du fleuve Niger, la capitale nigérienne Niamey est particulièrement exposée aux risques d’inondation. Ces risques ayant été exacerbés par un développement urbain mal planifié, qui a contribué à la dégradation et à l’érosion des sols. S’ajoute à cela le dynamisme démographique de nombreux quartiers de Niamey, qui comptent aujourd’hui plus d’un million de personnes, mais ne disposent pas d’infrastructures de drainage adéquates.

Vue aérienne de Niamey, prise par un drone. Photo: Aziz Kountché, Drone Africa Services

Afin de remédier à ces défis, le gouvernement du Niger, en partenariat avec la Banque mondiale et la Facilité mondiale pour la prévention des risques de catastrophes et le relèvement (GFDRR), a intensifié ses efforts pour recueillir systématiquement des données et des informations sur l’exposition et la vulnérabilité de Niamey aux risques d’inondation. Objectif : permettre aux autorités de mieux anticiper et de prioriser les investissements pour préparer la capitale à faire face aux inondations.

L’initiative a débuté en 2017 lorsqu’une équipe locale de bénévoles, composée principalement d’étudiants et de jeunes professionnels de l’association OpenStreetMap Niger, a utilisé une application mobile open source pour créer une base de données de personnes et de biens exposés aux risques d’inondation. À ce jour, l’équipe a collecté plus de 15 000 points de données sur les ménages et les infrastructures de la ville.

Depuis lors, une start-up nigérienne, Drone Africa Service, a formé des équipes de l’administration nigérienne et des membres de l’association OpenStreetMap à utiliser des drones pour acquérir des images haute résolution des zones où se trouvent les personnes et les biens exposés. Avec d’autres partenaires, la startup a analysé ces images, combinées à la base de données, pour modéliser le risque d’inondation des communautés les plus vulnérables de Niamey. Le modèle sera finalement partagé sur le portail en ligne de données sur les risques du gouvernement nigérien.

À Niamey, l’utilisation de drones permet d’établir une cartographie des zones exposées aux risques d’inondation. Photo: Aziz Kountché, Director, Drone Africa Services

« Je suis fier qu’un bon nombre d’étudiants et de professionnels aient participé à nos formations », souligne Fatiman Alher, modérateur et formateur de l’association OpenStreetMap Niger. « Mon rêve, c’est de voir les Nigériens et les Africains créer une cartographie et des données sur leur environnement, accessibles à tous. »

Ainsi, grâce à une combinaison de cartographie OpenStreetMap, de drones et de modélisation, les Nigériens prennent les devants pour préparer Niamey à la prochaine inondation. Ce faisant, ils sont également devenus un exemple pour d’autres pays d’Afrique subsaharienne en matière d’exploitation de la technologie et de l’innovation pour être résilient face aux aléas climatiques. Regardez cette vidéo pour en savoir plus.

Le GFDRR et la Banque mondiale ont soutenu ces efforts dans le cadre du programme de renforcement de la résilience grâce à l’innovation et aux données ouvertes en Afrique subsaharienne», une initiative financée par le gouvernement belge dans quatre pays africains: au Mozambique, au Niger, en Tanzanie et en Ouganda. Au Niger, les activités du programme sont étroitement alignées sur le projet de gestion des risques de catastrophe et de développement urbain au Niger de la Banque mondiale, ainsi que sur l’initiative sur les systèmes de risque climatique et d’alerte rapide (CREWS).

Vivien Deparday avec la Banque Mondiale

Raodath AMINOU vers le sommet du Kilimandjaro

Pour un mercredi, bol d’air et grand sourire, celui de Raodath AMINOU en marche vers le sommet du Kilimandjaro.

Les exploits des gens bien, du bonheur contagieux. La fille en bonnet rouge intervient aujourd’hui, dix-huit mois après son ascension, devant les patrons français réunis pour l’université d’été du MEDEF by Geoffroy Roux de Bezieux. Thème / 20 ans…. et vogue la galère -, à déguster avec encore le jeune député Hervé Berville. Pour Mme Aminou, polytechnicienne, pas d’inquiétude, juste des bonnes ondes à capter, entre son viatique voltairien préféré (‘J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé’), son récit d’ascension troussé comme une thérapie à partager avec ceux qui en ont besoin et les tonnes de conseils qu’elle prodigue sur son web. Alignement des étoiles ?

