Les chiffres de la corruption

La corruption, un «crime grave qui sape le développement économique et social dans toutes les sociétés», indique l’ONU.

Aujourd’hui, «les gouvernements, le secteur privé, les organisations non gouvernementales, les médias et les citoyens du monde entier unissent leurs forces pour lutter contre ce crime. La campagne internationale conjointe de 2017 met l’accent sur la corruption en tant qu’un des principaux obstacles à la réalisation des objectifs de développement durable (ODD)», précisent les Nations Unies.

La corruption est multiforme, du billet de foot offert lors d’une Coupe du monde au versement d’un pot-de-vin pour l’attribution d’un marché public. Elle aboutit à un enrichissement personnel du corrompu. Quelle que soit sa forme, elle entraîne des conséquences économiques et sociales graves. «La corruption contribue à l’instabilité et la pauvreté, et constitue un facteur dominant de conduite vers l’échec des pays fragiles», souligne l’ONU. La nature et les impacts de la corruption dans le monde sont difficilement quantifiables, mais certaines ONG ou organisations internationales comme le FMI ont donné un aperçu du phénomène. Voici leurs conclusions, en trois chiffres.

1500 à 2000 milliards de dollars

C’est le coût des pots-de-vin versés chaque année dans le monde selon le FMI. Cela représente près de 2% du PIB mondial. Et il ne s’agit là que de l’un des aspects de la corruption! Les détournements de fonds publics représenteraient quelque 2600 milliards de dollars, soit plus de 5% du PIB mondial. «Nous savons que dans des pays où la corruption est endémique, les détournements de fonds peuvent être un problème très grave.

Mobutu dans l’ex-Zaïre et Abacha au Nigeria ont chacun détourné environ 5 milliards de dollars», expliquait Daniel Kaufmann, de la Banque mondiale

Par exemple, si on se limite aux plus hautes autorités des pays, l’organisation Transparency International estime que l’ancien président Suharto de l’Indonésie a détourné entre 15 et 35 milliards de dollars. Ferdinand Marcos aux Philippines, Mobutu dans l’ex-Zaïre et Abacha au Nigeria ont chacun détourné environ 5 milliards de dollars», expliquait Daniel Kaufmann, ancien directeur du programme gouvernance de la Banque mondiale, dans une note publiée en 2013. Selon l’ONU, la corruption entraîne «moins de prospérité, moins de respect des droits, moins de services et moins, moins d’emplois».

Entre 179 et 990 milliards d’euros

Cette large fourchette est celle du coût annuel de la corruption au sein de l’Union européenne. Le scénario le plus optimiste l’évalue entre 179 et 256 milliards, le plus pessimiste le situe à 990 milliards, soit 6,3% du PIB européen. Ces chiffres, publiés en 2016 par le parlement européen, sont dans tous les cas largement supérieurs à ceux diffusés en 2014 et qui évaluaient le coût à 120 milliards.

Les auteurs du rapport expliquent cette différence par le fait que l’étude porte à la fois sur les coûts directs et indirects de la corruption dans les 28 États membres, contrairement à la précédente. Le coût de la corruption sur les marchés publics est, lui, évalué à 5 milliards d’euros par an. Les pays les plus touchés sont la Croatie, Chypre, la Lituanie, la Roumanie et la Pologne. Le trio de tête se compose du Luxembourg, de la Suède et de la Belgique. La France est cinquième.

 

 

 

 

 

Thierry BARBAUT - Numérique, économie, Afrique et développement
Thierry Barbaut est expert en stratégie numérique sur les projets en Afrique - #innovation #Afrique #Digital - Directeur Numérique et communication digitale de l'ONG La Guilde et l'Agence des Micro Projets depuis 2013. 20 années de pilotage de projets dans plus de 40 pays: eau, santé, éducation, agriculture, énergies renouvelables, entrepreneuriat et numérique. Auteur et conférencier sur l'Afrique et le numérique.