La France en Guerre ? Terroristes et nouvelles technologies

L’utilisation massive des NTIC permet au monde moderne l’accès aux technologies de l’information et sa démocratisation.

Les terroristes les utilisent massivement…

Tout le monde utilise le téléphone et la communication s’en trouve exacerbé. Hélas celle-ci est aussi utilisée par les groupes terroristes.

J’évoquais l’utilisation de la communication et des systèmes comme Tor permettant de communiquer anonymement sur le net dans mon article sur AfriqueTechnologie.com en 2014 ou je mettais en avant comment les cellules terroristes utilisent incroyablement bien les nouvelles technologies.

Aujourd’hui les conflits sont tous de type “terroriste”, pourquoi ?

– Ce type de combat est le plus efficace et le moins couteux. Envoyer des personnes quasi anonymes se faire exploser ou tirer dans la foule ne coute que de l’explosif artisanal et un fusil d’assaut Kalachnikov, soit moins de 2 000 euros. L’effet est donc énorme avec une organisation éloignée et des combattants isolés qui sont managés à distance par un réseau solide et puissant. La aussi Internet joue un rôle considérable.

– Le mot terrorisme provient de “terreur” et cette terreur est bien plus efficace qu’une attaque de front d’une région par une armée. Celle-ci est souvent moins médiatique et disparait ensuite des mémoires.

– Un simple attentat, même manqué comme celui du TGV en France, attise la peur, et le développement d’infrastructures de sécurité. Cela met donc la cible dans une situation complexe qui l’oblige à se remettre en question afin de protéger une population qui ne comprend pas ce qu’il se passe. Il est donc possible en touchant 50 personnes de semer la terreur à des millions…

– Les actes terroristes en synergie avec l’affaiblissement économique: magasins fermés, déploiement de l’armée, sécurisation des bâtiments, les couts sont colossaux et les plans vigipirate coutent des milliards. C’est ainsi que les groupes terroristes détruisent des pans entiers de l’économie d’un pays.

Le plus grand drame est que c’est une guerre impossible à gagner.

J’avais vu la Somalie s’enfoncer dans ce système en 1990 et le pays est aujourd’hui 25 ans plus tard, en lambeaux. Ni les pays voisins, ni la force Africaine, ni les USA n’ont permis de rétablir la paix et aujourd’hui c’est le nord du Kenya qui est touché. Il est donc possible de parler de propagation internationale.

N’oublions pas les 147 jeunes étudiants de l’université de Garissa massacrés en 2014 par les Shebabs. Ou les 1 500 enfants détenus par Boko Haram au Nigeria…

Aucun pays n’a réussi à endiguer le fléau du terrorisme actuellement. Beaucoup le combatte mais souvent dans l’isolement et la discrétion ce qui ne favorise pas l’expertise de lutte contre ces réseaux…

Des nouvelles armes : les réseaux sociaux remplacent les combats

La puissance de communication sur Internet, sur les réseaux sociaux et en télévision est impressionnante. Que ce soit Daesh ou Jund Al Kalifat force est de constater qu’ils disposent de relais Internet puissants, de moyens satellitaires importants et d’un véritable armée de followers qui permettent de toucher une cible estimé aujourd’hui à 1 milliards d’internaute dans le monde. Un impact jamais vu dans des décennies de conflits mondiaux.

“Plus de post sur les réseaux sociaux, Facebook, Twitter ou Snapshat sont publiés sur un conflit terroriste que de balles sont tirés. Nous sommes dans un nouveau type de conflit terroriste qui allie communication, Internet et économie” Thierry Barbaut – Info Afrique

Régulièrement les consoles de jeux sont évoqués dans l’utilisation des planifications des attentats. En fait ce sont plus les jeux en réseaux que les terroristes utilisent afin de communiquer avec des profils de joueurs qui se confondent avec des millions d’autres sur la toile. Worl Of Warcraft est un des jeux le plus utilisé au monde avec plus de 25 millions d’utilisateurs.

Comment lutter contre ces conflits ?