Fabrice Le SachéAera Group -, le porte-parole du Medef, est le créateur de l’index des start-up françaises en Afrique, Index Up40 / Medef International.

Prenons des forces pour le Africa Singapore Business Forum

Prenons des forces pour le Africa Singapore Business Forum qui s’ouvre.

Et hop, un Singapore Sling, au 3 Seah St. en mode PopUp du Long Bar pendant les travaux du Raffles Hotel Singapore. Une semaine en amont de la grand-messe Chine-Afrique à Pékin, Singap fait son show afro et reconnaissons que la prétendante à des arguments : plus de 60 entreprises actives dans 50 pays du continent ( Wilmar International Prudential Assurance Company Singapore DBS Bank Singtel OCBC Bank United Overseas Bank Limited (UOB) GLP CrimsonLogic Pte Ltd Meinhardt Group Olam); des bureaux Enterprise Singapore à Johannesburg, Accra et Nairobi ; un centre de recherches africaines à Nanyang Technological University ; un aéroport qui tourne à 7000 vols hebdo et des accords de services aériens avec près de 30 pays africains ; des accords bilatéraux d’investissements et des conventions d’évitement de double imposition ; la suppression des visas déjà acquise pour les Burnabè, les Capverdiens, les Ivoiriens et les Togolais ; des investissements singapouriens qui filent vers les 28 milliards $SGD.

Bref, envoyez un deuxième Sling pour fêter une ville-Etat devenue le principal investisseur africain d’Asie du Sud-Est.

#ASBF2018

Mimmi Tamba, la Casamançaise de Norvège

Mimmi Tamba, la Casamançaise de Norvège, porte la collerette ‘reine Margot’ pour le clip de Money tourné façon ‘Eyes Wide Shut’ chez une bourgeoise dansante et alcoolisée.

Liberté frondeuse de la Mimmi, sa voix ample et facettée, d’une colère passagère, tentation d’abandon amoureux sur un fil fragile et si beau. Elle chante ce week-end à l’Oslo Afro Arts Festival, un chouette événement propulsé par Cecilie Giskemo et Katinka Troye, avec les francophones Marcel Ayivi et Nicole Rafiki. Extra de découvrir au petit bonheur une fille de Ziguinchor (5706 km!) chez les Vikings, du coup prolonger avec Munchmuseet et, début septembre, avec le Nuart Festival de Martyn Reed, le Kilimandjaro des graffeurs en partenariat avec l’Institut francais de Norvège – Centre de cours

Il y’a autant de sur-éduqués dans la population active africaine qu’en Europe et aux États-Unis

Résumé : L’inadéquation professionnelle est un phénomène patent dans les économies occidentales, du fait du fort allongement de la durée des études. L’économie gagnerait en productivité si on améliorait l’adéquation entre les qualifications des travailleurs et les conditions d’embauche, surtout en Afrique Subsaharienne.

La présence d’une main d’œuvre qualifiée est l’une des conditions pour la croissance des entreprises. En Afrique, plus de 200 millions de la population, est âgée de 15 à 24 ans. La moitié d’entre eux n’ont pas de travail mais constitue d’après le BIT[1], la tranche en âge de travailler. Cette extrême jeunesse représente un potentiel mal exploité par les entreprises ; mais aussi une formidable manne de main d’œuvre voire l’avenir du continent, mais sa non-insertion dans la vie économique constitue une bombe à retardement. Dans cette analyse, nous démontrons que l’inadéquation professionnelle permet de comprendre cette situation. Et contrairement à ce qu’on pourrait s’attendre, une étude conjointe de l’AFD/IRD[2] révèle qu’en Afrique Subsaharienne (ASS), le problème c’est qu’il existe un plus grand pourcentage de travailleurs surqualifiés que sous-qualifié.

Peu d’étude sur l’inadéquation professionnelle en Afrique.

Le décalage entre les qualifications des jeunes (18-35ans) et celles requises par leur emploi est devenue un sujet de préoccupation croissant pour les décideurs africains en matière de politiques publiques. Au Cameroun par exemple, un grand nombre de diplômés occupent des emplois qui ne semblent pas leur permettre d’exploiter au mieux leur niveau de qualification. Mais peu d’études, jusque-là, se sont véritablement penchées sur ce problème. Jusqu’ici, les différentes enquêtes disponibles ne permettaient pas d’aborder directement la question de l’inadéquation professionnelle.

