CrowdFunding: Comment les financements participatifs changent le monde et impactent les pays en voie de développement

CrowdFunding, CrowdSourcing, CrowdImpacting…

Le jargon s’étoffe ainsi que les sites et les solutions possible pour accéder à du financement. Cela touche les entreprises bien sur, mais aussi les particulier (AlloMerci) et les associations…

WP_20130930_010Nous étions ce Lundi 30 Septembre aux assises de la finance participative au ministère de la Finance et de l’Économie Française.
Ce premier événement introduit par Fleur Péllerin nous a permis d’affiner notre compréhension des acteurs, mais aussi des enjeux de cette nouvelle vague

En effet de nombreux porteurs de projet en Afrique financent leurs projets par ce biais. Les ONG arrivent maintenant à décoder les effets de de que l’on nomme le CrowdImpactig.

Définition:

La finance participative (ou collecte) est une expression décrivant tous les outils et méthodes de transaction financières entre les individus avec pas ou peu d’inter-médiation par les acteurs traditionnels. L’émergence des plateformes de finance participative a été permise grâce à internet et les réseaux sociaux. Cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus global : celui de la consommation collaborative.

La finance participative comprend différents secteurs tels que le prêt entre particuliers (aussi appelé « P2P lending »), le crowdfunding (collecte de dons), l’investissement en capital (« equity crowdfunding »), ou encore la microfinance

Avantages:

Le crowdfunding est la forme informatique de la pratique du terrain de la plupart des créateurs d’entreprises. Un moyen de se faire entourer, conseiller et soutenir. La levée de fonds est la dernière étape lorsque le dossier est complet.

L’un des atouts remarquable du crowdfunding ou financement participatif, c’est de permettre des transactions mettant en relation des personnes physiques, ce qui permet une relation financière basée sur d’autres critères que la recherche unique de profit. Ainsi, la finance participative est parfois un bon moyen de favoriser l’entraide, ou bien pour une entreprise, de communiquer tout en levant des fonds.

Certaines plateformes de crowdfunding vont plus loin que la simple levée, et constituent un moyen de tester son idée auprès d’une communauté d’internautes. Ainsi le porteur de projet peut tester la faisabilité de son projet et de pré-vendre ses produits ou services auprès d’une communauté qui saura le soutenir.

 

Les premières Assises de la Finance Participatives aux Ministère des Finances

ENTRETIENS DE L'ASSURANCE // SYMPOSIUM ABOUT INSURANCEComme le précise M.Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes, “l’écosystème des entrepreneurs change et depuis 20 ans les profils évoluent, la crise et les nouveaux enjeux de développement permettent de plus en plus aux salariés de devenir entrepreuneurs.

Ces entrepreneurs participent collaborativement aux investissements d’autres entreprises et ainsi développent le tissus local avec des financements… Privés !

M. Lorenzi va plus loin en affirmant que l’ampleur du phénomène doit atteindre un pallier de 500 millions d’euros d’ici fin 2015. Les chiffres de 2012 sont de 80 millions d’euros. A suivre donc…

 

Trois grandes mesures devraient simplifier les démarches des plateformes de financement participatif.

la Banque publique d’investissement, BpiFrance, lance le site tousnosprojets.com qui rassemble une dizaine de plateformes de financement participatif homologuées par l’Autorité des marchés financiers. Le but étant notamment de donner un cadre juridique aux sites de prêts de personne à personne.]

Le ministre de l’Economie Pierre Moscovici a présenté le 4 septembre une série de mesures pour donner un cadre réglementaire à ce secteur. Celles-ci sont intégrées au projet de loi de “simplification et de sécurisation de la vie des entreprises”.

En janvier 2013, la ministre chargée des PME, de l’innovation et de l’économie numérique, Fleur Pellerin, réfléchissait aux verrous réglementaires à faire sauter pour faciliter ce type de financements“.

WP_20130930_003Trois mesures principales devraient voir le jour. La création d’un statut de conseiller en financement participatif est notamment prévue. Il seraitmis en place par ordonnance“, précise France Info. Ce statut doit diminuer les besoins en fonds propres des plateformes de financement participatif à 100.000 euros. Soumis jusqu’à maintenant à la législation qui encadre les banques et assurances, elles devaient détenir 650.000 euros de fonds propres. Une somme énorme pour les petites structures.

La seconde mesure devrait permettre aux particuliers de réaliser un prêt participatif aux entreprises. Bien que le mécanisme se pratique déjà, celui-ci “est complètement interdit“, commente le cofondateur de KissKissBankBank, Vincent Ricordeau. Enfin, la demande d’agrément d’établissement de paiement, obligatoire mais difficile à obtenir, devrait être simplifiée.

