400 millions de dollars pour l’éducation

Un financement important pour une des principales thématique du développement. Le Partenariat mondial pour l’éducation approuve plus de 400 millions de dollars de financement pour assurer la continuité de l’apprentissage des enfants pendant la crise du COVID-19 (coronavirus)

Le Partenariat mondial pour l’éducation (PME) a approuvé des financements pour un montant total de 381 millions de dollars, destinés à aider 47 pays à faire face aux fermetures d’écoles dues à la crise du coronavirus, et à garantir la continuité de l’apprentissage des enfants pendant cette période. Un montant supplémentaire de 20 millions de dollars a été alloué à une initiative conjointe gérée par l’UNESCO, l’UNICEF et la Banque mondiale dont le but est d’assurer l’efficience des programmes mis en place à l’échelle régionale et mondiale et le partage des connaissances. 

Près de 720 millions d’élèves ne sont toujours pas scolarisés dans les pays en développement où les effets combinés des fermetures d’écoles et des difficultés économiques dues au coronavirus menacent d’annihiler les gains durement acquis ces dernières décennies dans le domaine de l’éducation. Les filles sont particulièrement à risque, car elles sont plus susceptibles d’avoir à assumer des tâches ménagères en même temps qu’elles poursuivent leur apprentissage à distance. Celles non scolarisées sont également plus vulnérables aux violences sexistes et aux grossesses et mariages précoces. 

« Il existe un risque réel que des millions d’enfants parmi les plus vulnérables, les filles en particulier, ne remettent jamais les pieds dans une salle de classe », a déclaré Alice Albright, Directrice générale du PME. « Le PME est déterminé à veiller à ce qu’aucun enfant ne perde accès à l’éducation à cause du COVID-19. Nos fonds d’urgence aident les pays partenaires à maintenir l’engagement des enfants dans l’apprentissage et à assurer leur retour dans les écoles au moment de leurs réouvertures. » 

Les gouvernements des pays en développement utilisent les fonds du PME pour améliorer l’accès à l’enseignement à distance, soutenir la réouverture en toute sécurité des écoles et renforcer la résilience du secteur de l’éducation aux éventuelles crises futures. 

Les programmes d’apprentissage à distance mis en œuvre dans les pays partenaires du PME varient considérablement, mais les trois quarts d’entre eux se basent sur la radio, la télévision et la distribution de documents imprimés. Ces approches garantissent aux enfants les plus marginalisés – ceux n’ayant pas accès à une connexion Internet ou même à l’électricité – de ne pas être trop en retard sur les autres. Le PME travaille avec les pays partenaires pour veiller à ce que les financements soient fortement axés sur les enfants les plus marginalisés, en mettant par exemple du matériel adapté à la disposition des enfants souffrant de troubles de l’apprentissage ou de handicaps. 

« Il est essentiel que les programmes d’enseignement à distance atteignent les filles et les garçons les plus pauvres et les plus marginalisés et ne soient pas seulement accessibles aux plus riches et aux personnes valides », a déclaré Serigne Mbaye Thiam, Vice-président du Conseil d’administration du PME. « Le financement d’urgence du PME garantit aux pays d’obtenir un soutien technique et financier pour soutenir l’apprentissage de tous leurs enfants. » 

De nombreux gouvernements utilisent simultanément plusieurs plateformes pour atteindre le plus grand nombre d’apprenants. Au Rwanda par exemple, le financement de 10 millions de dollars du PME soutiendra la diffusion de programmes éducatifs par la radio et la télévision, et fournira également du contenu éducatif en ligne via une chaîne YouTube et une plateforme d’apprentissage en ligne. Le Timor-Leste utilise quant à lui son financement de 3,5 millions de dollars pour étendre son initiative « Eskola Ba Uma » (L’école à la maison), qui consiste en une série de cours interactifs diffusés à la radio et à la télévision, et également disponibles en ligne et en version imprimée. 

Certains pays profitent de l’élan donné par la crise du COVID-19 pour investir dans des solutions qui favoriseront une meilleure résilience aux éventuelles perturbations futures. Les gouvernements des États des Caraïbes orientales, tels que la Dominique, la Grenade, Sainte-Lucie et Saint-Vincent-et-les Grenadines, utilisent leur financement régional pour assurer à chacun des enfants de ces pays l’accès à un dispositif d’apprentissage en ligne. Un partenariat innovant avec le secteur des télécommunications leur garantira un accès gratuit aux supports d’apprentissage en ligne. Cet investissement dans l’apprentissage à distance pourrait également être utilisé dans les futures situations d’urgence, les quatre pays figurant parmi les plus vulnérables aux ouragans et autres catastrophes naturelles dans le monde. 

Suite au lancement du fonds COVID-19 du PME le 1er avril, 51 pays ont formulé des demandes de financements d’urgence pour un montant total initial de 537 millions de dollars. En réponse à la forte demande, le PME a augmenté sa fenêtre de financement d’urgence COVID-19 à 500 millions de dollars en juin. On s’attend à ce que 16 autres pays formulent des demandes pour un total de 51 millions de dollars au cours des prochains mois.