Madagascar: Elections sous tension dans la grande ile après 4 années de crise

Les Malgaches sont appelés aux urnes vendredi pour le premier tour de l’élection présidentielle dont sont exclus l’ancien président Marc Ravalomanana et son rival Andry Rajoelina. Le second tour est prévu le 20 décembre.

Plus de sept millions de Malgaches sont appelés à voter vendredi 25 octobre pour le premier tour d’une élection présidentielle qui devrait tourner au duel entre deux candidats respectivement soutenus par l’ancien président Marc Ravalomanana et son rival Andry Rajoelina, tous deux interdits de scrutin.

Samedi 26 Octobre:

Les résultats publiés ce samedi matin vers 7 heures (heure locale) par la Commission Electorale Nationale Indépendante de la Transition donne une bonne longueur d’avance au candidat de Marc Ravalomanana, Jean-Louis Robinson.

Il devance ainsi les 33 candidats en lice pour ce scrutin du 25 octobre 2013.

Dr-Robinson-Jean-LouisLes résultats de la Présidentielle malgache commencent à tomber. le candidat Jean-Louis Robinson, proche de l’ex-Président Marc Ravalomanana, arrive en tête des résultats partiels du scrutin de ce 25 octobre dans lequel 33 candidats prenaient part.

Selon les chiffres publiés ce samedi matin, Jean-Louis Robinson est crédité de 24,25% des voix, contre 15,11% pour Hery Rajaonarimampianina, 10,17% pour Camille Vital, 8,66% pour Roland Ratsiraka, 8,55% pour Hajo Andrianainarivelo et 5,22% pour Pierrot Rajaonarivelo.

Selon l’Agence de presse africaine, ces résultats publiés samedi matin vers 7 heures (heure locales) par la Commission Electorale Nationale Indépendante de la Transition (CENIT) portent sur 65 bureaux de vote pour un total de 20 001 bureaux sur l’ensemble du territoire national. En outre, on parle d’un taux de participation est de 55,58%.

Toujours selon APA, d’autres résultats ont été publiés ce samedi vers 8 heures et concernent 76 bureaux de vote avec un taux de participation est de 55,54%. Là aussi, le candidat Jean-Louis Robinson serait toujours en tête avec 22,85% des voix. Il serait suivi de Hery Rajaonarimampianina (14,66%), Camille Vital (10,96%), Roland Ratsiraka (8,32%), Hajo Andrianainarivelo (8,16%) et Pierrot Rajaonarivelo (5,17%).

Contrairement aux violences qui ont émaillé le début du scrutin vendredi, le dépouillement des bulletins de vote a été particulièrement calme. Suffisant pour que  le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, par la voix de son porte-parole « se félicite du déroulement pacifique  du premier tour de l’élection présidentielle malgache ».

Vendredi soir:

Plus les heures passent et plus les files d’électeurs s’allongent à Antananarivo. Habitués à se présenter dès l’ouverture des bureaux de vote, les Malgaches ont visiblement changé leurs habitudes pour ce scrutin.

Scrutin qui se déroule dans une ambiance bon enfant malgré les temps d’attente : il faut parfois plus de cinq minutes pour retrouver les noms dans les listes électorales. Et c’est donc sous un soleil de plomb, dans la poussière soulevée par les vents d’est, que les électeurs prennent leur mal en patience.

« Je veux voter pour mon pays, pour le changement, pour avoir un vrai président », explique ainsi un jeune étudiant. « S’il faut attendre, nous attendrons. Nous voulons mettre fin à la crise », ajoutent une commerçante et son mari. Il est déjà prévu de laisser les bureaux ouverts après 17 heures, heure locale, si des électeurs sont toujours dans les files d’attente.

Même ambiance à Tamatave, où le vote s’est déroulé dans le calme, même si on note quelques réclamations au niveau de la liste électorale. La représentante de la Cénit a confirmé que certaines personnes s’étaient plaintes de ne pas figurer sur les listes. « Ils auraient du vérifier eux-mêmes les listes ces derniers mois », dit-elle, quant à ceux qui ont leur carte d’électeur mais qui ne trouve pas leur nom « ils se sont sans doute trompé de bureau de vote dans l’engouement de cette élection ».

presidential-candidates-madagascarJeudi soir, Andry Rajoelina, qui avait pris le pouvoir à la faveur d’un coup d’État en 2009, s’est adressé à ses compatriotes pour leur demander d’élire à sa place un président guidé par “le patriotisme”, et non par “la soif du pouvoir”. “Ils étaient 33 candidats ; vous allez en élire deux pour le second tour et il n’y en a qu’un seul qui sera le futur président des Malgaches”, a résumé Andry Rajoelina dans une allocution radio-télévisée.

Ce dirigeant, selon lui, doit être “un président sage, un président qui ne trahira pas le peuple malgache, un président humble, clairvoyant […] C’est vous qui avez le dernier mot.”

Les héritiers

Andry Rajoelina n’a officiellement adoubé personne parmi les trois candidats directement issus de son parti TGV, mais son entourage a activement soutenu Hery Rajaonarimampianina, ancien ministre des Finances.
 
Dans une allocation télévisée mercredi soir, Hery Rajaonarimampianina a promis, s’il est élu, de mettre fin aux délestages d’électricité dans les six mois et de renégocier les contrats miniers avec les compagnies internationales. “Pour les projets à venir, on devrait revoir les textes régissant ce secteur”, a-t-il précisé.
Pour ce candidat, la crise économique et sociale dans laquelle est plongée la Grande Ile – où 9 habitants sur 10 vivent avec moins de 2 dollars par jour – est due à la fragilité de l’actuelle autorité de transition malgache, coalition de consensus instable, ce qui est “un facteur de blocage”.
À quelques kilomètres de là, Robinson Jean Louis, le candidat de Marc Ravalomanana (au pouvoir de mai 2002 jusqu’à son renversement en mars 2009 par Rajoelina), tenait aussi son dernier meeting mercredi soir.
“Nous avons montré que le peuple malgache veut un changement. Les électeurs du pays veulent se distancer de la corruption, d’une mauvaise gouvernance et de l’échec. L’impact de nos rassemblements a montré que nos idées sont soutenues par la population”, a lancé Robinson Jean Louis, à une foule en délire.
Important dispositif de sécurité
Alors que la population, instruite par l’histoire récente du pays, s’inquiète de possibles coups de force dans Antananarivo, les forces de l’ordre ont fait savoir qu’elles étaient prêtes à toute éventualité. “On va renforcer nos effectifs partout, avec des éléments mixtes, police, gendarmes et militaires. On prend seulement des précautions”, a indiqué à l’AFP le général Guy Bobin Randriamaro, numéro deux de la gendarmerie nationale.

Les Malgaches sont appelés aux urnes de 6h à 17h (3h à 14h GMT) vendredi, les bureaux de vote pouvant éventuellement rester ouvert plus longtemps en cas d’affluence. Les premières tendances sont attendues dans la nuit de vendredi à samedi. Un probable second tour est prévu le 20 décembre, couplé avec des élections législatives.

Avec dépêches