Burundi : nouveau gouvernement, persistance de la controverse

Le président Nkurunziza vient de nommer le gouvernement pour son nouveau mandat.

Cependant, l’opposition élève le ton et promet de tout faire pour bloquer ce mandat

Un gouvernement pour un nouveau mandat est déjà en exercice depuis ce mardi 25 août 2015. Le constat est que la composition de cette équipe est renouvelée à grande majorité. Alain-Guillaume Bunyoni est à la tète de la sécurité publique et Nestor Bankumukunzi, qui était jusqu’alors directeur de la Télévision nationale, passe aux commandes du ministère des Télécommunications et Communication.

On remarque aussi la présence de ministres en provenance des rangs d’Agathon Rwasa. Ceux-ci héritent de cinq portefeuilles : Bonne gouvernance, Fonction Publique et Emploi, Transports et Travaux publics, Jeunesse et Sports ainsi que le ministère du Développement communal.

Aimée-Laurentine Kanyana, jusqu’à ce 25 août magistrate à la Cour constitutionnelle, remplace Pascal Barandagiye qui occupe le portefeuille de l’Intérieur en remplacement d’Edouard Nduwimana élu 2ème vice-président de l’Assemblée nationale.

Dans ce gouvernement, cinq ministres conservent leurs postes. Alain Aimé Nyamitwe reste aux Affaires étrangères, Côme Manirakiza garde l’Energie et Mines, Emmanuel Ntahomvukiye reste à la Défense, Léontine Nzeyimana reste ministre à la présidence chargée des Affaires de la Communauté est-africaine (EAC) et Tabu Abdallah Manirakiza garde le portefeuille des Finances et du Budget.

Alain Aimé Nyamitwe, ministre des Affaires étrangères.
Alain Aimé Nyamitwe, ministre des Affaires étrangères.

 

Certaines voix estiment que les quotas ethniques imposés par la Constitution ont été respectés. Ce gouvernement comporte, en effet, 12 ministres hutu (60%), huit tutsi (40%) ainsi que 6 ministres femmes (30%).

Le gouvernement est formé mais l’opposition réunie au sein du CNARED (Conseil National pour le Respect de l’Accord d’Arusha pour la paix et la Réconciliation au Burundi et la Restauration de l’Etat de Droit) exige le départ immédiat de Nkurunziza car, selon elle, « il est nommé par un président qui a violé la Constitution et les Accords d’Arusha ». Le CNARED veut négocier le départ du président Nkurunziza. En cas de résistance, cette formation politique d’opposition promet de recourir à la force.

Gaspard Maheburwa