Le café arabica pourrait disparaître d’ici 2080 à cause du climat

L’arabica, à la saveur fine et à la culture délicate, ne sera-t-il qu’un lointain souvenir pour le palais des amateurs de café ?

 

C’est ce que laisse présager une étude réalisée par la Royal Botanic Gardens de Kew (Royaume-Uni), en collaboration avec des experts éthiopiens, et publiée mercredi 7 novembre dans la revue américaine PloS One. Leur conclusion : le café arabica pourrait disparaître avant la fin du siècle en raison du changement climatique.

 

Les chercheurs ont mené deux types d’analyses en fonction de trois des scénarios d’émissions de gaz à effet de serre et d’augmentation des températures établis par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (+ 2,4 °C., 2,8 °C. et + 3,4 °C.). La première, par localité (349 étudiées), conduit à une chute de 65 % à 99,7 % des lieux propices à la culture d’arabica d’ici 2080, comme le montre le graphique suivant. La seconde, par région, conclut à une réduction de 38 % à 90 % sur la même période.

 

Le café, et en particulier l’arabica, est une culture très dépendante du climat : les graines poussent dans une fourchette de températures très restreinte, entre 19 et 25°C. Quand la chaleur augmente, cela affecte la photosynthèse et dans certains cas, les arbres s’assèchent. Sans compter que le changement climatique augmente l’alternance entre périodes de précipitations et de sécheresses prolongées. « La disparition du café Arabica est une perspective effrayante et inquiétante », s’inquiète Aaron Davis, qui a dirigé l’étude.

Et ces résultats pourraient être sous-estimés. « Les modèles supposent une végétation naturelle intacte, alors que les forêts montagneuses de l’Ethiopie et du Soudan du Sud sont très fragmentées en raison de la déforestation, écrivent les chercheurs. D’autres facteurs susceptibles de s’avérer aggravants, tels que les parasites et les maladies, les changements dans les périodes de floraison, et peut-être une réduction du nombre d’oiseaux (qui dispersent les graines de café), ne sont pas inclus. »

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En réalité, certains producteurs pourraient continuer de produire du café dans des serres, aux bonnes conditions de températures. « Mais le café arabica est considéré comme important pour la durabilité de l’industrie du café en raison de sa formidable diversité génétique », expliquent les auteurs de cette étude.

Au final, la menace de sa disparition met en péril les moyens de subsistance de millions de personnes qui le cultivent et le produisent. Les cultures d’arabica représentent un peu plus de 60 % de la production mondiale de café, avec environ 4,86 millions de tonnes produites cette année pour un montant d’environ 16 milliards de dollars. Les exportations de cette variété s’avèrent cruciales pour les économies des pays comme le Brésil, le Soudan ou l’Ethiopie.

Depuis quelques années toutefois, l’arabica a perdu du terrain au profit du robusta. Ce dernier, moins prestigieux mais bien moins cher, s’avère notamment très présent dans les pays émergents asiatiques, où la demande de café explose depuis une dizaine d’années et où les budgets sont plus serrés qu’en Europe. A la Bourse de New York, le prix de l’arabica a ainsi perdu 32 % depuis le début de l’année.

Audrey Garric
Source: Le monde.fr

Thierry Barbaut #Afrique #Numérique #innovation #impact #ODD. Directeur des écosystèmes innovants chez TACTIS. Expert en plateformes digitales de financement orienté projet et impact, économie, innovation, startup, entrepreneuriat, ODD, smartCity, e-Government. Observateur engagé et passionné de l'écosystème numérique en Afrique depuis 20 ans il est conseiller pour des entreprises, états, fondations ou banques. Auteur et conférencier sur l'Afrique, les sujets d'innovation et les nouvelles technologies, jury et instructeur sur les challenges pour les entreprises françaises et africaines de l'innovation. Thierry Barbaut a fondé Info Afrique en 2008 avec objectif de valoriser de manière positive l'économie et le numérique sur le continent. Thierry Barbaut a effectué plusieurs centaines de déplacements dans plus de 38 pays en Afrique.