Lionel Messi est le Ballon d’or 2012 ! Et de 4…

Vainqueur de son quatrième Ballon d’Or lundi à Zurich, Lionel Messi laisse derrière lui Johan Cruyff, Michel Platini et Marco Van Basten. L’Argentin du FC Barcelone est désormais seul recordman en la matière.

 

Messi-ballon_or_2012Lionel Messi est grand. C’est même le plus grand. En dépit de son mètre 69, le gamin de Rosario est devenu lundi à Zurich le plus grand joueur de tous les temps, sous les yeux de Gérard Depardieu invité de Sepp Blatter. Du moins en termes de récompenses individuelles.

Après 2009, 2010 et 2011, la star du FC Barcelone a conquis haut la main son quatrième Ballon d’Or d’affilée aux dépens de son coéquipier Andrés Iniesta, pourtant auteur d’un triplé historique (Euro-Coupe du monde-Euro) avec l’Espagne, et de son rival madrilène Cristiano Ronaldo (63 buts, 10 passes, champion d’Espagne, demi-finaliste de l’Euro). Iniesta, toujours placé, jamais gagnant qui confiait dans les colonnes d’El Pais : «Il n’y a pas besoin d’un prix pour savoir si tu fais les choses bien ou mal. Je n’ai pas besoin d’être reconnu spécialement par un prix.»

 Messi, Messi, Messi, Messi. Quatre Ballon d’Or à la suite. Du jamais vu dans l’histoire du trophée créé en 1956. Quatre tout court non plus d’ailleurs. Les légendes Johan Cruyff (1971, 1973, 1974), Michel Platini (1983, 1984, 1985) et Marco Van Basten (1988, 1989, 1992) s’étant toutes arrêtées à trois. L’année écoulée n’a pourtant pas été couronnée d’autant de succès collectifs que les précédentes (une Coupe du Roi).

Détrôné par le Real de Cristiano Ronaldo après trois ans de règne en Liga, le « roi Leo » a également perdu son titre en Ligue des champions, éliminé en demi-finales par Chelsea, futur vainqueur de l’épreuve. Ce soir-là, son pied gauche magique avait même failli au moment de transformer un penalty qui aurait pu tout changer. Et le lauréat de reconnaître : «Je ne crois pas que ça ait été ma meilleure année parce que – et je le dis toujours – le plus important est de gagner des titres avec l’équipe, et on a eu (au FC Barcelone) de meilleures années.»

Mais ces échecs n’ont pas pesé bien lourd face aux multiples records qu’il a fait tomber. « Pichichi » de Liga avec le total encore jamais atteint de 50 buts, meilleur buteur de la Ligue des champions pour la quatrième année consécutive avec, là encore, un chiffre inédit (14 buts, dont un quintuplé contre le Bayer Leverkusen, une première), meilleur buteur de la sélection argentine sur une année civile (12 buts, comme Gabriel Batistuta en 1998), celui qui est également devenu le meilleur réalisateur de l’histoire du Barça en matches officiels (289 buts en 356 matches à ce jour) devant Cesar Rodriguez (232 buts entre 1942 et 1955) a repoussé encore plus loin les limites du possible.

Au point d’effacer des tablettes le record de buts sur une année civile de Gerd Müller (85 buts en 1972), qui semblait hors de portée. Au total, la « Puce » a bondi 91 fois en 72 matches (1,31 but par match !). Il a aussi délivré 22 passes décisives, rappelant au passage qu’il n’était pas qu’un attaquant égoïste. Et si quelques contestations ont fleuri ici ou là, en provenance de Zambie notamment, celles-ci n’ont guère entravé sa marche vers les sommets. Là-haut. Tout là-haut, où le nouveau papa est désormais seul. A 25 ans. De quoi observer avec distance et mesure le duel face à Ronaldo, lui qui n’a pas glissé le Portugais dans ses trois choix lors de son vote, préférant donner ses voix à Xavi, Iniesta et Sergio Agüero : «Nous ne sommes pas l’un contre l’autre. Moi je fais tout simplement tout ce que je peux pour aider mon équipe et ma sélection.»

Messi, un destin en or, unanimement salué. «Messi resterait le meilleur même sans Xavi et Iniesta. Si Messi se mettait à jouer dans la rue, il les dribblerait tous», a ainsi expliqué Vicente Del Bosque, le sélectionneur espagnol dans les colonnes du journal El Pais. Messi a, de façon anecdotique commencé 2013 comme il avait terminé 2012 : en marquant. En l’occurrence sur penalty à l’occasion du large succès du FC Barcelone, toujours leader qui a étrillé dimanche l’Espanyol (4-0) à domicile.

Thierry Barbaut
Avec Sport24.fr