Coupe du monde ou “jeux du cirque”

Pardon je voulais parler du mondial de football.

Quel beau spectacle que de voir des millionnaires jouer au ballon devant des affamés, le pays hôte de ces jeux ne le sait que trop, émeutes et manifestations se suivent et se ressemblent.

Gabegie ? Pas du tout ! Rien n’est trop beau et cher pour amuser les peuples, les romains s’en souviennent, on visite encore les temples dédiés à cet opium populaire. L’engouement pour cet événement tombe bien, en plein marasme économique mondial, après les frasques et turpitudes du monde financier qui ose sponsoriser l’événement, face à un chômage persistant  et endémique, le royaume du ballon prend le pouvoir de l’espoir.

Car il s’agit de cela, l’espoir que l’individu à perdu pour sa propre condition est transféré sur les épaules de Divas tatouées résidant dans les cinq étoiles loin des favelas malodorantes. Rassurez-vous ce qui se vend dans les maisons en tôle et les rues suintantes de déjections se trouve aussi dans les hôtels, le fournisseur suit toujours le consommateur !

La ferveur relayée par tous les médias qui de ce fait l’entretienne, range au second plan si ce n’est encore plus loin des problèmes qui eux sont endémiques, guerre, massacres, faillites, douleurs et réussites dans des domaines moins porteurs. Cette ferveur à l’heure de la mondialisation, ou pour les plus pessimistes de la globalisation, à un effet pervers. Les identités se reconstruisent derrière un drapeau ou un hymne que les acteurs de terrain ne connaissent souvent pas ou comme une certaine ministre française ne daignent pas chanter tant ils ont peur, peut-être de se tromper dans les paroles !

Crédit photo Réveil Mutin
Crédit photo Réveil Mutin

Oui le sport est une belle aventure et quand elle est partagée par toutes les nations cela peut devenir un moment de communion de notre espèce. L’usage que l’on en fait risque cependant de pervertir son bon côté.

L’indécence des salaires des joueurs, l’abomination économique des investissements, le mercantilisme ambiant ont réussi à faire de ce rassemblement un pur produit marchand pour les fabricants de télévisions, les sponsors de tous poils y compris ceux dont le lien sportifs reste à démontrer, les publicitaires ravis d’avoir une audience captive et tous les marchands du temple aux étals remplis par des pacotilles fabriquées par des enfants ou des travailleurs exploités à l’autre bout du globe.

Les organisateurs en charge de créer ce rêve quadriennal sont eux aussi acteurs de ces dérives, n’ont-ils pas envisagé de polluer notre atmosphère et sa couche d’ozone  pour refroidir des stades tant le choix du lieu, pas si loin de zones désertiques ou l’on meure encore de soif,  et de l’époque, celle de la plus belle audience sans déranger les potentats locaux des coupes et autres trophées nationaux,  défient le plus élémentaire bon sens ?

Tous devant nos postes de télévision et pourvu qu’il n’y ait pas une demande de don pour des populations affamées ou déplacées pendant la mi-temps !

Henri Jean Tolone

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