On ne trouve aucun exemple d’études sur la sur-éducation hormis les travaux de Oded Stark[3] et Simon Fan[4], qui étudient la surqualification dans les pays en développement comme une résultante des migrations internationales, de Javier Herrera[5] au Pérou et de Esteves et Martins[6] qui étudient les situations de sur-éducation au Brésil.

Autant de sur-éduqué en Afrique qu’aux USA et en Europe.

Philippe De Vreyer, François Roubaud, éditeurs scientifiques d’un très riche ouvrage sur « les marchés urbains du travail en Afrique subsaharienne[7]», ont ainsi pu compiler une base de données individuelles de plus de 100 000 individus enquêtés suivant, une même méthodologie d’enquête, et dans neuf capitales d’Afrique subsaharienne.  Cela permet pour la première fois, d’estimer à grande échelle des normes d’éducation à un niveau précis de nomenclature d’occupation et d’en déduire de manière robuste le niveau et les profils de l’inadéquation professionnelle dans 11 capitales (Cotonou, Ouagadougou, Abidjan, Bamako, Niamey, Dakar     Lomé, Yaoundé,   Douala, Kinshasa et Antananarivo) de 9 pays d’Afrique Subsaharienne (Cameroun, Bénin, Burkina Faso, Cote d’Ivoire, Niger, Sénégal, Togo, République Démocratique du Congo, Madagascar)

Un premier résultat permet de constater que le Cameroun et Madagascar disposent de marchés du travail et de systèmes éducatifs aux caractéristiques très proches de ceux d’Afrique de l’Ouest (ampleur du secteur informel, prédominance des réseaux sociaux dans la recherche de l’emploi, forte précarité des emplois, développement du  système  éducatif, accéléré dans les années 1970-1980, fortes inégalités entre genre, fort sous-emploi des jeunes, etc.).

Un second résultat, plus intéressant, nous permet d’affirmer que le taux de sur-éducation en Afrique est comparable[8] à celui des économies occidentales :

« Dire qu’il y a en proportion autant de sur-éduqués dans la population active africaine qu’en Europe et aux États-Unis peut paraître surprenant, mais signalons à nouveau que le phénomène mesuré ici est relatif aux normes locales : ainsi, même si la sur-éducation est forte en Afrique Subsaharienne, le niveau d’éducation reste bien inférieur à celui des pays développés. »

Figure 1: Résultats comparés des deux indicateurs d’inadéquation professionnelle en ASS (%) @ AFD/IRD

Un échec du système éducatif ?

Cette surqualification constitue d’une part, un échec du système éducatif à doter les jeunes des compétences dont ils ont besoin au niveau professionnel. Les jeunes reçoivent des formations qui ne correspondent pas aux secteurs porteurs, et se retrouvent donc surqualifiés par rapport aux emplois existants. D’autre part, c’est l’expression de l’incapacité des marchés africains du travail à offrir à de nombreux jeunes des emplois adaptés.  Le rôle de tout système éducatif c’est de s’assurer que les compétences acquises soient en adéquation avec celles requises par le marché du travail, afin d’optimiser les investissements en capital humain et promouvoir une croissance soutenue qui ne laisse personne sur le côté.

Comment réduire l’inadéquation professionnelle ?

L’inadéquation professionnelle en ASS pourrait être plus efficacement géré si les caractéristiques du marché du travail étaient mieux intégrées aux processus de planification de l’éducation. Par ailleurs, les entreprises africaines doivent investir davantage dans la formation et le développement des compétences en entreprises afin de renforcer le niveau des employés sous-qualifiés et établir des systèmes de promotion pour donner la possibilité aux surqualifiés de pouvoir pleinement exprimer leur potentiel. Le système éducatif, aussi performant soit-il, ne pourra jamais satisfaire toutes les attentes.

