Elections au Zimbabwe: « C’est une énorme farce » accuse le premier ministre Morgan Tsvangirai

Robert Mugabe

« Ce n’est pas une élection, c’est une énorme farce », accuse Morgan Tsvangirai, Premier ministre zimbabwéen et candidat face au président sortant Robert Mugabe. L’ONG Zimbabwe Election Support Network (ZESN), qui avait déployé des observateurs, juge également que la crédibilité du scrutin est compromise.

Pendant ce temps la…

Le président zimbabwéen Robert Mugabe au pouvoir depuis l’indépendance dans son pays en 1980 a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle avec 61% des voix dès le premier tour, son parti obtenant aussi la majorité qualifiée des deux tiers à l’Assemblée.

« Je déclare que M. Robert Gabriel Mugabe de la Zanu-Pf a obtenu plus de la moitié des suffrages à l’élection présidentielle et est donc dûment élu président de la République du Zimbabwe à compter de ce jour », a annnoncé la présidente de la commission électorale Rita Makarau. Il a obtenu 61% face à son rival et Premier ministre Morgan Tsvangirai, battu avec 34% des voix.

L’Union européenne s’est inquiétée aujourd’hui des « irrégularités présumées » et du « manque de transparence » dans le cadre des élections.

Robert MugabeLa commission électorale zimbabwéenne a pour sa part annoncé que le dépouillement des bulletins s’est terminé jeudi 1er août en début d’après-midi.

« Une énorme farce ». Le Premier ministre zimbabwéen, Morgan Tsvangirai, considère même que les élections sont « nulles ». Il appelle l’Union africaine et la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), l’organisation sous-régionale, à enquêter.

Des propos très offensifs, alors que la police anti-émeute boucle le périmètre autour du siège de son parti, le Mouvement démocratique pour le changement. Le MDC, selon plusieurs sources, aurait perdu de nombreux sièges à l’Assemblée y compris dans ses fiefs, comme à Harare la capitale.

Un million d’électeurs auraient été écartés des urnes

L’élection est sérieusement compromise.

C’est aussi l’avis de la principale organisation locale d’observateurs, le Réseau de soutien aux élections du Zimbabwe (ZESN), qui avait déployé tout de même 7 000 observateurs à travers le pays. S’il n’y a pas eu de problèmes techniques de bulletins ou de bureaux de vote, ce réseau dénonce en revanche une intimidation à grande échelle des électeurs, notamment dans les villes réputées proches de Morgan Tsvangirai.

Un million d’électeurs auraient été ainsi empêchés de voter au Zimbabwe.

D’autres analystes politiques évoquent des problèmes liés à la liste électorale. Pour eux, c’est à ce niveau que la fraude aurait été orchestrée. Ces analystes soulignent que, par rapport au recensement, trop peu de jeunes figuraient sur la liste électorale.

L’Union africaine valide le processus électoral

Tous ces propos tranchent avec les premières conclusions de la mission d’observation de l’Union africaine qui parlent d’« élections pacifiques, ordonnées, libres et honnêtes ». En tout début d’après-midi, la mission d’observation de la SADC tenait à peu près les mêmes propos, parlant d’une « élection efficiente, pacifique et ordonnée ».

Les observateurs d’Afrique australe ont par ailleurs fait savoir, en début d’après-midi ce jeudi, leur intention de ne livrer leurs conclusions définitives que demain.

Thierry BARBAUT
Thierry Barbaut - Directeur Afrique et pays émergents chez 42 www.42.fr et consultant international - Spécialiste en nouvelles technologies et numérique. Montage de programmes et de projets à impact ou les technologies et l'innovation agissent en levier : santé, éducation, agriculture, énergie, eau, entrepreneuriat, villes durables et protection de l'environnement.