Promouvoir une énergie solaire hors réseau et aux mini-réseaux

Près de 100 000 habitants de neuf régions du Ghana ont bénéficié du développement de solutions d’énergie solaire, dont 18 585 élèves dans des territoires isolés, tandis que des dispensaires ruraux étaient dotés de solutions énergétiques qui ont eu pour effet de diminuer le recours aux combustibles fossiles (kérosène, bois de chauffage…) et d’ouvrir la voie à une économie moins intensive en carbone. Avec la Banque mondiale.

Défi

Les zones rurales du Ghana pâtissent d’un manque d’accès à l’électricité en raison de leur éloignement géographique, des coûts élevés du raccordement au réseau, de la faible capacité des populations à payer pour ces services et d’un accès limité aux fournisseurs de solutions d’énergie renouvelable.

Démarche

Pour surmonter ces difficultés, le Projet de mise en valeur et de promotion de l’accès à l’énergie (GEDAP) a passé en revue différentes technologies durables et bon marché, comme les mini-centrales hydroélectriques et les éoliennes. Ces pistes ont par la suite été abandonnées au profit du solaire, une énergie abordable et résiliente qui offre des économies d’échelle et une simplicité d’entretien. Le projet a ensuite accompagné l’élaboration d’un nouveau cadre juridique et réglementaire pour les énergies renouvelables et s’est attaché à stimuler la création d’un marché local de prestataires de services et à élargir l’accès aux financements par le biais d’acteurs financiers locaux.

La promulgation de la loi sur les énergies renouvelables a favorisé les activités d’autres donateurs désormais activement engagés dans ce secteur. Les subventions à la production destinées aux ménages défavorisés ont fourni un capital adéquat et ciblé, et permis ainsi de régler les problèmes de capacité financière. Pour s’adapter à ces changements, la Banque mondiale a fait preuve de souplesse en restructurant à plusieurs reprises les composantes du projet financées par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et par le Partenariat mondial pour l’aide basée sur les résultats (GPOBA), afin de prendre en compte les enseignements tirés au cours de sa mise en œuvre et de répondre aux attentes/besoins des bénéficiaires. Afin d’alimenter en électricité les populations enclavées des îles créées par le lac et le fleuve Volta, le GEDAP a également financé l’installation sans précédent de cinq mini-réseaux pilotes fonctionnant à l’énergie solaire et pourvus de compteurs à prépaiement.

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Photo: John Deyegbe/Resolution Ltd.

Résultats

Près de 10 000 Ghanéens bénéficient aujourd’hui d’un accès continu à l’électricité grâce à l’installation des cinq mini-réseaux pilotes. Commandé en novembre 2017 par le ministère de l’Énergie, ce projet, qui a amélioré les moyens de subsistance des communautés de pêcheurs, offre également d’autres usages productifs (éclairage public, création de petites entreprises, éclairage des écoles…).

Contribution du Groupe de la Banque mondiale

À ce jour, l’appui de l’IDA au GEDAP s’élève à 220 millions de dollars, auxquels s’ajoute un financement de 5,5 millions de dollars émanant du FEM destiné à développer le marché des énergies renouvelables et à faire en sorte que les plus pauvres bénéficient plus particulièrement du programme. Le GPOBA apporte par ailleurs une subvention supplémentaire de 4,55 millions de dollars. Le GEDAP a coordonné l’ensemble des activités liées à l’exécution du projet avec la totalité des acteurs — banques rurales, collectivités rurales et revendeurs de produits d’énergie renouvelable — et l’ensemble de la structure de gouvernance pour l’adoption d’un appareil législatif adéquat.

Partenaires

Le programme a noué des liens étroits avec d’autres donateurs, en particulier avec les organimes des Nations Unies, afin profiter des enseignements tirés des activités qu’ils pilotent dans le but de concevoir des solutions durables. Le projet est par ailleurs cofinancé par le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) de la Confédération suisse et la Banque africaine de développement (BAD).

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Des habitants d’Agyakorpe regardent la télévision grâce à l’énergie solaire. Photo : Kennedy Fosu/Banque mondiale

 

Perspectives

Le GEDAP s’est attaché à prendre des mesures supplémentaires pour veiller à ce que le nouveau cadre légal et réglementaire soit propice à l’essor du secteur des énergies renouvelables, encore naissant. Le système mis en place dans le cadre du programme est aujourd’hui utile à d’autres donateurs, comme le SECO et la BAD, qui entreprennent des programmes relatifs à l’accès à l’électricité et au développement des énergies renouvelables. À l’avenir, les enseignements que les revendeurs, le système financier et, surtout, la population tireront de cette initiative inciteront le secteur privé à renforcer et accroître sa participation dans cette filière. L’IDA prépare actuellement un nouveau prêt d’assistance technique en appui aux dispositions favorisant la viabilité financière des mini-réseaux, avec le concours du ministère de l’Énergie, de la Commission de l’énergie et de la Commission de réglementation des services publics.

Bénéficiaires

Grâce au mini-réseau, Agatha Abotchie, une couturière de l’île d’Aglakope sur le lac Volta, peut désormais travailler le soir. Aujourd’hui, elle peut exercer son activité en soirée et se servir d’un fer à repasser électrique pour offrir à ses clients un travail soigné et présentable. Elle a pour projet d’acheter un moteur d’appoint pour sa machine à coudre afin de réaliser ses travaux de couture plus rapidement.

Thierry BARBAUT - Numérique et développement
Expert en stratégie numérique et projets de développement - #innovation #Afrique #Digital - Responsable de la stratégie numérique et communication digitale de l'Agence des Micro Projets depuis 2013. 20 années de pilotage de projets dans plus de 40 pays: eau, santé, éducation, agriculture, énergies renouvelables, entrepreneuriat et numérique. Auteur et conférencier sur l'Afrique et le numérique.