Ce projet de loi intervient au moment où les plateformes de crowdfunding connaissent un véritable essor. Les sommes récoltées sont de plus en plus importantes. Un potentiel économique certain, que le gouvernement ne souhaite probablement pas laisser filer à l’étranger. Aux Etats-Unis, par exemple, la législation en matière de crowdfunding y est plus souple.

> Infographie des Echos sur le financement participatif:

 

 

Les fondateurs du site KissKissBankBank ont créé une nouvelle plateforme de prêts solidaires entre particuliers.

Financer son permis, un nouveau véhicule pour son entreprise, ou même un nouvel archet de violon… Que ce soit pour un besoin personnel ou professionnel, le nouveau né du financement participatif, Hellomerci, permet de récolter jusqu’à 15.000 euros en ligne, sous forme de prêts à taux zéro.

Le principe est assez simple: vous avez besoin d’argent pour telle ou telle dépense, vous lancez un projet sur le site en indiquant un montant, la durée de remboursement que vous souhaitez, et remplissez un profil. Après acceptation du projet, vous pouvez promouvoir votre page auprès de votre réseau, famille, amis, puis amis d’amis etc.

Le site créé par l’équipe de KissKissBankBank (plateforme de financement participatif sous forme de dons, où Youphil soutient des projets) prélève une commission de 3% à 6%, selon la durée du prêt, afin de couvrir les frais bancaires dont il se charge, en partenariat avec la Banque Postale.

Du don au prêt solidaire

Après les dons contre avantages, KissKissBankBank (KKBB) se lance donc dans le prêt solidaire. Selon Vincent Ricordeau, l’un des fondateurs, ce choix allait de soi: “Sur KKBB, on a financé 2800 projets sur environ 10.000 demandes. Il y avait beaucoup de projets personnels ou d’entreprises que nous avons refusés, car ils n’entraient pas dans la charte. On a donc décidé de créer une plateforme qui leur permettraient d’emprunter de l’argent pour les réaliser.”

Le risque de prêter

Comment être sûr que l’on va être remboursé? Le site prévoit une plateforme de médiation entre prêteurs et emprunteurs en cas de litige, mais il reste très franc sur cette question: “soyons très clair, prêter à un projet sur Hellomerci est plus risqué que d’ouvrir un livret A”, peut-on lire.

Vincent Ricordeau le confirme: “Il y a toujours un risque, comme pour la microfinance ou les récompenses sur KKBB, mais il est très faible. Ici, ce qui change, c’est tout de même la pression sociale de l’emprunteur qui demande de l’argent en public sur internet, d’abord au premier cercle de son réseau, amis et familles”, explique-t-il.

Economie collaborative et courts-circuits

Ce site de prêts directs entre particuliers (qui diffère donc de la microfinance et ses intermédiaires) semble être pionnier dans son genre. En France, en tout cas. Il abonde dans le sens de toutes ces initiatives de l’économie collaborative qui visent à court-circuiter les institutions ou intermédiaires classiques. Que ce soit les sites d’entraide pour réparer sa machine à laver ou son vélo, pour manger local ou pour troquer des objets.

L’idée de cette plateforme qui évite de passer par la case “banque” pour un petit prêt est plutôt attrayante; surtout au moment où ces établissements sont accusés de rechigner à prêter aux particuliers, ou alors à taux prohibitifs.

Vincent Ricordeau n’aime pas trop la comparaison avec une banque: “Notre travail est de permettre à des particuliers de faire de la collecte de fonds. Quand vous allez à la banque, c’est elle qui décide d’accepter votre demande de prêt ou non. Ici, c’est la communauté. On est un outil, pas un guichet.”

Investir tous les champs du crowdfunding

Avec 20 projets et plus de 70.000 euros collectés, deux semaines après l’ouverture du site, le 27 avril 2013, Hellomerci pourrait donner envie à d’autres adeptes du crowdfunding de développer leur propre plateforme.

Quant à l’équipe d’Hellomerci et donc de KissKissBankBank, elle compte investir dans un troisième volet du financement participatif: celui des plateformes de mise en relation d’entrepreneurs avec des particuliers qui investissent dans leurs projets.

 

Les plateformes de crowdfunding comme Kickstarter, Ulule ou encore Kisskissbankbank se multiplient et se spécialisent.

Ces sites permettant aux internautes de financer collectivement des projets ont naturellement séduit les acteurs de la solidarité, qui ont créé des plateformes spécifiques. Sélection.

