Nigéria & manifestations…

Alors que les syndicats nigérians ont appelé lundi 16 janvier à la “suspension” de la grève générale qui paralyse le pays depuis plus d’une semaine, les autorités ont menacé d’arrêter toutes personnes qui continueraient à manifester contre la hausse du prix du carburant.

« Dorénavant, toute personne continuant à manifester sera arrêtée et déférée immédiatement au tribunal ». C’est ainsi que les autorités nigérianes ont menacé de réagir en cas de nouvelles manifestations, suite au mot d’ordre de suspension de la grève générale par les syndicats lundi 16 janvier.

« Tout individu ou groupe d’individus appelant à un changement de régime avant la fin de la présente législature commet une trahison et sera arrêté et poursuivi en justice, peu importe qui il ou elle est » a ajouté le communiqué officiel.

Cette annonce intervient alors que les syndicats ont appelé à cesser tout rassemblement, une semaine après le début de la grève générale qui répond à la hausse brutale du carburant suite à l’arrêt des subventions de l’État annoncé le 1er janvier.

« Les syndicats et leurs partenaires annoncent formellement la suspension de la grève, des rassemblements et des manifestations à travers le pays », a déclaré Abdulwahed Omar, le chef de la puissante centrale Nigeria Labour Congress, sans fixer de période à cette suspension.

“Déréglementation complète”

Plus tôt lundi, le président Goodluck Jonathan avait, sans céder sur le fond de cette réforme, annoncé une baisse du nouveau prix de l’essence d’environ 30%, « compte tenu des difficultés rencontrées par les Nigérians ». La brusque suppression au 1er janvier des subventions des carburants a entraîné le doublement du prix de l’essence à la pompe, passé de 65 nairas le litre (0,40 dollars, 0,30 euros) à 140 nairas ou plus du jour au lendemain. Le gouvernement nigérian compte pourtant « poursuivre une déréglementation complète du secteur pétrolier », a déclaré le président, tout en demandant l’arrêt de la grève.

Pendant l’allocution télévisée du chef d’État, quelque 300 manifestants ont alors protesté dans les rues de Lagos. Les forces de sécurité ont tiré en l’air et utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule tandis que les autorités prenaient des mesures pour empêcher les rassemblements dans le pays. Des barages avaient été erigés pour la première fois par des soldats armés aux points stratégiques de la capitale économique du Nigeria.

« Avec tout ce qui s’est passé durant les huit derniers jours, nous sommes certains que ni le gouvernement ni aucune institution ne pourra plus considérer qu’avec les Nigérians les choses sont acquises », a déclaré pour sa part Abdulwahed Omar, justifiant son appel à cesser le mouvement de grève général.

(Avec AFP)

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