Enfin, les chefs d’entreprises en Afrique doivent adopter davantage de mesures inclusives de promotion du genre. Les femmes sont une autre catégorie de travailleurs surqualifiés, notamment la pression qu’elles subissent pour concilier travail et vie familiale. On a donc une plus forte représentation des femmes dans les emplois atypiques et d’éventuelles discriminations au travail. Les marchés africains produiraient davantage si les compétences des travailleurs surqualifiés étaient pleinement utilisées. Ils seraient plus productifs qu’ils ne le sont présentement si les femmes occupaient des emplois qui s’arriment à leur formation. L’économie gagnerait en productivité si on améliorait l’adéquation entre les qualifications des travailleurs et les conditions d’embauche. Les efforts de tous les acteurs concernés pourraient converger vers l’atteinte de cet objectif.

 

Références:

[1] Bureau International du Travail

[2] AFD : Agence Française de Développement | IRD : Institut de Recherche sur le Développement.

[3] C. Simon Fan et Oded Stark, « International migration and “educated unemployment” », Journal of Development Economics 83, no 1 (2007): 76–87.

[4] Oded Stark et C. Simon Fan, « The analytics of seasonal migration », Economics Letters 94, no 2 (2007): 304–312.

[5] Javier Herrera et al., « Informal sector and informal employment: Overview of data for 11 cities in 10 developing countries », Women in Informal Employment, Globalizing and Organizing, Cambridge, Mass., USA, Working Paper 9, 2012.

[6] Esteves l., Martins P. 2007 – Job-Schooling Mismatches and Wages in Brazil. Queen Mary College, University of London, mimeo.

[7] François ROUBAUD et Philippe DE VREYER, Les marchés urbains du travail en Afrique subsaharienne (IRD Éditions, 2017).

[8] Il nous parait important de signaler que l’informalité est la norme en Afrique Subsaharienne. Un marché du travail qui fonctionne bien n’est pas nécessairement synonyme d’un marché du travail formel. En Afrique subsaharienne, le gros des activités économiques sont informelles, viennent  ensuite  les  emplois  du  secteur  public.

[9] Javier HERRERA et Sébastien MERCERON, 2013, « Sous-emploi et inadéquation professionnelle » dans Philippe De Vreyer et François Roubaud (dir.), Les marchés urbains du travail en Afrique subsaharienne. Marseille/Paris, Institut de recherche pour le développement/Agence française pour le développement : 99-125.

les « Rencontres Africa » le 24 et 25 septembre

Africa 2016
Rencontres Africa 2016

La 3ème édition des Rencontres Africa
se tiendra cette année les 24 et 25 septembre
au Palais des Congrès de Paris

Etre à la hauteur des défis de l’Afrique

Après deux éditions à succès, en France comme en Afrique, Les Rencontres Africa innovent en organisant à Paris une troisième édition enrichie par des opérations sectorielles à haute valeur ajoutée dans le secteur Santé, Agriculture-Agroalimentaire et BTP-Infrastructure.

Les Rencontres Africa ont démontré qu’un nouveau modèle de rencontres entre entreprises françaises et africaines plus inclusives était possible. Après le succès de la première édition en 2016 avec près de 2500 participants puis, pour avoir organisé en 2017, la 1ère manifestation économique africaine dans trois pays durant la même semaine, avec près de 5000 participants cumulés, les Rencontres Africa se sont données un nouveau défi : organiser un évenement opérationnel avec des rencontres sectorielles, pour répondre toujours plus aux attentes des entrepreneurs.

En capitalisant sur son savoir-faire en matière d’organisation de conférences à très haute valeur ajoutée et en améliorant encore la gestion des rendez-vous d’affaires qui a fait la réputation de la manifestation, cette édition 2018 enregistre d’ores et déjà près de 1500 participants.

Pour les rencontres sectorielles SANTÉ, le programme est organisé sous le haut parrainage d’Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé et co-piloté par Nora Berra, ancienne Secrétaire d’Etat chargée de la Santé et par le Docteur Eudes Ménager, président du Club Médical Numérique Francophone et Innovation Santé (C.M.N.F.I.S.). Elle se tiendra en présence de nombreux Ministres africains de la Santé et avec la participation de grands industriels du secteur.

L’opération AGRO/AGRI va se placer à l’écoute des besoins du continent. Elle est soutenue par l’ADEPTA (Association pour le Développement des Echanges internationaux de Produits et Techniques Agroalimentaires ) et accueille plusieurs ministres de l’agriculture africains comme notamment Biendi Maganga Moussavou, Ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, du Gabon.

