Startup Connect 2015 pour une économie moins dépendante de l’industrie minière en R.D.Congo

L’initiative Startup Connect voudrait œuvrer dans la promotion de jeunes entreprises dotées d’énormes potentiels pour la diversification de l’économie congolaise.

A travers ses activités de type think tank organisées tout au long du mois d’août 2015 en groupes des discussions (focus group) avec des jeunes entrepreneurs dans les villes de Lubumbashi et de Kolwezi, l’initiative Startup Connect pose la problématique d’actions à envisager afin d’opérer dans une économie moins dépendante de l’industrie minière dans les régions minières du sud-est de la République Démocratique du Congo.

Considérant à cet effet l’expérience de nombreux entrepreneurs congolais dans la ville de Kinshasa qui ont pu bâtir un environnement d’affaires où les activités s’inscrivent en majorité  dans le domaine des services, sachant bien qu’aucune exploitation des ressources naturelles n’a lieu dans cette ville et province de la République Démocratique du Congo, l’initiative Startup Connect se dote d’un modèle de travail fondé sur le principe d’intelligence collective en vue de partager l’expérience des entrepreneurs opérant déjà dans des secteurs parallèles à ceux de la chaîne d’approvisionnement dans l’industrie minière et de pousser la créativité des jeunes entrepreneurs qui rejoignent cette initiative à la création d’une économie moins dépendante de l’industrie minière.

 

70% des jeunes de la région sont enthousiasmés à travailler dans l’industrie minière

La reprise des activités d’exploitation des ressources naturelles en République Démocratique du Congo au cours de la décennie 2005 – 2015 est à juste titre considérée comme l’un des secteurs ayant activement contribué à l’augmentation graduelle du taux de croissance économique enregistrée dans les pays depuis peu.

Le gros de ces activités d’exploitation s’inscrivant principalement dans le secteur minier et essentiellement concentré dans la partie sud-est du pays se caractérise par une exploitation artisanale d’une part et par une exploitation industrielle d’autre part.

Pour les deux cas de figure, l’exploitation minière s’est imposée comme une filière créatrice du grand nombre d’emplois, au sens large du terme et sans dissociation de ceux dits « formels » et de ceux dits « informels », dans cette région du pays.

Pour les provinces du Haut-Katanga et du Haut-Lomami, où l’exploitation largement industrielle des minerais du cuivre et du cobalt cohabite avec des poches d’exploitation artisanale, exercer un emploi dans la filière minière de manière régulière en tant qu’employé d’une entreprise reconnue par la loi congolaise en la matière ou irrégulière en qualité de creuseur artisanal ou d’intermédiaire commercial de la chaîne d’exploitation artisanale, est perçu socio-culturellement comme un travail à rémunération honorant l’homme et la communauté. Ce qui explique l’enthousiasme de 70% des jeunes rencontrés lors de nos enquêtes dans les villes de Lubumbashi, Kolwezi, Likasi et dans les cités de Kipushi, Fungurume, Pweto, à travailler dans le secteur minier.

 

Au milieu de ceux qui n’ont pas pu se trouver un emploi dans la filière minière, nous avons rencontré une autre catégorie des jeunes dotés d’une imagination poussée au point qu’ils sont parvenus à entreprendre pour leur propre compte et  en qualité des fournisseurs des services, biens de consommation et d’équipement divers aux entreprises minières de la région.

Pour la plupart issue de l’industrie minière, ces jeunes entrepreneurs ont une connaissance approfondie des besoins des opérateurs miniers et font tant soit peu concurrence aux fournisseurs provenant des pays de l’Afrique australe ; quoique ces derniers sont perçus comme une menace pour les entrepreneurs locaux au regard de leur avance en matière d’accès à un système financier efficace pour les PME, aux nouvelles technologies et de la qualité des produits/services fournis.

 

Entreprendre dans la chaîne d’approvisionnement de l’industrie minière ou rien.

L’enregistrement en tant que fournisseur agréé auprès d’une société minière relève du parcours du combattant pour le jeune entrepreneur.

S’il parvient à être inscrit dans la liste des fournisseurs, son chiffre d’affaires demeure toutefois précaire vu la concurrence locale entre les fournisseurs. La chute du prix des minerais sur les marchés mondiaux se traduit par une réduction du volume d’investissement et d’achats de la part de ces multinationales, cet état de fait fragilise directement les petits entrepreneurs.

Pour les entrepreneurs n’étant pas issus de l’industrie minière comme ex-employé et pour ceux n’ayant aucun carnet d’adresses enrichi aux contacts de ceux qui y travaillent, pénétrer ce cercle hermétiquement fermé relève d’un grand défi. La guerre pour l’obtention des marchés va au-delà de la compétitivité pour ne considérer que l’affinité entre le demandeur et le fournisseur.

