Kenya: Attaque terroriste des Shebabs Somaliens dans un centre commercial de Nairobi, 70 morts et plus de 200 bléssés

Selon la police, il y aurait plus de 70 morts et des centaines de blessés, dans l’attaque survenue  à Nairobi.

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L’organisme de coopération policière international a émis une notice rouge à l’encontre de la Britannique Samantha Lewthwaite, dite la “Veuve Blanche” à la demande du Kenya.

Samantha Lewthwaite, 29 ans, également connue sous le nom de Natalie Webb, est recherchée par le Kenya pour détention d’explosifs et complot en vue de commettre un crime. Ses charges remontent à décembre 2011.

Son nom est réapparu à l’occasion de la récente prise d’otages à Nairobi, à laquelle la jeune femme est soupçonnée d’avoir participé.

Pendant l’attaque sanglante du centre commercial Westgate de Nairobi, qui a duré plus de quatre jours, un élan de solidarité s’est tout de suite mis en place autour des résidents du quartier.

Un centre religieux hindou a servi de base pour accueillir les forces de sécurité et les agences sanitaires. Des psychologues se sont manifestés dans les hôpitaux. Reportage à Nairobi.

Les chariots sont remplis. Paquets de tranches de mie de pain, bouteilles d’eau en plastique et autres sodas sont apportés près de l’étal. La file d’attente pour le repas de la mi-journée est plutôt insolite : soldats des forces spéciales, paramilitaires, policiers, volontaires de la Croix-Rouge et journalistes.

Depuis dimanche, le centre Oshwal, de la communauté jaïniste, situé à 500 mètres du mall de Westgate, concentre un mouvement de solidarité impressionnant. Les sourires des volontaires ont créé comme une bulle de générosité juste à côté d’un massacre sanglant.

Bhupendra Shah, un membre très actif de la communauté, montre l’étal : « Tout ça, ce sont des donations. Fruits, légumes… Il y avait des pommes ici. Ah, les pommes sont terminées ! Vous savez, ici, nous avons 6 000 membres environ ; ça vient de nos membres, d’organismes affiliées, principalement hindous. »

Ils étaient prêts à prodiguer des soins

Le jaïnisme est une religion qui repose sur un principe suprême : la non-violence, comme l’explique Bhupendra : « Dans la religion hindoue, on ne peut pas faire mal. Même à un insecte. On le laissera voler. Notre religion consiste à donner. Toujours donner et ne jamais tuer. »

Dans le sous-sol, une unité médicale a été brièvement installée pour les soldats kényans blessés, mais a ensuite été redéployée sur une base militaire. Des premiers soins avaient été préparés dimanche pour les éventuels survivants. Puis on les a remballés. Car des survivants, on en attendait plus…

« Nous sommes là pour eux »

Pendant la prise d’otages interminable, des psychologues se sont aussi mobilisés pour aider les personnes traumatisées. Ils vont dans les hôpitaux, rencontrent les victimes et tentent de les aider à dépasser ce drame. Lorsqu’ils prient tous ensemble, ils sont assis en cercle, baissent la tête et ferment les yeux.

Au préalable, on apprend aux personnes qui reviennent du mall à inspirer et expirer profondément, à détacher leur esprit de mauvaises pensées. Ainsi, depuis samedi, une petite quarantaine de personnes écoute les récits de personnes libérées de l’enfer. Ils sont déployés principalement dans les hôpitaux.

Oscar Githua est psychologue. Il relate : « Nous sommes là pour eux, nous tentons de les réconforter, nous leur disons que nous sommes là pour eux. »

« Il faut s’assurer qu’ils sont okay »

Les personnes qui ont pu s’échapper ou qui ont été sauvées ne sont pas les seules à avoir besoin de soutien. Policiers, militaires et forces spéciales peuvent aussi consulter.

« Les militaires sont comme nous, ce sont des êtres humains, explique le psychologue. Dans les équipes qui sont intervenues en premier, les hommes n’étaient pas entraînés pour ce genre de choses, faire face à des situations aussi extrêmes. Eh oui, ce sont des forces de sécurité, mais nous devons aussi nous assurer qu’ils sont okay. »

Après la prière, tout le monde relève la tête, ouvre les yeux. Un nouveau groupe va être déployé pour écouter des récits poignants et tenter d’extirper doucement le traumatisme des esprits.