Par ailleurs, le secteur BTP/Infrastructure disposera également d’un programme sur-mesure, avec entre autre des sessions de networking réservées aux dirigeants français et africains du secteur et, des interventions de donneurs d’ordres comme Monsieur Abdou Karim Fofana, directeur de l’Agence du Patrimoine Bâti de l’Etat du Sénégal.

Outre ses actions sectorielles, les Rencontres Africa accueilleront des entreprises africaines de 30 pays différents, ainsi que 8 pavillons de pays africains créés sous l’égide des organisations patronales, des représentants des secteurs publics, ou de régions africaines. Le système de gestion de rendez-vous qui est au cœur du succès de la manifestation (taux de satisfaction proche de 80%) permet aux participants de planifier leur visite et rencontrer les interlocuteurs qu’ils souhaitent.

Enfin, parce que l’accès au financement est l’un des facteurs essentiels de la croissance africaine, mais également l’une des entraves actuelles au développement économique du continent, un pôle spécifique sera à la disposition de tous les participants pour présenter « en live » vos problématiques et obtenir des réponses personnalisées.

Cette opération créée par des entrepreneurs du secteur privé se veut résolument opérationnelle et pragmatique.

Les Rencontres Africa en chiffres :

2400 participants pour la 1ère édition en 2016 au Conseil Economique, Social et Environnemental de Paris 29 pays africains représentés

Près de 4800 participants cumulés sur l’édition 2017 qui s’est déroulée dans 3 pays d’Afrique (Côte d’Ivoire les 2 et 3 octobre et les 5 et 6 octobre simultanément au Kenya et en Tunisie)

En 2018, sont attendus 1500 dirigeants français et européens 800 décideurs africains de plus de 30 pays

RENCONTRES AFRICA – 24 ET 25 SEPTEMBRE À PARIS – PALAIS DES CONGRÈS

Informations & inscriptions

www.rencontresafrica.org

Les droits fonciers pour le développement

Un village touché par la famine en RDC - Photo prise en drone - Crédit photo Thierry Barbaut - www.barbaut.net
Un village touché par la famine en RDC - Photo prise en drone - Crédit photo Thierry Barbaut - www.barbaut.net

Aujourd’hui, seul 30 % de la population mondiale détient un titre de propriété foncière officiel. Les pauvres et les personnes politiquement marginalisées sont souvent les plus affectés par les risques liés à un régime foncier peu sûr.

Des titres de propriété garantis, dans le cadre d’un régime foncier, sont un luxe le plus souvent hors de portée pour la majorité des personnes pauvres et vulnérables dans le monde. À défaut de remédier à cette situation, il sera impossible d’atteindre les Objectifs de développement durable (ODD).

Un régime foncier détermine qui peut utiliser quelles ressources, pendant combien de temps et dans quelles conditions. Les systèmes fonciers peuvent être basés sur des politiques, des règles et des lois écrites comme sur des pratiques et traditions non écrites. Lorsque ces systèmes sont bien établis, les utilisateurs des terres sont non seulement incités à mettre en œuvre les meilleures pratiques d’exploitation (par exemple en tenant compte des impacts environnementaux), mais également à investir davantage.

L’importance de systèmes fonciers sûrs en termes de développement fait l’objet d’un consensus international. En 2012, le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA), dépendant de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a approuvé les Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers en tant que normes mondiales relatives à cette question.

Ces normes ne sont toutefois pas appliquées assez largement. En fait, 30 pour cent seulement des habitants dans le monde détiennent un titre de propriété foncière officiel, tandis que les personnes pauvres et politiquement marginalisées sont les plus susceptibles de souffrir de l’insécurité des droits de tenure foncière.

En Roumanie par exemple, les Roms vivent plus souvent sans sécurité légale d’occupation foncière que leurs voisins non-Roms. De même, en Asie du Sud-Est, les tribus des montagnes n’ont que rarement des droits fonciers sur les terres autochtones, souvent situées au sein de forêts appartenant à l’État.

