Révolution verte en Afrique: Plus de 60 ONG attaquent l’AGRA qui favorise les cultures OGM

Une soixantaine d’ONG africaines ont critiqué sévèrement les politiques de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) qui «favorisent les cultures génétiquement modifiées (OGM) et des technologies ayant des répercussions néfastes sur les paysans et les écosystèmes».

Ces ONG, parmi lesquelles figurent l’Alliance pour la sécurité alimentaire en Afrique, le Réseau africain de la Biodiversité et la plateforme régionale des  Organisations paysannes d’Afrique Centrale (PROPAC), affirment  que les pratiques qui relèvent des OGM et celles visant à accroître les rendements agricoles des pays en développement grâce à des innovations spécifiques vont, à long terme, nuire aux écosystèmes de tout le continent.

agra-revolution-verte-afrique«Les technologies de la révolution verte profitent à relativement peu d’agriculteurs et les bénéfices se font souvent aux dépens de la majorité. Ces technologies provoquent une concentration de la propriété, augmentent les économies d’échelle et réduisent le nombre de foyers produisant de la nourriture dans un contexte où les autres moyens de subsistance sont limités», ont expliqué ces organisations dans une lettre adressée à la présidente de l’AGRA, Jane Karuku.

Les organisations notent également que la propriété intellectuelle de nombreux types de plantes reviendra aux grandes sociétés multinationales. «La propriété privée des savoirs et des ressources matérielles comme les semences et le matériel génétique signifie que les droits de propriété (royalties) échappent à l’Afrique et passent aux mains des multinationales », ont-elles précisé.

Les ONG estiment, par ailleurs, que l’AGRA pousse les agriculteurs africains à devenir dépendants des cartels de l’industrie agro-alimentaire. «L’AGRA pousse les agriculteurs dans la mauvaise direction en les incitant à s’endetter pour acheter plus de produits agrochimiques et de semences hybrides aux entreprises», a déclaré à IRIN, Teresa Anderson de la Fondation Gaia.

«Depuis plusieurs années, des ONG travaillent dans toute l’Afrique avec les agriculteurs afin de les encourager à ne plus utiliser des engrais chimiques et de pesticides et à améliorer la santé des sols et des écosystèmes, la diversité des semences et leur souveraineté alimentaire. L’AGRA est en train d’effacer une décennie de progrès agro-écologiques en Afrique en poussant les agriculteurs à s’endetter et à retomber sous le joug des cartels mafieux qui se montrent impitoyable avec les agriculteurs pauvres produisant à petite échelle», a indiqué, de son côté,  Ruth Nyambura du Réseau africain de la biodiversité.

L’AGRA a été fondée en 2006 grâce à un partenariat entre la Fondation Rockefeller et la Fondation Bill et Melinda Gates. Elle travaille en collaboration avec des petits agriculteurs sur l’ensemble du continent en leur accordant des microcrédits et en leur fournissant des semences hybrides et des engrais pour accroître le rendement de leurs cultures. De cette façon, l’AGRA espère lutter contre la faim et la pauvreté sur le continent.

Thierry Barbaut

close