Par conséquent, peu d’entrepreneurs font de « bonnes affaires » et rien ne garantit un épanouissement durable de ceux qui réalisent des opérations de type vache à lait avec les opérateurs miniers. Ce type d’opérations est précaire vu qu’il se repose souvent sur des affinités proches ou lointaines entre l’entrepreneur et certains acteurs de la filière des approvisionnements.

She always looks her best at work

Des opportunités entrepreneuriales moins dépendantes de l’industrie minière

Avec une population active estimée à près de 8 millions d’habitants, une superficie de 497 000 km², soit environ la taille de l’Espagne, le marché local de la région sud-est de la République Démocratique du Congo, et particulièrement dans celle du Haut-Katanga et du Haut-Lomami, offre d’énormes opportunités d’affaires dans lesquelles les entrepreneurs les plus innovant peuvent s’épanouir.

Le potentiel démographique présente particulièrement une opportunité de croissance rapide pour les filières de la manufacture, de la grande distribution (« retails ») et des services.

A lui seul, le secteur de l’industrie agro-alimentaire dépend largement des importations en provenance des pays  voisins. Pour un produit comme la farine de maïs, localement appelée « Bukari », une étude fournie par l’agence conseil en communication CREABOX révèle que 10 marques sur les 12 présentes sur le marché sont importées de la Zambie. Ce même constat s’applique également sur bien d’autres produits de consommation notamment dans la biscuiterie, les huiles végétales, les garnitures s’appliquant sur les pains notamment le beurre d’arachide, l’œuf de table et bien plus.

A côté de celui-ci le pays entier compte 66.8% de taux d’alphabétisation (15 ans et +), 49% Taux de pénétration de la téléphonie mobile, 6 acteurs principaux et 2,5% de taux de pénétration d’Internet. Ces facteurs représentent une part non négligeable dans l’usage du numérique pour la création des richesses en République Démocratique du Congo à travers l’entreprenariat dans le domaine de l’éducation, des services sociaux de base et du commerce.

A ce propos, nous considérons que le potentiel ci-haut présenté dans le grand secteur des services est une manne d’or aux opportunités grandissantes pour les nouvelles technologies appliquées à la finance, aux télécommunications, à la télévision payante et au commerce des détails. Tout en ajoutant à ces derniers, les services hôteliers, le transport et l’énergie pour laquelle les alternatives d’énergies renouvelables sont d’une importance capitale pour combler le déficit en eau et en courant électrique que connaissent les agglomérations urbaines et rurales de la région.

Aux prises avec ces différentes opportunités qu’offre la région, l’initiative Startup Connect tend vers la mise en commun des expériences et des innovations des jeunes entrepreneurs congolais pour la création d’un business hub destiné à diversifier l’économie nationale de la République Démocratique du Congo.

C’est dans cette optique que s’inscrit sa campagne d’enregistrement des Startups (entreprises et personnes physiques) pour le grand rendez-vous Startup Connect 2015 le 26 et 27 novembre à Lubumbashi au Centre Arrupe (Av Kilela Balanda) en vue de connecter les plans d’affaires de ces derniers aux offres des institutions et sociétés financières (banques, fonds d’investissements et investisseurs privés, fondations) invitées à cet effet.

L’inscription se fait uniquement en ligne à l’adresse ci-dessous

Formulaire en ligne : www.creaboxcom.com/startupco

Les inscriptions seront clôturée le 15 Septembre 2015 L’entreprenariat féminin est vivement encouragé

Les secteurs concernés :

  1. Les services financiers
  2. L’agro-alimentaire
  3. L’environnement et le développement durable
  4. La Construction, le bâtiment et travaux publics
  5. L’énergie « eau et électricité »
  6. Les services
  7. L’industrie (mécanique, chimique, électronique, etc.)
  8. Transport & Logistique
  9. Nouvelles Technologies
  10. Entreprenariat féminin

Hamidou Elebe jeune entrepreneur visionnaire. Directeur de l’agence Marketing & Publicité Creabox Communication

Thierry BARBAUT - Numérique, économie, Afrique et développement
Thierry Barbaut est expert en stratégie numérique sur les projets en Afrique -#Numérique #Innovation #Afrique #Data #Économie #ODD - Directeur Numérique et communication digitale de l'ONG La Guilde et l'Agence des Micro Projets depuis 2013. 20 années de pilotage de projets dans plus de 40 pays: eau, santé, éducation, agriculture, énergies renouvelables, entrepreneuriat et numérique. Auteur et conférencier sur l'Afrique et le numérique.