Au Zimbabwe, un divorce coutumier peut entraîner l’attribution de l’ensemble des terres et propriétés familiales (et même les enfants) au mari, obligeant l’épouse à retourner auprès de son père ou d’un autre parent mâle. A Sarajevo, des milliers de logements ont été jugés illégaux à cause de plans d’urbanisme obsolètes et de permis de construire manquants, bloquant ainsi l’incorporation des actifs les plus précieux des familles dans l’économie générale.

En freinant la croissance économique, les régimes fonciers défaillants perpétuent la pauvreté et la marginalisation. Le contraire est tout aussi vrai : des droits fonciers établis et dûment appliqués peuvent encourager la croissance, réduire la pauvreté, renforcer le capital humain, promouvoir l’équité économique (et l’égalité des genres) et de manière plus générale, soutenir le progrès social.

De plus, la sécurisation des droits fonciers est indispensable pour atténuer les risques de catastrophe naturelle et s’adapter aux changements climatiques, un impératif urgent à une époque où ces changements climatiques provoquent déjà de nombreuses – et de plus en plus fréquentes – conditions météorologiques extrêmes. Lorsque les catastrophes naturelles déplacent les populations et détruisent leurs foyers, les registres fonciers mis à jour servent de référence en termes de compensation et de reconstruction d’abris et aident les communautés à mieux reconstruire.

Tenant compte de l’importante du rôle de régimes fonciers sécurisés dans la réalisation des ODD, le groupe de la Banque mondiale travaille aujourd’hui avec des pays en développement pour améliorer leurs systèmes fonciers et étendre la portée des droits légalement reconnus et enregistrés. Dans les provinces indonésiennes de Kalimantan et de Sumatra, le groupe a par exemple contribué à promouvoir la normalisation des droits fonciers, en prêtant une attention particulière aux femmes et aux communautés autochtones, tout en définissant les limites des forêts domaniales au moyen d’un processus participatif de délimitation et de cartographie foncières.

Les efforts du groupe de la Banque mondiale ont déjà permis qu’un million d’hectares des territoires ancestraux du Nicaragua – plus de 30 pour cent de la superficie du pays – soient délimités, assortis de titres de propriété et enregistrés, un processus qui a bénéficié à certains des groupes les plus vulnérables du pays. Cette initiative avait également pour but d’améliorer la capacité du Nicaragua à réagir promptement et efficacement aux situations d’urgence.

De nouveaux projets sont en cours de préparation au Mozambique et en Tanzanie afin de donner aux collectivités locales des titres fonciers communautaires qui garantissent la reconnaissance juridique de leurs biens communs, renforçant ainsi la protection et la gestion de ces actifs. Il est prévu que le portefeuille de prêts à l’investissement de la Banque mondiale consacré à l’administration et la sécurisation foncières augmentent de 39 pour cent sur la période 2017-2019.

Ce sont des progrès substantiels. Réaliser les objectifs clés des ODD – qui sont pleinement alignés au double objectif de la Banque mondiale, éliminer l’extrême pauvreté et stimuler une prospérité partagée – nécessitera toutefois un programme d’investissement bien plus important, axé sur le renforcement des droits fonciers dans l’ensemble des pays en développement. A cette fin, le groupe de la Banque mondiale a établi des partenariats aux plans local, national et mondial visant à renforcer les engagements de ces pays et à mobiliser les ressources permettant de réaliser l’objectif ambitieux qui est de régulariser les droits fonciers et patrimoniaux de tous d’ici 2030.

L’occupation des terres est au cœur du développement. La sécurité des droits fonciers est ainsi indispensable pour construire des communautés inclusives, résilientes et durables qui stimuleront le progrès économique et social à long terme.

Un village touché par la famine en RDC - Photo prise en drone - Crédit photo Thierry Barbaut - www.barbaut.net
Un village touché par la famine en RDC – Photo prise en drone – Crédit photo Thierry Barbaut – www.barbaut.net

Ce billet a été publié sur le site Project Syndicate.

Stop à la manipulation de la monnaie

L’invention de la monnaie a permis aux individus de remplacer leur système de troc par celui de l’échange monétaire.

Au lieu d’échanger un bien ou un service contre un autre, la création de la monnaie a permis aux gens d’acheter ce qu’ils voulaient même à crédit. La monnaie est essentiellement un échange de reconnaissances de dettes (I-owe-you token,IOU).