1/ HopeMob, le bric-à-brac solidaire

hopemob.jpg

Joe et Jen aimeraient tenter une fécondation in vitro, Daniel voudrait payer des billets d’avion à sa famille qu’il n’a pas vu depuis six ans et Maria souhaiterait pouvoir opérer son chat… Pour financer leurs projets, tous ont fait appel à HopeMob, une plateforme de crowdfunding où chacun peut publier son “histoire” afin de récolter des dons. Mais attention : pas question d’utiliser HopeMob pour financer sa nouvelle paire de Louboutin ou son prochain écran plasma. L’équipe de HopeMob sélectionne rigoureusement les “histoires” et vérifie chacune d’entre elles.

2/ Watsi, la santé à tout prix

Watsi.jpg
La santé coûte cher, et aux quatre coins du monde, des personnes renoncent à se soigner faute d’argent. Watsi propose aux internautes de leur venir en aide en finançant leurs soins. Vous pouvez ainsi aider Keith, un Zambien de trois ans, à se faire opérer du pied ou encore Mario, un Guatémaltèque de 28 ans et amputé du bras, à se procurer une prothèse.

3/ Catapult, les femmes et les enfants d’abord

catapult.jpg
Lancé par l’organisation Women Deliver, le site de crowdfunding Catapult se concentre exclusivement sur les femmes et les petites filles, qui jouent un rôle majeur dans le développement. Pas d’initiatives individuelles sur cette plateforme, mais des projets lancés par des associations. She’s The First espère par exemple mettre en place un programme de bourses pour aider les jeunes filles à accéder à l’université. Health Poverty Action, de son côté, cherche à financer le fonctionnement de “birth waiting homes” au Sierra Leone pour s’occuper des femmes enceintes.

4/ Blue Bees, priorité au développement durable

bluebees.jpg“Misez sur des projets d’avenir” : voici la phrase d’accroche de Blue Bees, une plateforme française de crowdfunding visant à financer des projets “à forte valeur ajoutée sociale et/ou environnementale”. Mais aussi économiquement viable ! Car Blue Bees est une plateforme d’investissement. Si le projet que vous avez aidé à financer génère des bénéfices, vous en recevrez une part.

5/ Babyloan, microcrédit pour microentrepreneurs

babyloan.jpg
Un peu différent des autres, Babyloan permet aux internautes, non pas de donner ou d’investir, mais de prêter de l’argent à des microentrepreneurs. Comme Liz, qui a besoin de 1490€ pour financer une boutique de tableaux au Pérou. Le prêt minimum est de 20€, permet à l’entrepreneur de développer son activité et de rembourser les internautes. Jusqu’ici, plus de 5 millions d’euros ont été prêtés, permettant d’aider près de 13.000 entrepreneurs.

 

Notre sélection des sites web qui mettent le numérique au service d’un monde plus solidaire.

Le web solidaire fait son show en France. La Social Good Week présente dans tout l’hexagone des initiatives qui placent l’action sociale et la solidarité au coeur du numérique.

Ismaël Le Mouël, fondateur de MailforGood et blogueur sur Youphil, a importé ce concept inspiré du Social Good Summit américain, organisé chaque année par l’ONU et le site Mashable.

Au programme: crowdsourcing, financements innovants et participatifs, nouveaux modes de collaboration, compétitions entre développeurs, et même des rencontres entre acteurs du logiciel libre et de l’entrepreneuriat social!

L’occasion pour Youphil de sélectionner plusieurs sites incontournables du web solidaire.

#1 Crowdsourcing, Crowdfunding: faire connaître et financer son projet grâce aux internautes

Faire financer par les internautes des projets innovants, contournant ainsi les circuits bancaires traditionnels: voici le principe de ces sites qui mettent à l’honneur la création et encouragent les projets citoyens.

KickStarter: le premier site de crowdfunding américain a levé plus de 250 millions de dollars depuis sa création en 2009. Il a ainsi permis à des milliers de projets journalistiques, créatifs, musicaux, et solidaires de voir le jour.

En France, les sites de crowdfunding sont encore loin du géant américain, mais le succès est au rendez-vous. Citons, entre autres, KissKissBankBank et Ulule, pour les projets créatifs (artistiques ou journalistiques) et Imaginationforpeople pour repérer et soutenir des projets sociaux créatifs.

#2 Mails solidaires: aider des associations… via sa boîte mail

En acceptant d’intégrer, dans votre signature de mail, une bannière renvoyant vers le site d’une organisation caritative, vous pouvez soutenir une cause sans effort.

En France, la référence reste MailForGood, à l’initiative de la Social Good Week, qui propose désormais au internautes de visionner des publicités ou d’intégrer des modules de dons en ligne, plus rémunérateurs pour les associations. A signaler également, GiveBackMail: envoyez un mail, un don est versé à une ONG!

#3 Microcrédit en ligne: soutenir un entrepreneur à l’autre bout du monde

Le principe du microcrédit, médiatisé par le prix Nobel de la paix Muhammad Yunus? Permettre aux exclus du système bancaire d’accéder à des financements afin de développer leur projet entrepreneurial.

