Transferts d’argent et solutions de paiement par mobiles et Internet: Focus sur les chiffres & solutions

Les transferts d’argent par mobile et sa solution Internet:

flouss_paiement_mobile_www.info-afrique.comChangement notoire dans les transferts d’argent: La société Flouss (www.flouss.com) permet de “dématérialiser” le transfert d’argent.
En effet c’est grâce a l’internet que les gens peuvent désormais transférer des sommes en créant un compte sur le site et en le créditant.
Principal avantage: les pourcentages de prélèvement sont beaucoup plus faibles et fixe.
Exemple: pour 100 ou 900 euros vous ne payerez que 4 euros !
Il faut également noter que vous pouvez bénéficier de points de retrait en Afrique ou les banques aussi font le relais.
Ce système est plus économique que les systèmes traditionnels, et parfaitement sécurisé.

Retour sue les paiements et les téléphones mobiles:

Dans les pays africains les plus pauvres, on compte davantage de téléphones portables que de comptes bancaires. Rien d’étonnant donc à ce que les opérateurs téléphoniques s’intéressent de près au virement de fonds par téléphone portable.

Une alternative peu coûteuse, efficace et sûre, qui permet aux travailleurs émigrés d’envoyer de l’argent à leur famille restée au pays sans avoir à passer par les sociétés de transfert de fonds ou par des connaissances rentrant chez elles.

L’argent peut être acheminé rapidement, même vers les régions les plus reculées. Il suffit que le destinataire ait accès à un portable ou puisse se rendre dans un centre de paiement. Ce marché devrait être très rentable, estime Pieter Verkade, cadre de la société de télécommunication MTN.

La technologie commence à s’implanter, en particulier dans les pays où les sociétés de transfert de fonds prélèvent des commissions élevées. L’opérateur kenyan Safaricom et le Britannique Vodafone ont ouvert la voie en 2007 en lançant M-Pesa (M pour « mobile » et pesa signifiant « argent » en kiswahili).
Initialement limité au Kenya, M-Pesa s’est depuis internationalisé, auprès notamment de Kenyans vivant au Royaume-Uni.
L’essor des services bancaires par téléphone mobile sur le marché kenyan, où M-Pesa occupe une position dominante, a été rapide.
Fin 2010, quatre opérateurs comptaient plus de 15,4 millions d’abonnés (soit plus de la moitié de la population adulte du pays).

La croissance rapide de M-Pesa est d’autant plus surprenante que ce service a, au départ, été « ignoré par les établissements financiers », se souvient Bernard Matthewman, directeur général de Paynet, qui a développé pour M-Pesa un logiciel permettant d’utiliser les guichets automatiques sans carte. L’une des premières difficultés a consisté à convaincre les banques que les populations rurales constituaient une clientèle potentielle. « Et surtout, explique M. Matthewman, en lançant le service sans carte, il a fallu mener une campagne d’information. »

Du côté des utilisateurs, peu de personnes s’étaient déjà servi d’un distributeur de billets de banque, et encore moins sans carte. Pourtant, une transaction sans carte n’a rien de compliqué. Il suffit d’envoyer par SMS au destinataire un code secret, qui reste actif pendant quelques heures. Cette facilité d’emploi explique sans doute le succès immédiat du service M-Pesa. Peu après son lancement, les transferts de fonds reçus par cette méthode ont atteint une valeur totale de 100 millions de dollars.

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Alliances

Le virement d’argent par téléphone portable pour des transferts de fonds et le paiement de petits montants, comme les frais scolaires et les factures des services publics, s’est étendu à d’autres pays africains. En Afrique du Sud, Vodacom s’est récemment associé à Nedbank pour offrir ces services à l’intérieur du pays. « Le taux de pénétration actuel du marché cible de Vodacom, sa présence par l’intermédiaire de distributeurs même dans les zones rurales, nous a intéressés », explique Ilze Wagener, cadre chez Nedbank.

Les transactions par téléphonie mobile peuvent permettre aux banques d’accéder aux marchés ruraux sans avoir à ouvrir de nouvelles agences. En mai 2011, neuf mois après son lancement, le partenariat Vodacom-Nedbank comptait 140 000 abonnés en Afrique du Sud et avait établi plus de 3 000 agences M-Pesa et 2 000 guichets automatiques dans le pays. Dans un pays comme l’Afrique du Sud, où la clientèle et les distributeurs ont des profils plus variés, « il faut envisager M-Pesa de manière très différente », affirme Mme Wagener. À ses yeux, le service « présente des possibilités et des défis sans équivalent ».

