L’intelligence collective, levier de performances

Dans un monde qui ne cesse d’évoluer à grande vitesse, avec le développement des nouvelles technologies et du digital, l’entreprise doit faire preuve de flexibilité pour faire face aux différentes situations qu’elle n’imagine même pas aujourd’hui

L’entreprise 2.0 remet en cause le modèle traditionnel qui favorise plutôt l’individualisme et la rétention d’information. Aujourd’hui, cela a changé avec l’émergence d’internet et des outils tels que les réseaux sociaux ou toute autre plateforme permettant la collaboration entre les individus.

Pour ce faire, elle adopte diverses stratégies de développement notamment en favorisant une organisation de type communautaire (ou 2.0). En effet, ce nouveau mode de management, sublime la performance globale de l’entreprise car il induit un climat de travail sain et favorable aux prises de parole tout en tirant tous les bénéfices de la diversité composant le groupe.

L’intelligence collective c’est quoi ?

La plupart des auteurs s’accordent sur la définition suivante : « l’intelligence collective est différente de la somme des intelligences individuelles qui la composent » (Ribette, 1996). Pour Lévy (1997), l’intelligence collective réfère à l’intelligence réalisée à différents niveaux collectifs de l’organisation, sinon dans l’organisation toute entière ; il ne s’agit donc pas de la somme des intelligences individuelles. L’intelligence collective désigne les capacités cognitives d’une communauté résultant des interactions multiples entre ses membres. L’intelligence collective, c’est donc l’intelligence des équipes de travail. (Source : Tissot Edition)
L’intelligence collective dans une société humaine provient d’interactions complexes répondant à diverses conditions :

• Une communauté d’intérêt
- une libre appartenance : une adhésion fondée sur des buts communs et une confiance mutuelle entre les membres ;
- une structure horizontale : des règles (tacites ou explicites) identiques pour tous les membres et une organisation dynamique. En effet, la  répartition des rôles est fondée sur le volontariat et la complémentarité des compétences ;
- une gestion collective : l’autonomie des membres ou chacun est responsable de sa propre action et des décisions stratégiques basées sur le vote ou sur le consensus.

• Un espace collaboratif
- des outils de coopération : un réseau de communication permettant l’interaction entre tous les membres ;
- un processus d’apprentissage : un système de régulation, la constitution d’un corpus de connaissances communes et le partage de pratiques permettant l’émergence d’une conscience commune.
A l’heure des économies digitales, des réseaux sociaux et de l’émergence d’une viralité croissante dans le partage des informations, des savoirs et des pratiques, les nouveaux modes de communication permettent aux individus de construire une nouvelle donne en matière de création de richesse. Cette richesse passe désormais par le développement et le partage des savoirs, la coopération, et la capacité à décloisonner les modes de fonctionnement pour insuffler une plus grande transversalité et un engagement collectif des équipes.

Comment développer l’intelligence collective ?

• une liberté d’action et de l’autonomie : les collaborateurs d’un groupe ont besoin de ressentir des possibilités d’action, de percevoir certaines marges de manoeuvre qui les responsabilisent pour interagir efficacement entre eux grâce des pratiques managériales facilitatrices : délégation et management de situation qui consiste à adapter sa gestion en fonction de l’autonomie, de l’expérience et de l’expertise de chacun.

• de la confiance et de l’engagement : pour qu’un individu veuille partager son intelligence individuelle afin de la mettre au service d’une intelligence de groupe, il faut que ce dernier se sente en confiance. Il doit estimer que le partage de son savoir, ses pratiques et informations qu’il détient lui se plus bénéfique et avantageux qu’il n’engendrera de contraintes ou de sanctions (confiance horizontale par rapport à ses pairs et verticale par rapport à sa hiérarchie). Son niveau d’engagement est lié directement à son niveau de confiance. C’est pourquoi l’entreprise doit se pencher sur les facteurs qui favorisent ou entament l’engagement de ses collaborateurs.

• un objet d’application concrète : pour que l’intelligence collaborative se développe, l’entreprise doit engager des projets collectifs et transversaux, basées sur des démarches participatives afin que ses équipes prennent part à la mise en oeuvre des changements qui s’opèrent dans son organisation. Tout comme le muscle, l’intelligence collaborative se travaille sans quoi elle s’affaiblit dans le temps.
“Les communautés deviennent multidimensionnelles, c’est-à-dire qu’elles ont à la fois une existence réelle et numérique.” Antonio Casilli, sociologue français spécialiste des réseaux sociaux.

Et chez isahit, cela s’applique comment ?

Créée en 2016, la communauté d’isahit ne cesse de s’accroître. Elle regroupe aujourd’hui plus de 300 personnes, majoritairement des femmes d’Afrique francophone, qui travaillent sur la plateforme digitale et échangent via des groupes de discussion privés sur Facebook.
Notre plateforme de tâches digitales requiert des connaissances basiques en informatique notamment (navigation sur internet et l’utilisation basique d’un ordinateur par exemple). Des consignes par projet sont fournis pour aider notre communauté à bien réaliser les tâches digitales disponibles sur notre plateforme.

Lorsque les membres de notre communauté veulent réussir, ils peuvent compter non seulement sur l’aide de l’équipe d’isahit pour les guider mais aussi les autres membres qui ont une meilleure compréhension ou des connaissances plus étendues dans les groupes privés Facebook, par exemple. Nous organisons également des ateliers / formations en ligne qui consistent à faire intervenir chaque participant sur un sujet déterminé au préalable afin de les responsabiliser et les mobiliser. Par ailleurs, grâce aux suggestions des membres de notre communauté, nous faisons évoluer notre plateforme au fur et à mesure dans le but de la rendre performante et efficace sur tous les plans : techniquement et humainement.
Nous sommes convaincus que l’intelligence collaborative résultant de la mise en commun des intelligences individuelles de la communauté est une source de richesse qui peut accroître certainement les performances et l’engagement de chaque collaborateur.

Le site de Isahit et l’article avec ce lien

Thierry BARBAUT - Numérique et développement
Expert en stratégie numérique et projets de développement - #innovation #Afrique #Digital - Responsable de la stratégie numérique et communication de l'Agence des Micro Projets depuis 2013. 20 années de pilotage de projets dans l'aide au développement et en adéquation avec les Objectifs de Développement Durable dans plus de 40 pays: eau, santé, éducation, agriculture, énergies renouvelables, entrepreneuriat et numérique.