Un peu d’histoire

Une personne détenant des reconnaissances de dette (IOU) possède un crédit, et peut ensuite les échanger contre des biens ou des services au sein de la communauté qui les accepte. La monnaie est donc une obligation contractuelle dans un échange qui peut prendre n’importe quelle forme : marchandises, notes imprimées ou même aux jetons cryptés numériquement, à condition que les gens la reconnaissent et l’acceptent.
Historiquement, les sociétés ont presque tout utilisé comme monnaie. Les produits rares étaient particulièrement prisés dans le passé. Des coquillages, du tabac, du sel, et même des roues géantes en pierre sculptée (sur l’île de Yap) ont été utilisées comme moyens d’échange et d’épargne.

L’or, l’argent et le cuivre ont été largement utilisés pendant des milliers d’années. Le dollar américain était attaché à la valeur de l’or jusque dans les années 1970. Le problème avec l’utilisation des marchandises comme monnaie est que leur valeur n’est pas toujours stable. La valeur du tabac peut exploser dans une sécheresse, et le prix de l’or chuter si un navire espagnol revenait de piller les Aztèques de leurs métaux précieux.

Les gouvernements ont trouvé une solution pour créer une monnaie plus stable en émettant leurs propres billets de reconnaissance de dette et en gérant l’offre pour éviter que sa valeur ne fluctue énormément.

La monnaie fiduciaire est la monnaie à laquelle le gouvernement a attribué un cours légal. Elle n’a aucune valeur intrinsèque et n’est soutenue par aucune marchandise physique, mais les gens l’acceptent comme une reconnaissance de dette parce que son offre est limitée, difficile à contrefaire, durable et échangeable, divisible, stable et facilement reconnaissable. Les monnaies fiduciaires sont créées par décret gouvernemental, mais le gouvernement doit maintenir les caractéristiques susmentionnées d’une bonne monnaie, faute de quoi ses citoyens ne l’accepteront plus comme une reconnaissance de dette.

Quand la monnaie s’effondre

Certains pays ne gèrent pas bien leurs monnaies fiduciaires, et il existe de nombreux exemples historiques d’effondrement des monnaies.

Récemment, le Zimbabwe n’a pas réussi à limiter l’offre de dollars zimbabwéens, poussant l’inflation à plus d’un million de pour cent en 2008 et rendant le dollar zimbabwéen sans aucune valeur. Actuellement, le taux d’inflation du Venezuela avoisine les 20 000% et les gens abandonnent le Bolívar et recourent au troc ou encore utilisent le dollar américain et d’autres devises. Le dollar américain a une histoire plus aboutie et a été relativement stable au cours de la dernière décennie, avec une inflation proche de 2%. La valeur de la monnaie est ni plus ni moins que celle que les gens attribuent à ce qu’ils veulent échanger.

Manipulation de la monnaie par l’Etat

Lorsque les gouvernements contractent ou gonflent la masse monétaire, ils taxent les gens qui la détiennent. Il est donc tentant pour les gouvernements cupides d’augmenter la masse monétaire et de laisser subsister des taux d’inflation élevés. Le gouvernement sud-africain vise à maintenir l’inflation annuelle entre 3% et 6%, beaucoup plus élevé que les objectifs américains et européens de 2%.

Il y a dix ans, le taux de change du Rand était de 7,50 rands contre un dollar américain, alors qu’aujourd’hui le même dollar vaut 12,5 rands. Une inflation élevée rend l’épargne difficile aux Sud-Africains pauvres parce qu’ils ont un accès limité à des comptes d’épargne ou d’investissement, ce qui fait que leurs économies perdent de la valeur. Le gouvernement sud-africain impose également des contrôles de change stricts sur ses citoyens qui essaient d’acheter d’autres devises. Les réglementations de contrôle des changes imposées par la loi limitent la liberté des résidents et des entreprises sud-africains désirant transférer de l’argent à l’étranger. Cela rend le Rand moins négociable, réduit sa liquidité et le rend moins susceptible d’être accepté dans une transaction.

Le gouvernement sud-africain, par exemple, devrait abandonner les contrôles de change coûteux et réviser progressivement à la baisse son objectif d’inflation, augmentant la négociabilité, l’acceptation et la stabilité du Rand.