Dans certains pays, les banques forment des partenariats avec plusieurs compagnies de télécommunications. « Le réseau de transfert d’argent mobile mis en place grâce à des partenariats avec quatre sociétés de téléphonie mobile au Ghana nous a permis d’étendre nos services auprès de clients répartis dans l’ensemble du pays », a indiqué à Afrique Renouveau Owureku Osare, responsable du service de transactions bancaires d’Ecobank au Ghana.
Le renforcement de ce réseau au Ghana s’inscrit dans le cadre d’une stratégie plus globale d’élargissement de la clientèle, a-t-il ajouté.

Tout indique que les services bancaires et financiers traditionnels s’adaptent aux nouvelles technologies et aux nouveaux marchés. Il s’agit désormais d’attirer ceux qui n’ont pas de compte bancaire. Les banques qui proposent des services de transfert d’argent par téléphone portable recommandent aux bénéficiaires auxquels il reste un peu d’argent de le placer dans des « portefeuilles mobiles » : des comptes bancaires électroniques liés à un téléphone portable.

« En permettant aux personnes sans compte bancaire de garder leur argent dans des portefeuilles mobiles liés à leurs numéros de portable, nous espérons que cet argent finira dans un vrai compte bancaire », précise M. Osare. En mai, Ecobank a proposé à sa clientèle d’Afrique de l’Ouest un compte d’épargne mobile qui peut être rattaché à un portefeuille mobile.

Le cas de M-Pesa est intéressant à plus d’un titre. Dans le cadre de ce service, une compagnie de télécommunications et une banque se sont associées l’an dernier pour offrir un compte d’épargne, connu sous le nom de M-Kesho. C’est l’un des premiers partenariats de ce type. Un usager de M-Pesa peut ainsi transférer de l’argent, par téléphone portable, d’un portefeuille mobile M-Pesa vers un compte d’épargne M-Kesho, géré par Equity Bank.

En 2010, un rapport de la Fondation Bill et Melinda Gates indiquait que trois mois après le lancement de M-Kesho, 455 000 nouveaux comptes avaient été ouverts, soit plus qu’au début de la mise en place du service M-Pesa. En plus d’un compte virtuel complet géré par téléphone portable, M-Pesa offre au titulaire du compte la possibilité de contracter un micro-emprunt après quelques mois.

À l’instar du service M-Pesa, les services bancaires par téléphones portables permettent à ceux qui n’ont pas de compte bancaire de recevoir l’argent envoyé par leurs proches vivant à l’étranger.

Expansion

Outre les comptes d’épargne et les micro-prêts, les banques proposent aussi à leur nouvelle clientèle des cartes de crédit prépayées et des services d’assurance. Les polices d’assurance qui prennent en charge les frais d’obsèques représentent désormais une importante activité financière dans de nombreux marchés africains. Pour le moment, ils ne sont généralement offerts qu’aux clients des villes, observe M. Verkade du MTN.

Face à la popularité croissante des transactions financières par téléphonie mobile au Ghana, Hollard Insurance et Mobile Financial Services Africa se sont associés au début de 2011 à MTN pour lancer mi-Life, un service de « micro-assurance » géré par téléphone portable. « Ces services d’assurance font pleinement usage de notre technologie, de sorte que tout le processus d’enregistrement se fait également par téléphone portable », précise M. Verkade. Avec de très faibles primes, l’idée est de tirer parti dans un premier temps de la demande non satisfaite pour ce type de service au Ghana, surtout dans les régions rurales mal desservies, pour ensuite l’étendre à d’autres marchés africains, comme le Rwanda.

Les partenariats entre les compagnies de télécommunications et banques 
et autres services financiers devraient se multiplier à l’avenir pour desservir un nombre croissant de pays et marchés africains.

Une autre étape logique consiste à développer les transactions dites « cash-lite », qui éliminent ou réduisent considérablement la place de l’argent liquide dans les opérations de transfert de fonds, explique M. Matthewman. « On commence déjà à voir cela quand une personne achète un forfait de communication prépayé sur un téléphone M-Pesa pour l’envoyer à un autre usager. Il n’y a alors plus besoin de payer comptant », dit-il. Ainsi, une personne vivant à l’étranger peut envoyer un forfait de communication prépayé au bénéficiaire, qui pourra à son tour l’échanger directement contre des biens ou services auprès de détaillants participants.

Les six défis du transfert de fonds

En dépit de l’essor des transferts de fonds internationaux par téléphone portable, divers obstacles persistent.

