Hotspots pour migrants en Libye

Hotspots ? Ce serait la solution pour lutter contre le fléau des mafias locales qui contrôlent de manière odieuse le marché du passage des migrants

Emmanuel Macron a annoncé la mise en place «dès l’été 2017» des HOTSPOTS (centres d’examen pour demandeurs d’asile en Libye) «afin d’éviter aux gens de prendre des risques fous alors qu’ils ne sont pas tous éligibles à migrer en Europe».

Le président francçais Emmanuel Macron évoque la construction des «hotspots» en Libye «immédiatement». La France va créer des centres pour demandeurs d’asile «afin d’éviter aux gens de prendre des risques fous alors qu’ils ne sont pas tous éligibles à l’asile», a déclaré le président de la République en marge d’une visite d’un centre d’hébergement pour réfugiés. «Les gens, on va aller les chercher. Je compte le faire dès cet», a-t-il poursuivi.

«Les autres pays européens sont très réticents, on essaiera de le faire avec l’Europe, mais nous la France on le fera», a encore ajouté le chef de l’État. «Il faut cependant que les conditions de sécurité soient réunies, aujourd’hui elles ne le sont pas», a indiquél’Elysée, expliquant que «le but est d’assurer un pré-traitement des demandes, plutôt que de laisser les gens traverser la Méditerranée au risque de leur vie». «On a entre 800.000 et un million de personnes en Libye, dans des camps, des hangars, ça ne relève même pas de l’humanité minimale», a encore dit Emmanuel Macron, soulignant la nécessité de «stabiliser la Libye».

La France va créer les Hotspots en Libye

Emmanuel Macron a fait de la résolution du dossier libyen l’une de ses priorités, alors que le pays est devenu une plaque tournante de l’immigration illégale depuis la chute de Mouammar Kadhafi en août 2011. Emmanuel Macron a réuni mardi les deux hommes forts du pays, le général Khalifa Haftar et Fayez al-Sarraj. La rencontre portait sur le principe d’un cessez-le-feu et sur l’organisation d’élections, mais nul doute que le dossier des migrants a également été abordé.

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100.000 traversées en 6 mois entre la Libye et l’Europe

Des «hotspots» ont déjà été créés en Grèce ou en Italie, pour tenter de canaliser les centaines de milliers d’arrivées de migrants au plus fort de la crise de 2015. Mais c’est la première fois que de tels centres vont être ouverts en Libye. Avec la fermeture de la route des Balkans après un accord avec la Turquie, la Méditerranée centrale est devenue la principale route des migrants d’Afrique subsaharienne pour atteindre les côtes européennes. Plus de 100.000 personnes ont emprunté cette voie depuis janvier 2017, selon les décomptes de l’Office international des migrations.

Solution intenable pour le pays, l’Italie a récemment lancé un appel à l’aide à ses voisins européens. Pour la première fois, elle a menacé de fermer ses ports aux bateaux de migrants, les forçant ainsi à débarquer dans d’autres ports européens.

La création d’hotspots dans les pays en guerre comme la Libye divise l’Union européenne. Mais en février dernier, le président du conseil européen Donald Tuska annoncé qu’il était «temps de fermer la route qui va de la Libye à l’Italie». Les Vingt-Huit tentent actuellement renforcer les contrôles des côtes de départ en formant des gardes-côte libyens. La créations de hotspots sur le territoire africain devait intervenir dans un second temps. Mais par son initiative, Emmanuel Macron a décidé de le faire sans attendre, «avec ou sans l’Europe».