La dynamique En Marche en Afrique

Pourquoi la dynamique En Marche en Afrique est exceptionnelle ?

Interview Info Afrique

Hamza HRAOUI, fondateur d’En Marche au Maroc, revient sur cette montée en puissance qui touche également des pays d’Afrique de l’Ouest comme le Sénégal et la Côte d’Ivoire, en 3 questions.

 

Thierry Barbaut : Hamza Hraoui, pourquoi et quand avez-vous créé une antenne d’En Marche au Maroc ?

Pour deux raisons principales et je les ai rappelées dès le début de mon engagement : D’abord parce que j’aime la France. J’aime ce pays et comme tout Marocain, nous avons des attaches avec la France. Des liens culturels, affectifs, et historiques. Et pour ces raisons, je voulais qu’une nouvelle force progressiste, émerge pour bousculer le champ politique français et donner de l’espérance aux Français, plutôt que de laisser la voie libre à l’extrême droite, qui est aux aguets.

D’autre part, parce que j’avais une intime conviction, selon laquelle, les peuples ont des aspirations démocratiques communes, j’avais compris que les partis traditionnels, lieux d’engagement sociétal conventionnels, sont à bout de souffle, et qu’il fallait absolument réinventer la façon de faire la politique.

Emmanuel Macron et Hamza Hraoui fondateur d'En Marche au Maroc
Emmanuel Macron et Hamza Hraoui fondateur d’En Marche au Maroc

Cette vague de défiance se traduit concrètement : On l’a vu avec l’élection de Trump, le brexit ou encore la montée du populisme et des extrêmes partout dans le monde. Et pour cela, En Marche est un formidable laboratoire politique. Je voulais voir de près, comment donner envie de politique, comment rassembler des compétences, généralement désintéressés par la politique mais profondément progressistes, pour avoir de l’impact positif sur la société, et surtout, comment ‘’disrupter la politique’’. Car encore une fois, les partis issus de la secondes guerre mondiale, ce véhicule là, est totalement désuet.

Alors en mars 2016, j’ai pris contact avec les premiers bénévoles d’En Marche, et en août de la même année, je les ai rencontrées à Paris pour leur présenter la stratégie et la feuille de route d’En Marche Maroc.

 

Thierry Barbaut : On parle aujourd’hui de plus de 300 adhérents au Maroc, et des milliers de sympathisants, comment expliquer vous cet engouement ?

On le dira jamais assez, la rupture entres les élites politiques traditionnelles et les citoyens est consommée. Ce que nous observons aujourd’hui dans les réunions de comités, c’est une envie et une énergie, souvent frustrées par cette crise de confiance, de gens qui veulent transformer véritablement la politique française.

D’ailleurs, j’aimerai saluer tous les animateurs de comités locaux, car ce sont eux qui font En Marche Maroc : A Casablanca, Marrakech, Tanger, Agadir, Rabat … ils font un travail exceptionnel et si le nombre d’adhérents ne cesse de croître, c’est d’abord grâce aux comités locaux.

 

Thierry Barbaut : Et l’Afrique dans tout cela ? Les médias évoquent une réelle percée pour En Marche ?

Et je ne vous cache pas que cela nous surprend aussi !

En Marche Maroc est en étroite relation avec les comités sénégalais et ivoiriens par exemple. Je me rends souvent dans ces pays et les liens sont permanents. Nous voulons partager nos modes de mobilisations, faire modèle pour d’autres pays d’Afrique de l’Ouest afin d’engager le plus grand nombre de français résidents ou de binationaux.

En 6 mois, nous avons réalisé ce que d’autres antennes d’autres partis politiques français, installées dans ces pays depuis des décennies, n’ont pu accomplir. Presque chaque semaine, dans plusieurs villes africaines, de Marrakech à Abidjan en passant par Dakar nous nous réunissons pour parler de sujets précis qui touchent non seulement la vie des français installés en Afrique mais aussi et surtout, la relation de la France avec le continent.

Nous militons pour changer totalement de paradigme de la collaboration entre l’Afrique et la France. En Marche permet justement de réinventer la politique internationale française, car la France ne peut rayonner qu’en se projetant, en s’ouvrant au Sud. La France a par exemple beaucoup à apprendre du Maroc, pays francophone, qui a mis l’Afrique, au cœur de sa diplomatie économique et culturelle, avec une approche profondément humble.  

Ce qui nous conforte également dans notre démarche citoyenne, c’est le soutien et l’intérêt des ressortissants de ces pays, qu’ils soient Marocains, Tunisiens, ou Sénégalais à En Marche. Ils s’identifient spontanément à cette nouvelle façon de s’engager. Ce qui est par ailleurs, très instructif sur la place de la France dans cette partie d’Afrique.

L’impact de l’actualité française qu’elle soit, économique ou politique, sur ces pays du Sud de la Méditerranée est palpable, alors nous faisons en sorte qu’il soit positif et porteur d’espoir.