Ghana – Chine: Complications et dépendances dans différents business

La puissante Chine joue au chat et à la souris avec le petit Ghana…

Sinopec, la compagnie chinoise No 1 des hydrocarbures consent finalement à reprendre les travaux de construction de l’usine de traitement de gaz d’Atuabo qu’elle avait suspendus la semaine dernière en menaçant de se retirer du projet. Sur le chantier, les ouvriers ghanéens avaient été enjoints de rendre les outils de travail qui leur avaient été confiés et les ouvriers chinois avaient retiré du site tous les équipements de construction et les engins lourds.

Chine_Afrique-afriqueLa cause de cette brouille, le non-paiement de la facture de la première tranche des travaux… qui devaient être financés par un prêt de 3 milliards de dollars accordé par la China Development Bank (CDB). Prêt qui tarde à se concrétiser.

Pourtant, c’est en aout 2011 que le DG de la Ghana National Gas Company, George Sipa-Adzah Yankey, annonçait aux médias un premier accord conclu avec la China Development Bank : « Nous avons sécurisé 800 millions de dollars pour lancer le projet », à savoir un gazoduc qui permettra au Ghana de produire 3,4 millions de m3 de gaz à partir de 2013, essentiellement depuis le champ offshore de Jubilee exploité par la compagnie britannique Tullow Oil.

Puis en avril 2012, John Dramani Mahama, alors vice-président du Ghana, signe un accord de prêt de 3 milliards $ avec China Development Bank comprenant les 850 millions déjà annoncés 8 mois plus tôt pour financer le fameux projet gazier dont l’essentiel des travaux devront obligatoirement être confiés à Sinopec.

Mais depuis quelques mois les relations du Ghana avec Chine ont connu plusieurs accrochages. Le ministre en charge des Ressources naturelles, Alhaji Inusah Fuseini, hausse le ton contre un afflux de mineurs chinois clandestins qui se ruent sur le secteur minier ghanéen et qui offrent une « mauvaise image de la Chine qui pourrait entacher les relations en plein essor entre les deux pays ». Accra annonce une « tolérance zéro » pour les Chinois qui ne respecteraient pas les lois du pays.

Quelques semaines plus tard, c’est Thomas Amedzro, responsable de l’Agence ghanéenne de l’alimentation et du médicament qui dénonce la livraison par la Chine de 120 millions de préservatifs défectueux. Et enfin, le mois dernier, le gouvernement ghanéen procède manu militari à l’expulsion de mineurs chinois clandestins.

Y a-t-il un lien de cause à effet ? Toujours est-il que le prêt de China Development Bank, signé il y a bientôt deux ans, n’est toujours pas décaissé, alors que Sinopec, qui s’est vu attribué le mandat de réalisation de la centrale, réclame avec fermeté le paiement de sa facture…

Le DG de la Ghana National Gas Company, George Sipa-Adzah Yankey vient de partir en mission en Chine tenter d’obtenir des dirigeants de la China Development Bank la concrétisation du prêt et son décaissement aussi rapide que possible…

Thierry Barbaut
Avec AgenceEcofin.com