Kiva.org: le pionnier du microcrédit en ligne, lancé en 2005, a conquis plus de 830.000 utilisateurs en mettant en avant les histoires d’entrepreneurs en quête de financement. L’argument du site pour inciter les internautes à verser des micro-prêts? Le taux de remboursement, exceptionnel, de 98%.

En France, Kiva a ouvert récemment un site, mais c’est Babyloan.fr, crée en 2009, qui reste la première plateforme de microcrédit en ligne dans l’hexagone. Sans oublier MicroWorld, un des derniers venus, développé par l’ONG PlanetFinance.

#4 Troc en ligne, le système D tisse sa toile

Rendre des services à ses voisins, troquer son grille-pain contre une chaise ou encore donner un coup de main en informatique en échange d’un cours de couture: de nombreux sites favorisent les échanges de ce type entre internautes.

Troc services: un site de troc de référence, même s’il ne paie pas de mine.

Yakafoke: en lancement dans la sphère du web solidaire, ce site permettra d’échanger coups de main, prêts d’objets ou de savoir-faire.

#5 Crowdmapping: des données solidaires

Inscrivez vos informations sur des cartes pour aider à lutter contre la corruption ou donner un coup de main aux humanitaires en cas de catastrophes naturelles: le crowdmapping consacre l’avènement du journalisme citoyen.

I paid a bribe: sur ce site, les Indiens sont invités à raconter pourquoi et comment ils ont été amenés à payer un pot-de-vin. Objectif: lutter contre la corruption qui gangrène le pays. Un système de géolocalisation permet d’identifier la provenance des témoignages.

Catastrophe nucléaire au Japon, guerre en Libye, séisme en Haïti… le système de mapping Ushahidi propose aux internautes de publier leurs données, sur le web ou par SMS en cas de crise.

Sur le même principe, OpenStreetMap permet de “cartographier le monde”. En cas de catastrophe, les internautes se mobilisent pour faire bouger les cartes.

#6 Bénévolat en ligne: concilier un planning chargé et l’envie d’agir

Vous avez envie de soutenir une cause sans bouger de votre fauteuil? Plusieurs sites proposent du bénévolat en ligne. Dans un premier temps, vous partagez votre CV et vos compétences, avant d’identifier une cause à laquelle vous avez envie de dédier quelques minutes, ou quelques heures. L’intérêt: vous organisez votre temps comme bon vous semble.

En France, vous trouverez votre bonheur sur deux sites de bénévolat en ligne: Sparked et Betobe.

Les Nations Unies ont elles aussi lancé leur plateforme de bénévolat en ligne: OnlineVolunteering.

#7 Les moteurs de recherche solidaires: cherchez et donnez en un click

Plutôt que de faire grimper le chiffre d’affaires de Google, ces moteurs de recherche vous proposent de faire un don à une association à chaque fois que cherchez une information sur leur page.

Benelab: 100% des revenus sont reversés à des ONG et vous êtes informé de ce que devient votre don. Le tout financé par la publicité.

Ecosia: 80% du chiffre d’affaire est reversé aux projets du WWF en Amazonie. Vous pouvez également cliquer sur des liens sponsorisés pour augmenter les dons.

#8 Faire connaître sa cause grâce à Facebook et Twitter

Grâce à leurs millions d’utilisateurs, les réseaux sociaux sont devenus de formidables leviers de solidarités, pour faire connaître un enjeu de société méconnu, lever des fonds pour une cause, ou alerter sur une atteinte aux droits de l’Homme, via les hashtags sur Twitter, ou en mettant à jour son profil sur Facebook, par exemple.

Retrouvez 5 manières originales de faire connaître votre cause sur ces réseaux.

#9 Les serious games: quand jouer permet aussi d’agir

C’est la tendance 2012 du web solidaire: en rendant les utilisateurs “addict”, comme on peut l’être à un jeu vidéo, les serious games proposent de concilier application ludique et information engagée, tout en impliquant davantage l’internaute.

Même les organisations les plus sérieuses cèdent à la “gamification“, puisque le Programme Alimentaire Mondial a créé Free Rice, un jeu en ligne pour vaincre la faim.

D’autres ONG proposent aux internautes de s’impliquer davantage, par exemple en achetant des parcelles de forêts pour les préserver, comme Banco de Bosques.

#10 Pétitions en ligne: l’activisme 2.0

Des plateformes permettent de relayer plus facilement votre cause via des pétitions. Deux incontournables dans ce domaine:

Avaaz, le leader des pétitions en ligne, notamment dans les domaines de lutte contre la corruption et de respect des droits de l’Homme.

Thierry Barbaut et Youhil