Internet en Afrique centrale: entre contraste et développement

Internet se démocratise en Afrique, oui mais…

De retour du Cameroun pour de multiples rencontres avec des acteurs du secteur je suis stupéfait des contrastes qu’offre le continent et surtout le Cameroun en matière d’infrastructures et de connectivité.

Dans les capitales c’est à peut près correct, certains cybers ou hôtels proposent une connexion de qualité. Pour la population locale des abonnements sont disponibles soit par mobile soit par accès fibre ou satellite mais ces accès sont chers et la qualité peut être aléatoire.

 

Internet hors des capitales en Afrique centrale

Internet qui fonctionne
Internet OUI, mais “qui fonctionne”, se sont les opérateurs qui le disent ! – Thierry Barbaut

Le niveau d’accès a internet au Cameroun par exemple hors de la capitale Yaoundé et de la capitale économique Douala est équivalent en terme d’échelle de 10 à.. 1
C’est simple Internet hors des deux principales villes est quasiment inexistant.

Que ce soit à Ebolowa, Mbalmayo, Kribi, Garoua, Baffousam ou Kribi, vous ne disposerez que d’une connexion aléatoire mais fonctionnelle, elle vous permettra de lire des emails en Webmail, de surfer (lentement) sur Facebook mais en aucun cas d’utiliser du streaming du Cloud ou de monter des dossier online.

Les infrastructures mises en causes en Afrique

Ce sont systématiquement les infrastructures qui sont mises en causes sur les piètres qualités de débit en Afrique centrale. Les travaux sur les routes coupent régulièrement (journalièrement) les accès internet.  Les accès fibre optique ne sont en place que dans peut de villes et ce sont uniquement les administrations qui en bénéficient.
Les conditions climatiques rendent aussi les coupures régulières comme dans la partie ouest ou les pluies diluviennes coupent routes et câbles… Mais ces soucis sont connus et non pris en compte d’une année sur l’autre et la population comme les professionnels s’impatientent…

Ne pas être connecté en 2014 ?

Comment s’ouvrir au monde sans connexion ? Des milliards d’emails sont échangés chaque jours dans le monde, et ceux qui ne reçoivent pas ou ne répondent pas n’on pas la réactivité nécessaire afin d’être compétitifs et dynamiques. C’est un frein colossal pour un pays sa population mais aussi les entreprises les administrations qui peines à échanger et a mutualiser les données et les compétences de chacun. Il m’est arrivé de constater par exemple qu’une personne doivent prendre une matinée pour aller en bus dans la capitale afin de recevoir ses emails et ainsi y répondre…
Comment avoir Internet quand on ne dispose même pas de l’électricité !

Il faut se rendre dans les hôtels de Douala pour se connecter... Thierry Barbaut
Il faut se rendre dans les hôtels de Douala pour se connecter… Thierry Barbaut

Un fossé entre des pays si proches

Alors comment expliquer qu’au Rwanda internet fonctionne parfaitement dans toutes les villes, que le Wifi soit souvent gratuit et de qualité, que l’administration permettent de se connecter pour un visa, une formalité ou une demande de création d’entreprise, voir notre dossier sur le RDB Rwanda Developpment Board) et que chez son voisin le Burundi, pays similaire en tout point rien ne fonctionne ?

Un espoir pour certaines régions ?

Il semble que les grands des télécoms se penchent sur la question: Orange, MTN, Airtel mais aussi Google, Facebook avec Internet.org en Guinée, bref de nombreuses initiatives avancent mais rien aujourd’hui ne permet vraiment d’utiliser internet de façon simple avec un cout maitrisé alliant débit et régularité.
Imaginons tout de même le potentiel de développement que serait les 5 00 millions d’utilisateurs potentiels en Afrique et l’économie qui en découle. Un pouvoir colossal pour l’Afrique et sa population.
Notons également que d’excellentes initiatives émergent comme celle de Afrique Télécom, solution sur laquelle je reviendrais dans un prochain article.

Thierry Barbaut

Thierry Barbaut

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