L’édito d’Info Afrique: La crise au Mali et son extension en Afrique de l’Ouest & Les nouvelles technologies et leurs perspectives sur le continent Africain

L’éditorial d’Avril 2013 avec deux principaux thèmes: Le conflit au Mali et les nouvelles technologies en Afrique


La crise uniquement au Mali ou… Sur toute l’Afrique de l’Ouest ?

Un climat d’angoisse se développe au sahel et déstabilise une région grande comme l’Europe. Cette situation est exacerbée par les  différents conflits et enlèvements.

L’épineux sujet Malien va devenir un enjeu majeur au Sahel et pour les pays voisins, mais à mon avis cette situation a commencé il y a 10 ans, où des signes auraient du être pris en compte afin d’ anticiper  la dégradation de cette région.

hollande-guerre-maliJ’en parlais en fin d’année 2012 et depuis le début des évènements dans le nord Mali, il me semblait évident que la vitesse d’intervention suivant le début des hostilités , devait être notre principal atout (le fameux effet de surprise). Nous les Français, et l’Europe en général, avons mis tellement de temps à intervenir que les terroristes, Ansar Dine, Mujao et autres indépendantistes ou rebelles ont largement eu le temps de se préparer à l’affrontement et à la retraite vers la frontière Algérienne.

De ce fait , nous sommes maintenant confrontés au pire, une situation qui me fait penser à la Somalie en 1990, du temps où je vivais à Djibouti, nous escortions les habitants de zone A en Zone B afin de les protéger des affrontements. Cette situation est un climat de terreur permanent où le mal n’est plus identifiable, où la zone de conflit non plus, ni même sa source…

Oui c’est un terrorisme latent, sournois , caché, comme ses auteurs qui sont systématiquement masqués, lâches et traitres et qui frappent au hasard, militaires comme civils, sans aucun ménagement…

C’est ce que le magnifique Mali découvre aujourd’hui, des attentats à la bombe, à la voiture piégée, aux mines…

femme-voilee-enferUne vie qui se transforme en crainte permanente pour des millions d’habitants et qui fera au final  l’affaire des terroristes, car le peuple lassé de cette peur permanente ne fera plus confiance à l’étât pour le défendre et finira par lui faire comprendre dans les urnes, favorisant les pouvoirs islamiques qui ne manqueront pas de se faire connaitre pour l’occasion, et là, en costume cravate et non caché sous leurs chèches, turbans, masques ou mises en scènes macabres.
Les Djihadistes sont confrontés, et ils s’y attendaient, à une réponse forte de la France et des troupes Africaines, la stratégie des  terroristes est de se disperser, de se fondre dans la foule et de se mêler aux populations en reprenant une apparente vie tranquille, le meilleur moyen de s’organiser pour préparer, attentats, enlèvements et propagande islamique.

J’ai mal pour ce Mali et l’ensemble de cette région que j’aime et pour toutes ces familles qui souffrent.
Les français qui travaillent dans cette région du Sahel sont nombreux à songer à la quitter définitivement. Là aussi un effet pervers du terrorisme qui fait qu’avec des combats ou enlèvements, l’insécurité, est permanente et le doute persistant. Les gens n’osent plus sortir et finissent par transformer leurs vies en angoisse. Cela renforce le doute et confirme l’idée de quitter le pays définitivement.

 

Les prises d’otages et la culture de déstabilisation: Développement du sentiment d’insécurité pour les populations locales comme étrangères.

Je pense aussi bien sur à cette épouvantable liste d’otages occidentaux en Afrique, dont le point d’orgue de l’horreur a été atteint avec l’enlèvement de cette famille Française  du Cameroun vers le Nigeria. Une preuve s’il en fallait une, que nous, les occidentaux, mais vous aussi les Africains, nous avons affaire à des ennemis qui nous prouvent en permanence qu’ils ne reculeront devant rien. Comment imaginer la vie d’enfants de 5 ans aux mains de ces terroristes…
Je me souviens de l’enlèvement de cette Française handicapée au Kenya, dont on avait juste retrouvé le fauteuil roulant.

Il me parait évident qu’il va falloir être extrêmement ferme avec les ravisseurs et envoyer des signaux clairs  sur le fait que rien ne pourra être négocier dans un tel climat. Le risque de mettre en danger des milliers de ressortissants Français est maintenant évident . Il faut répondre à la manière forte avec la même méthode.

J’ajoute ma surprise de constater à quel point les terroristes utilisent avec soin les nouvelles technologies et les réseaux sociaux. Communiqués macabres, revendications, vidéos etc etc… Tout est mis à disposition afin de twitter la mort d’un otage ou l’enlèvement d’un autre. Autant je suis pour la liberté d’expression, mais là, un contrôle me semble indispensable.

