La relève de Barkhane repoussée ?

Audition de Florence PARLY : les sénateurs saluent l’engagement total des armées ; la ministre annonce que la relève de Barkhane pourrait être repoussée « d’un ou deux mois »

Florence PARLY, ministre des armées, et Geneviève DARRIEUSSECQ, secrétaire d’État, ont été auditionnées en visio-conférence par la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat le vendredi 10 avril. La commission a rendu hommage à l’engagement total des forces armées au service de la Nation, qu’il s’agisse du territoire national, avec « Résilience » contre la crise sanitaire et « Sentinelle » contre le terrorisme, mais aussi de la défense de l’avant, sur les théâtres d’opérations extérieures (Sahel, Levant, Golfe arabo-persique …) : 30 000 soldats français restent intensément engagés en opérations.

Dans le cadre de Résilience, 139 patients ont été transférés depuis les régions les plus touchées, 130 soignants ont été acheminés vers des hôpitaux en tension. 6 000 personnes de plus ont été accueillies en consultation dans les Hôpitaux d’instruction des armées, où 121 patients sont aujourd’hui soignés en réanimation. L’hôpital de campagne de Mulhouse, véritable prouesse logistique, a accueilli 40 patients en réanimation. A l’heure où la solidarité européenne est questionnée, la ministre a souligné l’appui apporté par l’Allemagne, le Luxembourg, la Belgique et la Suisse.

La ministre des armées a annoncé que le mandat des actuelles troupes de Barkhane, ayant rejoint le théâtre d’opération en février, « pourrait être prolongé d’un ou deux mois ». La ministre a détaillé la situation sanitaire des armées : 369 cas de contamination confirmés par tests, 867 cas « déclarés », une estimation de 3 800 cas « probables et possibles ». Les sénateurs ont interrogé le Gouvernement sur les mesures de protection des forces avant projection en opérations.

Christian CAMBON (Les Républicains, Val-de-Marne), président de la commission, a déclaré, à l’issue de l’audition : « Les armées font un effort extraordinaire. Mais il faut avoir le courage de le dire : elles ne pourront donner que ce qu’elles ont ! Attention à l’usure, dans cette « course de fond » : cet engagement a un coût, en particulier sur le plan humain. La loi de programmation militaire devra être pleinement appliquée pour permettre, demain, la régénération du potentiel

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