Les autorités kényanes affirmaient lundi soir que leurs forces de sécurité avaient repris le contrôle du centre commercial Westgate et que tous les otages avaient été libérés.

Selon un dernier bilan, l’attaque a fait au moins 62 morts et 200 blessés. Mais quid des personnes toujours portées disparues ?

Que sont devenus les assaillants ?

Le ministère des Affaires étrangères a en tout cas affirmé que plusieurs Américains et une Britannique figuraient parmi les assaillants. Le président kényan, Uhuru Kenyatta, doit s’exprimer dans les prochaines heures.

L’opération touche à sa fin selon le ministre de l’Intérieur

Dans une interview à Reuters, le ministre de l’Intérieur kényan affirme que la quasi-totalité des otages ont été libérés, bien qu’il ne puisse donner le nombre de personnes toujours prisonnières du centre commercial. Le bilan humain est revu à la baisse, avec 62 morts recensés par les services de l’Etat, contre 69 pour la Croix rouge.Le ministre explique que l’épaisse fumée qui se dégage du centre commercial provient de matelas brûlés par les terroristes. Ces derniers, de différentes nationalités, auraient également mis le feu au supermarché présent au sein du bâtiment. “Les islamistes”, cernés par les forces de l’ordre, “ne peuvent plus s’échapper”, affirme-t-il.Le membre du gouvernement kényan a également tordu le cou à une rumeur développée par la presse tabloïd britannique selon laquelle une femme d’origine anglaise ferait partie des assaillants. “Il n’y a que des hommes, bien que certains se soient déguisés en femmes”, explique-t-il.

La tension monte encore d’un cran au Kenya.

Tôt lundi matin, une intense fusillade d’une quinzaine de minutes, suivies par trois explosions, s’est fait entendre dans le centre commercial Westgate de Nairobi, cible d’une attaque terroriste depuis deux jours.

Dans le même temps, l’armée kényane, qui avait déjà chargé plusieurs fois sans succès dimanche, annonçait sur Twitter vouloir mettre fin au plus vite au siège des islamistes.

Ce nouvel assaut a amplifié la colère de ces derniers. Quelques minutes après l’arrêt de la fusillade, le porte-parole des Chebab a annoncé, dans un message posté sur Internet, que l’organisation «autorise les moudjahidine à l’intérieur du bâtiment à agir contre les prisonniers» en cas de nouvelle attaque des forces de l’ordre. En d’autres termes, à abattre les clients du centre commercial qui n’ont pas encore pu être secourus.

L’Elysée précise que deux Françaises ont été tuées. Des hommes en armes ont pris d’assaut le centre commercial Westgate, où ils se sont ensuite retranchés avec des otages. Les shebabs somaliens ont revendiqué l’attaque. Au lendemain du début de l’attaque, les assaillants sont toujours encerclés par les forces de l’ordre.

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Equipés de grenades et d’armes automatiques, les assaillants ont tiré sur les clients, femmes et enfants inclus, et sur le personnel, faisant 70 morts selon le dernier bilan, délivré par le président kényan à la télévision KBC Channel 1. Uhuru Kenyatta a également parlé de 200 blessés. « J’ai personnellement perdu des membres très proches de ma famille », a même confié le chef d’Etat, qui promet : « Nous vaincrons le terrorisme. »

Selon de nombreux témoignages les assaillants du centre commercial de Nairobi auraient abattu systématiquement les non-musulmans.

Un responsable de la sécurité explique: “les survivants disaient que les hommes armés demandaient aux gens de confirmer s’ils étaient de vrais musulmans. Et si ce n’était pas le cas, ils tiraient”.

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attaques-kenyaArmés de grenades et d’armes automatiques, les assaillants ont tiré sur les clients, femmes et enfants inclus, et sur le personnel, faisant 30 morts selon le dernier bilan, ainsi que des dizaines de blessés. La Croix-Rouge kényane affirme avoir apporté son assistance à quelque 200 rescapés marqués psychologiquement.

Quelques minutes après le début de l’attaque, les forces de l’ordre, présentes sur place en grand nombre, ont fait savoir que les assaillants s’étaient retranchés dans le centre commercial avec plusieurs otages. « Ils ont sept otages », a déclaré un agent de police à un journaliste de l’AFP présent sur place.

