Niger: Attentats suicides à Agadez et Arlit, le gouvernement dénonce le Mujao, déploiement Français

Attentats dans les villes d’Agadez et Arlit.

mujao-attentatsMise à jour Samedi 25 Mai:

Au lendemain du double attentat au Niger, une opération militaire menée à Agadez, ce vendredi 24 mai dans la matinée, a permis de neutraliser les derniers jihadistes retranchés dans le camp militaire. Un assaut qui a été mené conjointement par des forces françaises et nigériennes, comme le révélait RFI. Le ministre français de la Défense  a confirmé l’information, et expliqué que les forces spéciales françaises ont été engagées « à la demande du président Issoufou ».

L’assaut a été lancé à 6 heures du matin, heure locale. Il a été mené par les militaires nigériens et les forces spéciales françaises, présentes dans la zone depuis le début de l’intervention Serval, en janvier. Dans la nuit du jeudi 23 au vendredi 24 mai, deux fortes explosions ont été entendues dans le camp d’Agadez.

Karidjo Mahamadou, le ministre nigérien de la Défense, affirme que deux jihadistes étaient retranchés depuis jeudi dans un dortoir du camp militaire. Dans un entretien accordé à RFI ce vendredi 24 mai en milieu de journée, Karidjo Mahamadou a également confirmé la présence de forces spéciales françaises lors de l’opération.

Dix jihadistes tués à Arlit et Agadez

« Tout est terminé à Agadez. Tout est calme. La situation est maitrisée », a affirmé Karidjo Mahamadou, qui a tenu à clarifier certaines informations circulant sur la situation à Agadez : « Depuis hier, les gens parlaient de prise d’otages. Il n’y avait pas d’otage. Il y avait des jihadistes retranchés dans un dortoir, qui ont abattu deux occupants de ce dortoir. Ce sont ces jihadistes-là qui ont été traqués, qui ont voulu fuir, et ils ont été neutralisés. Deux ont été abattus ce matin. »

« Je confirme », a sobrement répondu Karidjo Mahamadou, alors qu’il était interrogé sur la présence de forces spéciales françaises aux côtés des soldats nigériens lors de l’assaut. Le ministre nigérien est également revenu sur le bilan de l’opération. « Nous avons dix jihadistes qui ont été tués, sur Arlit et Agadez. Deux à Arlit, et huit à Agadez ». Tous les jihadistes tués étaient porteurs de « ceintures bourrées d’explosifs qu’ils étaient sur le point d’activer ». Mais « ils ont pu être abattus, la menace est jugulée », a conclu le ministre.

La France veut éviter une propagation du risque jihadiste

Habituellement peu bavarde sur les missions des forces spéciales, les autorités françaises ont également confirmé leur participation à l’assaut de ce vendredi matin. C’est le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui a fait cette annonce. « A l’heure où je vous parle, la situation est stabilisée, en particulier à Agadez, où nos forces spéciales sont intervenues en soutien des forces nigériennes à la demande du président Issoufou. Et cela a permis d’aboutir à une stabilisation de la situation », a déclaré Jean-Yves Le Drian.

« Le président de la République (française, ndlr), l’a rappelé : il importe aussi d’avoir une bonne coordination avec les pays voisins, comme le Niger, et les autres, pour progressivement instaurer une sécurité dans le Sahel qui est une zone d’instabilité », a insisté le ministre français de la Défense. « L’objectif était que le Mali devienne un sanctuaire terroriste, ça ne le sera pas. Il faut maintenant éviter qu’il y ait, soit au nord Niger, soit dans une partie du Tchad des risques identiques », a-t-il prévenu.

La katiba de Belmokhtar revendique le double attentat

Revendiquées dans un premier temps par le Mujao, ces attaques auraient également été menées par des combattants de la Katiba de Mokhtar Belmokhtar. C’est ce qu’affirme le porte-parole de son groupe, baptisé « les signataires par le sang » dans un communiqué.  « C’est Belmokhtar qui a supervisé lui-même les plans d’opérations », ajoute le porte-parole. Mais si cette Katiba annonce que de nouvelles attaques terroristes sont prévues au Niger, Mokhtar Belmokhtar, annoncé mort par le Tchad en mars lors des affrontements dans le nord du Mali, reste depuis invisible.

Selon une information Info Afrique, deux véhicules piégés ont explosé ce jeudi matin à Agadez, la principale ville du nord du Niger.
Le premier se trouvait devant le principal camp militaire d’Agadez et le second devant une mine de la Somaïr, société minière nationale, à Arlit. des échanges de tirs, terminés à présent, ont eu lieu après les explosions.
L’armée ratisse la région tandis que le gouvernement accuse le Mujao, groupe jihadiste malien. Aucun bilan n’est disponible pour l’instant.
La France a condamné aujourd’hui les attentats perpétrés dans le nord du Niger contre un camp militaire à Agadez et un site du groupe nucléaire français Areva à Arlit, faisant état de personnes tuées.”La France condamne avec la plus grande fermeté les attentats qui ont visé ce matin l’armée nigérienne à Agadez et un site minier exploité par une entreprise française à Arlit”, a déclaré le porte-parole du Quai d’Orsay Philippe Lalliot en présentant ses condoléances “aux familles des personnes décédées”.La France se dit par ailleurs prête à apporter au Niger tout le soutien dont il pourrait avoir besoin, a déclaré Laurent Fabius

Dans un message à son homologue nigérien, le ministre français des Affaires étrangères “a exprimé la pleine solidarité de la France avec les autorités nigériennes dans la lutte contre les groupes terroristes”, explique son ministère dans un communiqué. “Il l’a assuré que nous étions prêts à leur apporter toute l’assistance qu’elles souhaiteraient.”

Selon des sources militaires au Niger, plusieurs soldats ont été tués lors d’une confrontation armée avec des activistes islamistes après un attentat suicide sur une base à Agadez, dans le nord du pays. Le groupe nucléaire français Areva a pour sa part annoncé que 13 de ses employés avaient été blessés lors de l’attaque de la mine d’uranium de Somaïr, dans le nord du pays, sans préciser leur état médical.

Le ministère français des Affaires étrangères appelle les Français au Niger “à suivre scrupuleusement les consignes de prudence qui leur sont passées”.

Thierry Barbaut