Un marché limité. Le développement rapide de M-Pesa au Kenya s’explique en partie par le fait que la société qui l’a lancé, Safaricom, a bénéficié de sa position de quasi-monopole. Ailleurs en Afrique, M-Pesa et les autres services du même type n’enregistrent pas le même succès.

Le MorphoCheck™ est un terminal portable permettant de vérifier l’identité d’un individu à partir de ses papiers d’identité et de ses données biométriques.

D’introuvables liquidités. Dans les zones rurales et les régions reculées, les services de transfert de fonds n’ont pas toujours suffisamment de liquidités à remettre aux bénéficiaires des transferts.
Pour remédier au problème, Owureku Osare d’Ecobank (Ghana) explique que sa banque cherche à former un partenariat « avec une institution de microfinance qui a déjà une expérience du terrain pour renforcer la trésorerie des agents de ces régions ». Au Kenya, le service Paynet offre une solution différente en proposant des retraits sans carte aux guichets automatiques de banque.

Méfiance et méconnaissance. De nombreux habitants des zones rurales se méfient des banques ou n’y ont pas accès. Misant sur la popularité des téléphones portables, des banques et des opérateurs téléphoniques envoient des représentants sur le terrain, même dans les régions les plus reculées, pour expliquer aux gens comment effectuer des transferts de fonds par téléphonie mobile. D’autres forment des agents locaux, qui touchent une commission pour recruter des clients.

Obstacles techniques. Bien que présente dans 30 pays africains, Ecobank n’a toujours pas réussi à trouver un opérateur disposant d’une plateforme unique qui lui permette d’offrir des services bancaires transfrontaliers par téléphone portable.


Obstacles réglementaires.

Les lois et réglementations relatives aux transferts transfrontaliers de sommes modestes varient d’un pays à l’autre et leur application au cas de la téléphonie mobile prête parfois à confusion. La banque centrale du Kenya élabore actuellement un projet de réglementation pour les émetteurs de monnaie électronique et les transferts électroniques au détail et la banque centrale de Tanzanie a annoncé qu’elle préparait un nouveau projet de loi régissant ce type de transactions.

Contrôle des opérations.

En Afrique du Sud, les transferts de fonds par téléphonie mobile ne se font pour le moment qu’à l’intérieur du pays, et toutes les transactions transfrontalières, même d’un montant modeste, doivent être soumises à un contrôle.
Conformément à la législation nationale contre le blanchiment des capitaux, seuls les banques et les courtiers agréés sont habilités à effectuer des transferts de fonds avec l’étranger.
Ce qui exclut les détaillants, qui sont au cœur de la stratégie des banques en matière de transfert d’argent par téléphone mobile. En attendant, les banques elles-mêmes hésitent à effectuer un grand nombre de transactions internationales d’un montant modeste. Le coût de la déclaration de ces opérations aux autorités est en général élevé.
Le transfert d’argent:

Les transferts d’argent contribuent aux perspectives d’avenir des familles de migrants… et des migrants eux-mêmes

En France, plus d’un migrant sur deux envoie chaque année de l’argent vers son pays d’origine.

Selon la Banque Mondiale, le total des transferts d’argent effectués par les migrants vers les pays en développement ont atteint 325 milliards de dollars, en 2010.

Les aléas de le conjoncture mondiale (crises, remontée des prix des matières premières, gonflement des déficits, etc.) ont eu peu d’impact sur les transferts : après avoir enregistré un repli en 2009, les transferts d’argent des migrants ont retrouvé dès 2010 leur niveau de 2008, et les prévisions pour 2011 et 2012 sont à la hausse.

Un arrangement familial informel

Certains économistes considèrent les transferts d’argent des migrants vers leur pays d’origine comme un « arrangement familial informel et inter temporel . Ce dernier constitue une sorte de contrat implicite entre le migrant et sa famille, et le transfert d’argent existe pour honorer les termes du contrat. » (voir les études « Une analyse socio-économique des transferts d’argent des migrants » et « Les transferts de fonds internationaux des émigrés et leur rôle dans le développement » ).

Selon des études sur le sujet, les migrants seraient avant tout motivés par la recherche du bien-être de leurs parents, et la satisfaction qu’ils tirent de leur contribution à ce dernier. Dans ce contexte, les migrants n’hésitent pas à augmenter les sommes envoyées en cas de situation difficile dans le pays d’origine. Ainsi, lors de la crise politique et économique en Côte d’Ivoire en 2011, la diaspora ivoirienne a doublé le montant de ses transferts d’argent afin de soutenir les membres de leur famille restés sur place.

