Mali: Soupçons de violences ethniques du MNLA envers les non Touaregs à Kidal

Le gouvernement malien accuse les séparatistes Touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) de procéder à des arrestations et des violences à visée ethnique à l’encontre des non Touaregs et particulièrement à Kidal.

Les autorités ont averti que l’armée régulière pénètrerait dans la localité avant la présidentielle du 30 juillet, censée conclure le retour à un régime civil après le coup d’Etat militaire d’avril 2012.

mnla-kidal-info-afriqueCes tensions risquent de retourner l’opinion publique malienne contre Paris, salué pour avoir libéré le nord du pays après neuf mois d’occupation islamiste, mais de plus en plus critiquée pour avoir permis aux séparatistes de conserver leur emprise sur cette ville du désert.

“S’il s’avère que des personnes sont bel et bien visées en raison de leur appartenance et sont persécutées (…), il s’agit d’épuration raciale”, a déclaré un porte-parole du gouvernement lors d’une conférence de presse, faisant état d’informations en ce sens. “La présence de l’armée malienne dans Kidal n’est pas négociable”, a-t-il ajouté. Dimanche, le colonel Souleymane Maiga, porte-parole de l’armée malienne, déclarait que les violences visaient essentiellement des Peuls, des Bellas et des Songhais. Certains ont été arrêtés et accusés d’intelligence avec l’armée malienne.

DÉMENTI DU MNLA

Un habitant de Kidal qui s’exprimait sous le couvert de l’anonymat a déclaré à Reuters dimanche que des combattants du MNLA écumaient les rues de la ville en sommant les personnes originaires du Sud de quitter la ville. “Les magasins sont fermés. Nous sommes prêts à partir pour Gao quand le calme reviendra”, a affirmé ce témoin par téléphone.

La France a condamné lundi ces violences, déclarant également avoir reçu des informations évoquant des agressions ciblées et des arrestations fondées sur la couleur de la peau des personnes. Un porte-parole du MNLA à Paris a démenti. Le gouvernement, a-t-il affirmé, cherche à mettre de l’huile sur le feu en recourant à un vocabulaire dangereux. “Nous avons arrêté une dizaine de personnes qui se sont avérés être des soldats maliens envoyés pour nous espionner”, a dit ce porte-parole. “Ils sont considérés comme des prisonniers de guerre et soumis à des interrogatoires. Les civils qui ont été emmenés lors de l’opération ont été remis en liberté”.

Le MNLA rejette les appels de Bamako à déposer les armes. Il assure qu’il résistera à toute tentative de l’armée malienne pour reprendre Kidal, mais se dit ouvert à des négociations avec le gouvernement si le droit du nord du Mali à l’autodétermination est reconnu.

Thierry Barbaut