Plus tard dans l’après-midi, la police a annoncé avoir blessé et arrêté l’un des assaillants, puis l’avoir transferé à l’hôpital sous étroite surveillance. Une source sécuritaire citée par l’Agence France-Presse relate que les survivants du commando armé « ont été isolés et encerclés dans un secteur de l’un des étages. Le reste du centre commercial semble sécurisé. »

Des assaillants parmi les otages évacués de l’immeuble ?

Selon notre correspondante à Nairobi, intervenue sur l’antenne de RFI à 19h (heure française), « le rez-de-chaussée serait nettoyé. Il semblerait que les assaillants soient entre les 1er, 2e et 3e étage. Ils seraient pris en étau par les troupes d’élite. »

« Il y a une heure (18h, heure française, NDLR), les assaillants ont tiré dehors depuis une des fenêtres, témoigne la correspondante de RFI. Des balles sont venues se loger sur des véhicules garés non loin de là où j’étais. »

  • Proche du siège local des Nations unies, l’endroit est régulièrement cité par les sociétés de sécurité comme une cible possible de groupes liés à al-Qaida – tels les insurgés somaliens shebab, qui ont souvent menacé de mener des attaques sur le territoire kényan à cause du soutien militaire de Nairobi au gouvernement somalien.

Un responsable d’une société privée en charge du complexe a déclaré à RFI que des assaillants tentaient de changer d’habit pour sortir ni vu ni connu. D’autres personnes responsables de la sécurité pensent que d’autres assaillants ont déjà pu s’enfuir en se mêlant aux otages.

La terreur parmi les clients

attaques-nairobiDes hélicoptères survolent les lieux. Autour du bâtiment, tandis que la police lançait les hostilités, la foule était maintenue à distance par les forces de l’ordre. Agents de sécurité privés, policiers et militaires entouraient les lieux.

A l’intérieur du centre commercial, toute l’après-midi, les troupes ont progressé magasin par magasin, afin d’évacuer les clients et les employés pris au piège. Plusieurs hommes et femmes ont fui la zone terrifiés. De nombreux enfants blessés ont été évacués sur des chariots.

Certaines images parvenant des lieux sont terribles. Sur Twitter, le chef de la police kényane David Kimaiyo a d’ailleurs prié les chaînes d’information de « cesser la couverture/retransmission des faits en direct (…) avec effet immédiat ». Quant au ministère de l’Intérieur, il a très vite ordonné de rester à l’écart de Westgate pendant les opérations.

«Nous vous avions prévenu»

Les shebab somaliens, liés à Al-Qaïda, ont revendiqué l’attaque en soirée. «Les moujahidines ont pénétré aujourd’hui vers midi dans Westgate. Ils ont tué plus de 100 infidèles kényans et la bataille se poursuit», ont affirmé les islamistes sur leur compte Twitter, qui a été suspendu dans la nuit. «Nous vous avions prévenu!» «Ce que les Kényans voient à Westgate, c’est de la justice punitive pour les crimes commis par leurs soldats» en Somalie «contre les musulmans», ont-ils écrit, rappelant avoir «prévenu le Kenya à de nombreuses reprises».

What Kenyans are witnessing at #Westgate is retributive justice for crimes committed by their military, albeit largely miniscule in nature

— HSM Press Office (@HSM_Press) September 21, 2013

L’armée kényane était entrée en 2011 dans le sud de la Somalie où elle s’est maintenue depuis, dans le cadre d’une force africaine soutenant le gouvernement somalien et qui a infligé de nombreuses défaites aux islamistes. «Le message que nous envoyons au gouvernement et à la population kényane est et sera toujours le même: retirez toutes vos forces de notre pays», ont ajouté les shebab. L’attentat de samedi pourrait être le plus meurtrier à Nairobi depuis une attaque-suicide d’al-Qaïda en août 1998 contre l’ambassade américaine, qui avait fait plus de 200 morts.

Le chef de la police de Nairobi a d’abord parlé d’un braquage qui aurait mal tourné. Mais d’après le secrétaire général du ministère de l’Intérieur, Mutea Iringo, il pourrait s’agir d’une opération terroriste. Ce centre commercial est régulièrement cité par les sociétés de sécurité comme une cible possible de groupes liés à al-Qaïda, comme les insurgés somaliens shebabs.