Il faut ici noter que dans leur grande majorité ces transferts apportent une aide réelle et participent au développement de l’activité économique. L’étude réalisée par la chercheuse belge Manon Jacob, auprès des migrants sénégalais démontre que la majorité d’entre eux « acquiert automatiquement une autorité, une ascendance sociale sur les siens du fait de son prétendu pouvoir économique et culturel » (voir l’article « Les transferts d’argent, une solidarité africaine » d’Edgar Mbanza).

Garantir « le bon usage » des sommes envoyées au pays

L’une des conclusions du rapport commun de la Banque Mondiale, de la Banque Africaine de Développement et du Fonds Africain de Développement, publié en 2011, montre que les foyers matriarcaux tendraient à investir davantage les ressources reçues dans des dépenses de santé et d’éducation, par contraste avec des foyers similaires fonctionnant sur un modèle patriarcal.

La prise de conscience des sacrifices consentis par ceux qui envoient de l’argent engendre une certaine souplesse dans le choix des receveurs (le patriarche n’est plus obligatoirement le receveur et gérant des fonds). La principale raison évoquée pour passer outre un schéma traditionnel est la difficulté pour les migrants à gagner l’argent qu’ils envoient en partie à leur famille au pays, et la haute conscience de sa valeur.

Quelles utilisations des transferts d’argent par les familles au pays ?

Les transferts d’argent des travailleurs expatriés dans leur pays d’origine

S’il reste difficile d’évaluer précisément la part de chaque usage spécifique, selon le rapport précédemment cité, les transferts d’argent seraient souvent utilisés pour la consommation courante, pour l’investissement dans un capital physique ou humain, pour des dépenses destinées à améliorer le bien-être et la productivité, incluant la santé, l’éducation et les technologies de l’information et de la communication. Ces dépenses serviraient également d’assurance contre les événements inattendus tels que les catastrophes naturelles, les famines, etc.

Toutefois, les études menées auprès de foyers africains (Africa Migration Project) soulignent qu’une partie significative des transferts d’argent internationaux sert à acquérir des terres (24,8%pour le Nigéria*), construire une maison (25,7% pour le Burkina Faso*), entreprendre (21,7% pour le Nigéria*), etc.

L’éducation est un des postes de dépenses relativement importants.

Les montants transférés par les travailleurs européens expatriés (dans et hors de l’UE) vers leur pays d’origine, ont constamment augmenté de 2005 à 2008. Suite à la la crise économique en 2009, cette tendance a été interrompue.
En 2010 un léger redressement a été observé, mais les montants transférés restent inférieurs à ceux de 2007.
Le total des flux d’envois de fonds de l’UE27 s’est élevé à 31,2 milliards d’euros en 2010, contre 30,4 milliards en 2009 (soit une hausse de 3 %).
Comparée à 2009, l’augmentation des envois de fonds a été plus marquée en 2010 pour les flux intra-UE27 (+6%) que pour les flux extra-UE27 (+1%). La part des envois de fonds extra-UE27 dans le total a été de 72% en 2010, comme en 2009.
C’est en Espagne que les envois de fonds des travailleurs expatriés ont été les plus importants en 2010 (7,2 milliards d’euros, soit 23% du total des envois de fonds de l’UE27), puis en Italie (6,6 milliards soit 21%), en Allemagne (3,0 milliards soit 10%), en France (2,9 mrds soit 9%), aux Pays-Bas (1,5 mrd soit 5%) et en Grèce (1,1 mrd soit 3%).

Dans les foyers qui reçoivent une aide de leur famille, on compte ainsi substantiellement plus de membres ayant suivi une éducation secondaire et universitaire que dans les foyers n’ayant pas bénéficié d’une telle aide.

La santé reste légèrement en retrait, avec une part des dépenses pour ce poste située entre 5 et 11,3% dans les 5 pays de l’étude (Burkina Faso, Kenya, Nigéria, Sénégal, Ouganda), pour les transferts d’argent en provenance de pays situés hors de la zone Afrique.

Le transfert d’argent… pour préparer sa retraite au pays

Via les transferts, les migrants préparent également leur avenir dans leur pays d’origine : ainsi au Sénégal, l’investissement immobilier, allant jusqu’à la rénovation de banlieues pauvres et de villages, serait une opportunité pour ces derniers d’assurer leur retraite dans leur pays d’origine.

En conclusion, si les transferts d’argent participent au renforcement des liens entre les migrants et leur famille, ils contribuent également à améliorer les conditions de vie, créer des entreprises, renforcer l’éducation… et assurer le futur des migrants. Il s’agit donc avant tout de solidarité et de perspective d’avenir pour tous.

Thierry Barbaut