Un Contrat pour la Baisse des Prix et le Soutien du Pouvoir d’Achat

L’État gabonais, représenté par le ministre de l’Economie, de l’Emploi et du Développement durable, les opérateurs économiques de la filière agro-alimentaire et les associations de consommateurs ont signé mardi 6 novembre un protocole d’accord en faveur d’une « baisse significative des prix publics ». Les signataires s’engagent à se réunir deux fois par mois au sein d’une commission de suivi des mesures prises pour améliorer le pouvoir d’achat des Gabonais. 

Marges plafonnées

En contrepartie des mesures gouvernementales de lutte contre la vie chère impactant certaines familles de produits (Viande, Volaille, Poisson, Conserves de poisson, Produits laitiers, Fruits et Légumes, Légumes en boite, Pâtes alimentaires, Riz), les opérateurs économiques s’engagent à observer scrupuleusement les prix des produits concernés et, le cas échéant, à faire jouer la concurrence en dessous des niveaux fixés. Ils s’engagent également à respecter le plafonnement du niveau de leurs marges, fixé à 24,5% et décomposé comme suit : importateurs 7,5% – demi-grossistes 5% – détaillants 12%.

Information des consommateurs

Afin de garantir la transparence, les opérateurs s’engagent à respecter les règles relatives à l’information du consommateur sur l’origine des produits, les prix pratiqués et les conditions générales de vente. Dans les jours suivant cette signature, des dispositifs d’affichage signalétique seront proposés aux commerçants dans l’objectif de faciliter l’identification des produits concernés par le consommateur. Un « label du civisme commercial » récompensera les opérateurs ayant honoré leurs engagements. De leur côté, les associations de consommateurs s’engagent à signaler aux services de la concurrence les manquements éventuellement relevés.

Impact sur le pouvoir d’achat des Gabonais

Le protocole d’accord donne suite aux discussions menées entre les pouvoirs publics et les opérateurs économiques – concertation à laquelle les associations de consommateur avaient pris part. Il s’agit, par la signature de cet accord, de s’assurer de l’impact de la mesure gouvernementale sur le consommateur. L’État gabonais avait pris une mesure du même type en 2008 qui, en l’absence de dispositif de contrôle, avait permis aux commerçants d’accroître leurs marges, empêchant tout effet sur le panier de la ménagère. Aujourd’hui, le chef de l’État entend bien s’assurer de l’impact positif de la mesure sur le coût de la vie.

Des signataires représentatifs

Dans un souci d’action inclusive et de large représentativité sectorielle, le ministère de l’Economie a tenu à inviter à la cérémonie de signature les organisations et syndicats suivants : CPG, SYMPEX, SIPAGEL, CEDICOM, SAN GEL, GADICOM, SUPERGEL, Mutuelle des commerçants du Gabon, Syndicat national des commerçants du Gabon, organisation des commerçants mauritaniens, syndicat des commerçants de l’Estuaire, syndicat national des commerçants, SOS Consommateurs, Organisation gabonaise des consommateurs.

Des mesures concrètes contre la vie chère

Les coûts supportés par l’État gabonais, de l’ordre de 11 milliards de FCFA, constituent une aide aux opérateurs qui ont pour obligation de répercuter ce gain sur les prix : il s’agit donc d’une subvention indirecte au consommateur de l’ordre de 2,75 milliards FCFA par mois. Cette mesure s’inscrit dans un corpus d’actions convergentes tourné vers un seul et même objectif : faire la guerre à la vie chère. Pour le ministre Luc Oyoubi, « ce sont 11 milliards pour le pouvoir d’achat, 11 milliards qui doivent aller chez les consommateurs ».

Pour rappel :

* L’État a signé le 15 aout dernier, deux arrêtés gouvernementaux qui mettent en place un plafonnement des prix de 64 produits de consommation courante.

* Le Gouvernement a maintenu la subvention sur le prix de la farine pour éviter l’envolée des prix des produits tels que le pain. À cet égard, plus de cinq milliards quatre cent millions de francs CFA ont été alloués en 2011, pour six milliards trois cent millions de francs CFA attendus pour cette année, à la SMAG. Soit près de douze milliards de francs CFA en deux ans.

* Un mécanisme de compensation a été mis en œuvre pour assurer au consommateur un prix raisonnable des produits tels que le riz blanc ou les produits laitiers. Le coût de cette mesure est évalué à près de 37 milliards de FCFA depuis sa mise en œuvre.

* Un taux de TVA réduit à 10 % a été appliqué sur de nombreux produits, en particulier le carburant destiné à la pêche. Ce qui revient à subventionner le gasoil à concurrence de deux milliards et demi de francs CFA par an.

Une réduction de 15 % de la contribution spéciale sur le mètre cube d’eau, la réduction de 2,5% de la contribution spéciale sur le kilowatt/heure d’électricité, la réduction du prix du gaz butane à 5450 FCFA et la réduction de la redevance compteur sur les factures de consommation d’électricité.

Source : COCOM

De notre correspondant au Gabon, Fabrice MIKOMBA

 

 

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