Comme l’indique M. De Villepin dans cette vidéo il est quasiment impossible de battre le terrorisme… Néanmoins il est possible de contrecarrer la communication qui est faite avec par exemple le clip de l’état Français contre le recrutement de combattants en Syrie.

Il faut aussi soutenir les populations qui sont prises en étau dans les régions ou sévissent les groupes terroristes: Soudan, nord du Nigeria avec Boko Haram, Lybie avec une véritable guerre civile, nord Mali, sud Algérie, Kivu en RDC ou le viol comme arme de guerre est massivement utilisé depuis plus de 15 ans, Syrie avec les réfugiés et les populations des villes assiégés et Somalie ou le mot “Somalisation” est même devenue une triste référence.

A noter dans ce dernier cas que deux type de conflits terroristes prédominent: les actes s’apparentant à une guerre civile à Mogadiscio et dans le reste du pays avec une destruction des institutions étatiques et des actes de piraterie maritime désormais célèbre avec une force tentant d’enrayer la propagation de la zone vers le canal de Suez qui à été élargi récemment.

“Le terrorisme est l’emploi de la terreur à des fins politiques, religieuses, idéologiques ou crapuleuses”. Indique Wikipédia

Guerre terroriste et économique

L’objectif des terroristes et de déstabiliser les pays Européens ou les états “cible”: Nigeria, Somalie, Kenya etc…

En effet ces états Africains par exemple représente des pays affichant des croissance de plus de 10 point de PIB, exemple avec le Kenya nouveau HUB des nouvelles technologies en Afrique et le Nigeria qui construit plus de 1 000 kilomètres de voies ferrés à haute vitesse et deux centrales nucléaires.

Les pays en croissance en Afrique vont devoir se fournir en énergie pour assurer la croissance, le développement et les 2 milliards d’habitants de 2050. Ce ne sera donc peut-être pas la France qui exploitera l’uranium du Niger mais le Nigeria ! C’est dans ce cadre que les groupes terroristes souhaitent bloquer les accès comme le fait Boko Haram dans le passage Tchad – Niger – Cameroun – Nigeria.

État d’urgence au Tchad…

En bloquant ces accès le groupe terroriste rackette des millions de transactions et s’impose comme un réseau puissant véhiculant des millions d’euros. Chaque état comme le Niger ou récemment le Tchad qui intervient militairement est immédiatement frappé par des attentats de kamikazes. Le Tchad à aussi décrété l’état d’urgence.

Quelles solutions pour combattre le terrorisme ?

Des états se “surprotègent” comme Israël, mais avec les résultats que nous connaissons, et donc mitigés.

Un cas à part me semble être le Maroc. Ce pays à été durement frappé en 2006 par les attaques de Casablanca puis de la célèbre places Djema El Fna avec des attaques à la bombe.
Le Maroc à mis en place un système de surveillance populaire qui permet à tous les citoyens d’observer et de rendre compte des faits suspects. Cela porte clairement ses fruits avec une baisse constante des attentats et surtout un démantèlement efficace et récurent des cellules terroristes.
Une piste à suivre mais qui semble difficile à mettre en place en France ou ce procédé est compris comme de la délation.

Un contrôle des réseau Internet semble inefficace tant la toile semble aujourd’hui incontrôlable et les terroristes disposent d’expert répartis mondialement et donc insaisissables…

C’est donc dans et avec les pays et au cœur des populations qu’il faut communiquer pour éclairer sur les réseaux mais aussi permettre à l’aide au développement d’aider ces communautés, ces pays, à se structurer afin de vivre mieux.

C’est un travail que font actuellement des milliers d’ONG avec lesquelles il faudrait peut-être envisager un partenariat avec des structures fédérant des pays et communiquant ainsi de manière plus puissante et ensemble. L’ONU la MONUSCO ? L’EUFOR ?

Il semble hélas clair que nous sommes menacés depuis longtemps. Nous en avons juste une terrible preuve avec les attentats du 13 Novembre à Paris. Mais nous avions eu à de nombreuses reprises des attaques et systématiquement des menaces précises.

Nous allons devoir nous habituer à vivre ainsi tout en tentant de combattre ce fléau avec l’aide de tous et surtout en restant unis.