 

Les nouvelles technologies: Un formidable vecteur de croissance et de valorisation du capital humain sur le continent Africain.

Comment utiliser l’expérience chronologique du déploiement des NTIC en Europe pour être en phase avec celui du continent Africain ?

Apprendre de nos expériences et les pérenniser en adéquation avec le marché local Africain.

Je pense que nous assistons à une révolution, et pour une fois, qui pourra être prise en main par les Africains sur leur sol, même si les partenariats avec les acteurs internationaux du marché restent primordiaux.
En effet? il n’est pas un jour sans qu’une entreprise, une initiative ou une application? n’apparaissent en Afrique dans le secteur porteur des nouvelles technologies.
Résumons les domaines: Internet, réseaux sociaux, Smartphones et Tablettes, télécoms, logiciels et déploiements d’infrastructures, systèmes d’informations, digitalisation et externalisation, dématérialisation de contenus.
afrique-telephonie-mobileL’ensemble de ces activités touchent des milliers de secteurs et favorisent la croissance du continent: Projets, emplois, bâtiments, communication, l’apprentissage et la formation et surtout et enfin l’éducation. C’est maintenant l’opportunité pour des millions de gens d’accéder à l’information, la culture et la connaissance.
Bien sûr, les accès sont difficiles, chers et compliqués, les infrastructures pas assez déployés, mais cela avance et vite, de nombreuses capitales ont enfin accès à la fibre et le déploiement est important.

Dans un Workshop auquel je participais trois thèmes étaient évoqués pour favorise l’entrepreneuriat en Afrique: Accroître entrepreneuriat en milieu rural, comment développer l’esprit d’entreprendre auprès des jeunes et dans quelles perspectives les nouvelles technologies favorisent le développent du continent.

C’est à ce titre, que j’ai pu mettre en avant un parallèle entre la demande en Europe sur un secteur porteur: Les applications mobiles (Smartphones et Tablettes) dédiées aux métiers et les demandes des entreprises.  Le mot est clair dans les grands groupes éditeurs de logiciels “Nous voulons des applications offline”, c’est à dire des applications qui permettent de travailler sur site (usines, commerces, industries, administrations etc…) mais ne nécessitant pas de connexion internet pour fonctionner. Il faut que la synchronisation se fasse une fois connecté au bureau de l’utilisateur.

En effet, même dans un pays développé technologiquement comme la France, les problèmes de connexions sont récurrents et les entreprises ne veulent plus subir les soucis liés à l’accès Wifi, clés de connexion ou réseaux plus ou moins efficaces, sans parler des problèmes de sécurité liés aux accès Wifi.

La demande est donc d’utiliser des terminaux non connectés qui seront mis à jour quand un accès fiable ou sécurisé sera disponible, au bureau, dans une ville ou au domicile de l’utilisateur.
Je pense qu’en Afrique c’est la méthode à appliquer afin de supprimer cette longue étape de test “utilisateurs”.

 

Nous en parlions justement au Workshop d’Afrika Progress oragnis par Céline Valensi:

 

Le déploiement des applications, les domaines de prédilection et les accès au réseau: Des sujets au cœur du débat.

Une très bonne question venait d’un DSI d’une grande fédération Française: “Très bien les nouvelles technologies explosent en Afrique, mais nous sommes sur le terrain et sans cesse confrontés aux complications administratives, opérationnelles, bureaucratiques et de corruption qui font que le déploiement de solutions devient dépendant de nombreux organismes, qui hélas ne favorisent pas toutes les initiatives”.
Là aussi le côté offline des applications me semble une solution. Par exemple dans le milieu crucial de l’éducation où l’application de cours ne doivent pas être dépendante de l’accès Internet.

Nous voyons sans cesse dans www.afiquetechnologies.com des entreprises proposer des solutions innovantes reliées aux nouvelles technologies, dans tous les secteurs:

  • Agriculture avec la gestion de la météo si cruciale pour les agriculteurs et les éleveurs,
  • Éducation: Imaginons les manuels scolaires enfin disponibles sur l’ensemble de l’Afrique grâce au digital,
  • Administratif: Enfin disposer de papiers administratifs avec une clef USB qui contient les documents d’une famille ou parfois d’un village en milieu rural,
  • Paiements: Avec la possibilité de payer de petits ou grands achats grâce aux Smartphones et d’en contrôler les coûts.

Les perspectives sont vraiment aussi variées qu’impressionnantes.

Quant aux milliardaires du monde ? Ils investissent en masse… en Afrique !

Thierry Barbaut

Thierry Barbaut
Thierry Barbaut, fondateur de Info Afrique