Il deviendra alors moins contraignant pour les Sud-Africains d’épargner et plus facile pour eux d’être intégrés dans le monde du commerce international. Un Rand robuste permettrait un marché des changes liquide, car la liquidité garantit la qualité de la monnaie. Le Rand pourrait ne pas être en mesure de rivaliser avec les devises réserves mondiales (dollar américain, euro, yuans, yen et livre sterling) qui ont une longue histoire de stabilité et de bonne gestion, mais il est possible de commencer par lui apporter des améliorations immédiatement. Si le Rand maintient les caractéristiques d’une bonne monnaie, il fournira un moyen d’échange généralement accepté, une unité plus fiable pour mesurer le coût des biens et des services, un actif où la valeur peut être stockée à long terme, et un catalyseur pour une stabilité économique et une croissance réelle.

Luke Muller est un économiste indépendant. Article initialement publié en anglais par la Free Market Foundation – Traduction réalisée par Libre Afrique.
Article publié en collaboration avec Libre Afrique.

Cette semaine d’août, en 1791

Cette semaine d’août, en 1791, celle de l’insurrection des esclaves de St-Domingue, devait changer le cours de l’histoire.

Combats vers les abolitions, chemins longs pour que s’affirment les identités. Jusque dans l’assiette ! Quand les graines muscadées du Monodora myristica dites ‘Pèbè’ font une divine soupe préparée par mon ami FATHI COCO REINARHZ à Jobourg, quand Fati NIANG invente l’afro-street-food au cul du camion BlackSpoon, quand Chef Pierre Thiam signe depuis New-York la carte du Nok-by-Alara de Lagos, quand Mutaro Balde fait merveille à Hong-Kong, comme encore Dieuveil Malonga en Allemagne, Marie -Caroline camara à Saint-Louis,  Loic Dablé et Anto Cocagne à Paris, Katlego Mlambo au Cap, une révolution est en marche. Emmenée par l’étoilé Akrame Benallal, couverts dressés à Paris, Bakou, Hong-Kong et Manille. Ce qu’ils affirment : les cuisines d’Afrique ont droit à la liberté comme toutes les autres.

Ambition pionnière donc politique pour tourner le dos de la casserole au folklorisme gros gras assaisonné d’Arôme M., métisser les saveurs d’enfance, ajuster les cuissons à la vie rapide, savoir parler des produits. Décoloniser les papilles.

The Way I Love You d’Aretha

En sortant du métro Southwark avec The Way I Love You d’Aretha, je braque un poulet grillé à la flamme mozambicaine chez Nando’s South Africa, endiablé du piment XX Peri-Peri ‘Œil d’oiseau’ – celui qui grimpe en haut de l’échelle de Scoville-, de quoi tenir sur tapis volant le jour et la nuit.

Samedi, la teuf d’été du Africa Centre Ltd de Londres, sur Great Suffolk, tiendra comme toujours ses promesses. # Ecobank Transnational Incorporated

‘Nigra sum, sed formosa’

‘Nigra sum, sed formosa’, sait-on depuis les temps salomoniens du Cantique des cantiques.

Et portant l’enfant sur les genoux, il y a eu Isis d’Héliopolis bien avant que la Vierge noire à l’Enfant ne fasse les riches heures de l’iconographie chrétienne. L’Assomption, que les orientaux appellent la Dormition, est ainsi définie comme dogme de foi par le Vatican depuis 1950. ርዕሰ አድባራት ቅድስተ ቅዱሳን ድንግል ማሪያም ፅዮን, l’église Sainte-Marie de Sion en Ethiopie, conserve, elle, l’Arche d’Alliance.

D’Aksoum à Soweto en passant par Port-au-Prince et Salvador de Bahia, ces mystères nous dépassent.

Petites IA et grand impact : quand l’intelligence artificielle est mise au...

À l'évocation de l’intelligence artificielle (IA), on pense souvent aux grands modèles de langage qui font les gros titres des médias — des systèmes massifs,...
Perspectives économiques régionales

Quelles sont les perspectives économiques régionales ?

La Banque mondiale publie des projections économiques semestrielles pour chacune des régions du monde en développement : Afrique subsaharienne, Asie de l’Est et Pacifique, Europe...