Music Time in Africa défie le temps

À deux pas du Congrès des États-Unis, la productrice et présentatrice de radio Heather Maxwell enregistre son émission. Au programme ce jour-là : chansons, histoires, bavardages en anglais comme en français et même un peu de danse au rythme des morceaux de ses invités, quatre des plus grandes pop stars du Cameroun.

Bienvenue dans le studio de Music Time in Africa.

Cette émission de la Voix de l’Amérique attire chaque semaine douze millions d’auditeurs, parfois plus, tous désireux d’écouter de la musique africaine, des derniers tubes de hip-hop à des classiques de jazz, en passant par du gospel et des chants traditionnels de pays et cultures variés.

Un mélange des genres qui séduit un public composé d’Africains d’Afrique, mais aussi de membres de la diaspora ainsi que de fans de musique africaine dans le monde entier.

Music Time in Africa est l’émission en anglais la plus ancienne de la Voix de l’Amérique. Elle a démarré en 1965 avec, aux commandes, l’ethnomusicologue Leo Sarkisian (décédé en juin 2018), qui a contribué entre autres à faire connaître le chanteur nigérian Fela Kuti.

En 2012, M. Sarkisian a passé le relais à Heather Maxwell, une chanteuse de jazz et compositrice, diplômée d’un doctorat d’ethnomusicologie. Heather a grandi dans la musique. Elle chantait notamment dans le groupe de gospel de sa famille et a même envisagé de devenir chanteuse d’opéra. Elle a été volontaire au sein du Corps de la Paix et, plus tard, elle a obtenu une bourse Fulbright pour étudier au Mali. C’est un de ses professeurs de l’université du Michigan qui l’a vivement recommandée à M. Sarkisian, certain qu’elle possédait les qualifications uniques nécessaires pour lui succéder.

Aujourd’hui, le public d’Heather Maxwell la suit non seulement sur les ondes AM mais aussi sur internet, par le biais des réseaux sociaux, et même sur des stations de radio FM. Ils peuvent également regarder des passages de l’émission en direct sur Facebook Live.

 gauche, Heather Maxwell vue du dessus, en train de lire un script. Au milieu, un panneau lumineux portant les mots « mic on ». À droite, Heather Maxwell en train de parler dans un micro (D.A

Heather Maxwell, ethnomusicologue et chanteuse, partage sa passion pour
la musique africaine en tout genre lors de son émission hebdomadaire.

Heather prépare toujours un script mais elle n’hésite jamais à s’en écarter pour laisser place à la spontanéité. L’émission, enregistrée quelques jours avant sa diffusion, commence souvent par quelques airs traditionnels, puis elle vogue d’un genre à l’autre, de la highlife du Ghana à l’afrobeat du Nigéria, en passant par le soukous de la RDC ou le hipco du Libéria.

« Vous êtes embarqués pour une émission géniale aujourd’hui, et ça pour plein de raisons, lance-t-elle. D’abord, j’ai une liste de chansons fantastique, des airs nouveaux et anciens du Sénégal, du Nigéria, d’Angola, du Kenya, du Zimbabwe, la chanson de la semaine d’Ouganda. »

Sa liste de chansons, elle la prépare après avoir écouté 25 heures de morceaux tirés des centaines de CD qui tapissent les murs de son bureau et de nouveaux titres reçus au quotidien. Ce jour-là, un musicien malien nommé aux Grammy Awards venait de lui envoyer une nouvelle chanson par WhatsApp.

Quant à ses invités, Stanley Enow, Magasco, Mr. Leo et Mink’s, ils se trouvaient à Washington à l’occasion d’un festival d’arts et musique camerounais organisé près de la capitale et dont ils assuraient la tête d’affiche. « On est là pour montrer au monde ce que le Cameroun sait faire », a expliqué Mr. Leo.

« Excellent ! », a répondu Heather Maxwell.

agasco souriant, regardant Heather Maxwell en train de danser, les bras levés

Heather Maxwell danse sur la musique de l’artiste camerounais Magasco (à gauche) pendant
son émission dans le studio de la Voix de l’Amérique.

« Chaque semaine, c’est à la fois palpitant et épuisant », confie la présentatrice, qui considère l’émission comme le travail de ses rêves. « J’ai un public jeune, mais je ne passe pas seulement ce qu’ils ont l’habitude d’entendre à la radio. Je veux les inciter à écouter les traditions de leur propre musique qu’ils considèrent peut-être comme démodées. »

Heather ne conclut jamais son émission sans quelques mots tendres à ses auditeurs : « J’espère que vous êtes encore plus heureux maintenant qu’il y a une heure de cela. À la semaine prochaine. Soyez toujours heureux et continuez d’être splendides. »

Thierry BARBAUT - Numérique et développement
Expert en stratégie numérique et projets de développement - #innovation #Afrique #Digital - Responsable de la stratégie numérique et communication de l'Agence des Micro Projets depuis 2013. 20 années de pilotage de projets dans l'aide au développement et en adéquation avec les Objectifs de Développement Durable dans plus de 40 pays: eau, santé, éducation, agriculture, énergies renouvelables, entrepreneuriat et numérique.